Le sentiment antifrançais en Afrique. (Suite,mais non fin)

Le sentiment « antifrançais » existe-t-il réellement en Afrique notamment francophone ?

           Dans un récent voyage en Afrique de l’ouest, monsieur le Président Macron a cru y déceler un agaçant sentiment antifrançais. Après bien d’autres, nous reposons la question suivante, question en apparence incongrue. Existe-t-il vraiment un sentiment    « antifrançais » en Afrique notamment francophone, ou s’agit-il d’un abus de langage dont sont coutumiers le Capital et ses auxiliaires aux abois ?...

           Chacun se souvient que l’Assemblée nationale a mis un signe d’égalité entre antisionisme et antijudéité, comme d’aucuns au parlement de l’Union européenne n’ont pas hésité à le mettre entre communisme et nazisme en faisant passer par pertes et profits et Stalingrad, et la photo du soldat soviétique plantant le Drapeau rouge sur le Reichstag. Parce qu’elle contrôle toute l’économie, presque toute les presses écrite, parlée et télévisuelle, mais aussi le gotha du monde culturel bien en Cour, l’élite bourgeoise française se croit le peuple français alors qu’elle n’est qu'un ensemble de bourgeois français, ce qui n’est pas la même chose. Afin de savoir qui est hostile à qui, prière de voir ou revoir le point de vue de Franklin Nyamsi wa Kamerun sur YouTube.         ( https ://youtube.com/Y2TZ4ZR-fqw)

           Sachant que l’Histoire n’avance pas à coups de ciseaux du coiffeur mais à coups de serpe, monsieur Macron Président de la République française présente le conflit d’intérêts entre le Capital financier français et les populations africaines comme un conflit entre les Français et les Africains ce qui lui permet d’avancer masqué derrière le peuple français utilisé comme bouclier ; moyen pense-t-il imparable pour se défausser devant la vraie réponse à la question irrécusable de savoir pourquoi élite comprise, la plus grande partie des populations d’Afrique francophone très francophile dans les années soixante semble à présent avoir mué voire muté dans la franco-indifférence au mieux, et au pis verser de plus en plus dans la franco-hostilité. Répondre franchement à cette question, bien que seul capable d’empêcher la chute irrécupérable des Africains dans la franco-hostilité, serait suicide collectif pour monsieur Macron et toutes celles, tous ceux pour qui il est en mission : d’où ce subterfuge du sentiment   « anti-français ».

          À force de n’entendre que le fracas des arbres qui tombent sans faire cas des plants qui poussent, tout comme pour les dirigeants du Parti Communiste Français d’alors à propos de l’URSS, le réveil pour la bourgeoisie française sera des plus douloureux en Afrique d’ici quelques années : les dinosaures ne sont pas éternels, les assassins meurent aussi.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.