PRO-RUSSE , QU’EST-CE-À-DIRE?...

Il y a de cela très très longtemps, quelqu'un a dit : "La corruption de la cité commence par la corruption des mots" ; et pour cause? " Des Chinois anti-chinois manifestent depuis plusieurs semaines contre le gouvernement chinois pro-chinois de Hong Kong";phrase d'une limpidité eau de roche n'est-ce pas? Non vraiment?...

 

Depuis le début des difficultés du gouvernement central ukrainien post-Maïdan -- qui soit dit en passant prépare une loi prévoyant de rétablir «la bonne et vraie vérité», loi  qui poursuivrait pénalement tout journaliste diffusant des «informations dangereuses» mais non fausses (voir Russie politics du 18/11/2019)-- avec le Donbass, nombre de journalistes de MDP par Reuters interposé ou non, nous parlent de Pro-russes au Donbass. Qu’est-ce à-dire si l’on sait d’une part que cette partie du territoire ukrainien est peuplée en majorité de Russes ethniques, et de l’autre que l’une des causes essentielles de la révolte au Donbass mais non la seule, fut la rélégation de la langue russe au rang de patois indigne de figurer dans les textes officiels? Si en France ( voir RT France du 22/11/2019) l’Académie se contente de se lamenter de la molestation de la langue française, molestation atteignant des sommets  insupportables sous le macronisme, il y a encore de par le monde des gens prêts à mourir pour le salut de leur langue maternelle. Ce fut encore le cas en France il n’y a pas si longtemps: relisez «La dernière classe» d’Alphonse Daudet; dans les années 1975 je suivais un stage au laboratoire de zoologie-vers du Professeur Chabot au Jardin des plantes, et avais pour tutrice madame Durette-Desset chercheuse au CNRS, femme fort aimable  et  toujours souriante  mais un matin, je la trouvai de mauvaise humeur d'où  le dialogue que nous eûmes:

"- Vous faites une bien drôle de tête madame  Desset, lui fis-je  remarquer.

-Figures-toi que mon correspondant états-unien m'a écrit  une lettre où il me  reproche de ne lui  envoyer que des tirés-à-part en français, ce qui lui complique la vie; aussi me demande-t-il de les lui adresser en anglais. Je  lui ai répondu que ses tirés-à-part que je reçois sont en anglais, et que je  me  débouille de  les  traduire ou les faire traduire; il  n'a  qu'à  faire comme moi!"

Ceci c'était le temps d''avant, le temps où comme Louis Pasteur, un  chercheur pouvait dire:"  Si la  science n'a  pas de patrie, le scientifique en a une ";mais ça,c'était le  temps d’avant la macronisation de France culture, où  j’ai entendis une dame raconter comment ses parents et grands-parents alsaciens s’efforçaient de lui faire lire en cachette des livres en français afin qu’elle ne perdît ni l’usage, ni la science  de cette langue; c’était le temps d’avant, d’avant le macronisme qui oubliant que le Président de la République française a entre autres charges, celle de défendre la langue française, préfère parler anglais aux Allemands en espérant ainsi que ruisellera sur lui la puissance états-unienne.

Pourquoi MDP qui a fait de la lutte anticorruption son cheval de bataillle si ce n’est sa marque de fabrique ce qui lui attire de nombreux lecteurs, se vautre-t-il dans cette corruption des mots, prodrome de celle de la cité?

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