Evo, le président des cendres

Troisième billet de suite consacré aux incendies de forêt en Bolivie où il est montré qu’ils ont été tardivement et faiblement combattus par un gouvernement qui entend favoriser l’implantation d’éleveurs, d’agro-industriels et de planteurs de coca sur les cendres des brûlis.

 

Le 23 septembre dernier, au sommet spécial des Nations Unies consacré à la protection de l’Amazonie et des forêts tropicales, Evo Morales a prétendu que la Bolivie était en passe de gagner la bataille contre les incendies qui consument les forêts du pays en raison de « la réponse rapide et effective » de l’État et grâce à son « infrastructure, ses équipements et ses ressources économiques et humaines[1] ».  Et il a soutenu que les feux avaient échappé au contrôle à cause de la sécheresse engendrée par le changement climatique et qu’ils étaient la conséquence du système capitaliste « qui, en cherchant le profit sans limites accroit le divorce entre l’homme et la nature …et convertit en marchandises l’eau, la terre, l’environnement, les cultures ancestrales, la biodiversité, la justice et l’éthique ».

En réalité, la réponse du gouvernement aux incendies n’a été ni rapide, ni efficace. Alors que ceux-ci ont commencé à prendre un tour inquiétant en juillet, et que les signaux d’alerte et les demandes de secours des populations locales et des autorités du département de Santa Cruz se multipliaient, il a fallu attendre 50 jours pour que le chef de l’État condescende à se rendre sur place pour constater l’étendue des dégâts. De plus, sa première réaction a été de considérer que les feux étaient sous contrôle et que le pays était « préparé » à les combattre.

Et il est passé encore 48 heures pour qu’il demande enfin! à l’armée de mettre en place un plan d’intervention et loue les services d’un avion bombardier d’eau.  À ce moment-là  2,1 millions d’hectares avaient déjà brûlé, dont 1,4 million dans le département de Santa Cruz.  Et un mois plus tard, quand Evo Morales délivrait son message analgésique à New York on en était à 4,1 millions d’hectares dont 3.077.332 à Santa Cruz[2]. Autrement dit, les surfaces incendiées avaient doublé. Belle efficacité, en effet !

En revanche, il a entièrement raison sur les deux points suivants.  La sécheresse (plusieurs mois sans pluie) et les vents ont incontestablement contribué à la diffusion rapide et déchaînée des foyers dans la forêt sèche  (bosque seco) de la Chiquitania  qui couvre la partie orientale du département de Santa Cruz.

Et la voracité des capitalistes prêts à détruire la forêt et à dévaster la nature, pour multiplier leurs gains est on ne peut plus réelle. Mais il oublie de dire que son gouvernement a pris un ensemble de mesures qui, non seulement s’inscrivent dans la plus pure logique capitaliste mais visent à assurer la permanence du système capitaliste et sa prospérité dans le pays. Elles ont principalement consisté à étendre rapidement et largement les superficies consacrées à l’agriculture et à l’élevage au détriment des massifs forestiers. Si le prétexte affiché de cette politique est la production de nourriture destinée à la population nationale, en réalité tant la répartition des terres gagnées sur la forêt (légalement et illégalement) qu’une série de décisions récentes montre que c’est le secteur capitaliste des éleveurs et des agro industriels exportateurs qui bénéficie le plus de cette politique agricole : les encouragement aux exportations de viande, vers la Chine, la Russie et l’Iran, et l’incitation à la production de biocarburants par l’usage de semences transgéniques en sont les manifestations les plus voyantes[3].

Les colons provenant des hauteurs altiplaniques et des vallées, mais surtout des périphéries urbaines, en sont les seconds bénéficiaires. Une bonne partie des attributions de terres du domaine public forestier de la Chiquitania leur est directement destinée. Beaucoup d’entre eux revendent avec profit leurs parcelles une fois qu’elles ont été déboisées (même si cette pratique est illégale car les terres leur ont été attribuées collectivement) et d’autres se livrent à la production et au commerce de la coca – une coca qui, dans cette zone est entièrement destinée à l’élaboration de cocaïne[4]. Et jusqu’à preuve du contraire le circuit commercial de production et de transformation de la coca en cocaïne est à la fois capitaliste et mafieux.

L’extension probable des cultures de coca dans les terres de la Chiquitania suscite d’ailleurs l’inquiétude de l’Église. « Les terres des cocaleros du Chaparé dédiées à la culture de coca sont en voie d’épuisement, en conséquence ils pensent secrètement, mais réellement, à étendre leurs cultures dans la zone déboisée…par conséquent l’incendie de la Chiquitania ne leur pose pas problème », a déclaré le père jésuite Miguel Manzanera vicaire en charge de la justice dans l’archevêché de Cochabamba. Il a ajouté : « s’ils admettaient que c’est un grave problème et que l’aide internationale est nécessaire pour en venir à bout, on découvrirait ce que je viens de dire et j’ai donc le sentiment qu’ils vont laisser brûler la forêt. Jusqu’à quand ?[5] »

Enfin la forêt est aussi mangée par l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures (des permis ont été accordés aux compagnies transnationales dans les parcs protégés et les réserves naturelles), par les routes et les barrages sur les fleuves amazoniens dont les constructions sont confiées à des entreprises internationales de travaux publics.  Et les grandes mines boliviennes – celles qui rapportent au trésor public – sont aussi exploitées par des entreprises étrangères transnationales.

En réalité, quoiqu’il en dise le gouvernement bolivien est partie prenante et membre actif du système capitaliste extractiviste et déprédateur que son chef de l’État fustige dans ses discours publics. Ses prêches concernant la défense de la Terre Mère ne sont donc que d’écœurantes et cyniques pantalonnades[6].

Les derniers bilans

Selon la Fundación Amigos de la naturaleza (FAN), en date du 25 septembre ce sont 5,3 millions d’ha qui avaient été ravagés par le feu, dont 3.891.659 has (73%), dans le département de Santa Cruz. Vingt-huit aires protégées nationales avaient été affectées (9 nationales et 19 régionales ou locales), dont cinq sites classés RAMSAR (convention internationale relative aux zones humides) notamment le Pantanal bolivien, la lagune Concepción  et le Río Blanco[7].

À cette même date le gouvernorat de Santa Cruz avançait quant à lui le chiffre de 3,7 millions d’hectares dont la proportion effarante de 43% dans les aires protégées[8].

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Tandis qu’en bon soldat qui obéit aux ordres de son chef, le commandant des forces armées prétendait  au même moment que les feux étaient sinon éliminés, du moins maîtrisés dans le département de Santa Cruz[9].  Une information vite démentie par le gouvernorat du département[10]. Si la situation était incontestablement meilleure dans certaines zones – du fait notamment de quelques précipitations pluvieuses – elle demeurait préoccupante dans d’autres, notamment aux abords du parc protégé Noel Kempff Mercado. De plus les incendies gagnaient certaines municipalités jusqu’ici non affectées : San Julián, Santa Rosa, Yapacaní, Ascensión et El Puente.  Or dans plusieurs de ces municipalités, contrôlées par le MAS, réputées pour être des centres du trafic de cocaïne et compter des champs de coca, il y a tout lieu de penser que les feux se propagaient en raison de la poursuite des brûlis (chaqueos), interdits par le gouvernorat de Santa Cruz mais permis, sinon encouragés par Evo Morales. « Il est important de contrôler les brûlis, mais je veux que vous sachiez, si les familles modestes, les petits agriculteurs, ne pratiquent pas le brûlis, de quoi vont-ils vivre ? » clamait-il en août dernier[11]. L’antienne de la nécessité des  bienfaits du chaqueo était depuis lors reprise en écho par ses épigones, dans et hors du gouvernement.

Il est vrai que des moyens de lutte contre les incendies, dont le commandant des Forces armées faisait étalage, ont été déployés. Le gouvernement n-a-t-il pas loué à grands frais le plus grand avion bombardier d’eau de fabrication nord-américaine (Boeing), secondé par le plus grand hélicoptère bombardier d’eau (Chinook), puis tardivement par le plus grand bombardier d’eau de fabrication russe (Iliouchine)…? Et certaines missions étrangères ayant reçu le blanc-seing du gouvernement sont intervenues efficacement (argentine, française, péruvienne…).

La mise en place du dispositif  d’intervention a aussitôt fait l’objet d’une intense propagande. Entre le 22 et le 28 août pas moins de 69 contrats ont été signés avec les chaînes de télévision nationales pour diffuser des spots de propagande relatifs aux moyens et aux actions de lutte contre les incendies de la Chiquitania, pour une somme de  2.767.962 bolivianos (402 000 dollars)[12]. Cet argent qui aurait pu être employé pour combattre les feux a donc été utilisé pour servir la campagne électorale d’Evo Morales et des siens en vue des élections nationales du 20 octobre prochain.

Mais il reste que pour l’essentiel, et depuis le début de la propagation des feux, ce sont quelques brigades de pompiers forestiers et des volontaires venus de toute la Bolivie (agriculteurs, ouvriers du bâtiment, employés, étudiants …)[13] qui, avec des équipements de fortune et sans moyens appropriés, ont unis leurs forces pour freiner la catastrophe. Six d’entre eux sont morts asphyxiés. Et quand, après le 25 août, l’ordre a été donné de mobiliser l’armée, les soldats sont venus seconder ces volontaires. 

Globalement les moyens mis en œuvre ont été insuffisants pour éteindre des incendies de cette amplitude. « Si nous observons comment on lutte contre des incendies de cette ampleur dans des pays comme le Canada, la Russie, les États-Unis ou l’Australie on s’aperçoit rapidement qu’ici on ne fait pas ce qu’il faut pour freiner la destruction », observe Pablo Villegas, responsable du Centro de Documentación e Información Bolivia (CEDIB. Et il précise ensuite qu’en mai dernier le Canada a mobilisé 200 hélicoptères pour éteindre l’incendie de forêt de l’Alberta[14].

De plus la coordination a beaucoup laissé à désirer comme l’a déclaré une équipe de secours espagnole[15], et certains groupes de volontaires ont déserté la zone après avoir constaté que les feux étaient rallumés après leur passage.

Cependant le gouvernement s’est bien gardé de déclarer la Chiquitania zone de désastre national en dépit des demandes pressantes des autorités régionales et de nombreuses organisations locales, environnementales, de droits de l’homme, indigènes, de l’Église et des candidats de l’opposition aux élections d’octobre

Selon la loi de gestion des risques de 2014, l’État émet une déclaration de désastre national quand il doit affronter un désastre d’une importance telle qu’il ne peut pas y faire face techniquement et économiquement[16]. Cette mesure permet que l’aide internationale arrive directement dans la zone concernée. Tant que cette déclaration n’est pas émise le gouvernement contrôle l’aide et l’utilise à son gré.  

Selon le ministre de la Présidence, cette déclaration n’était pas nécessaire car « sur les 16 municipalités de la Chiquitania à peine la moitié sont touchées » ; une information démentie par tous les observateurs. Le ministre de l’Environnement et de l’eau prétendait quant à lui qu’il y a peu de victimes et que l’État n’est pas débordé[17].

Biodiversité et peuples indigènes

Si les rapports relatifs à la catastrophique destruction du patrimoine exceptionnel  que sont les forêts sèches de la Chiquitania et du Chaco et des espèces animales qu’elles abritent sont nombreux et détaillés[18], peu d’articles sont consacrés au sort des populations qui sont depuis longtemps établies dans cet environnement dont l’existence est menacée aussi bien par la colonisation accélérée que par la déforestation et les incendies.  Les plus affectées sont les Chiquitanos, Ayoreos, Guarayos, Cayubaba, Baures, Siriono et Araona. Le sort des  petits groupes d’Ayoreos du parc Nembi Guasu[19] qui vivent en isolement volontaire dans cette  aire protégée située près de la frontière du Paraguay, créée en mai dernier sur un territoire d’un million d’hectares de bois jusqu’ici bien conservés (dont 300 000 ha sont partis en fumée), paraît le plus dramatique[20].

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Le 16 septembre les populations originaires de la Chiquitania regroupées dans l’Organización Indígena Chiquitana (OICH) ont entrepris une marche protestataire (la dixième) depuis San Ignacio de Velasco jusqu’à Santa Cruz pour obtenir l’abrogation des mesures qui autorisent les déboisements et les brûlis (chaqueos et desmontes), et exiger du gouvernement qu’il émette une déclaration de désastre national.

Et la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien (COICA) a déclaré persona non grata les présidents Evo Morales et Jair Bolsonaro pour leur permissivité et leur responsabilité dans la catastrophe environnementale en Amazonie et leur incapacité à protéger la faune, la flore et les hommes de la région.  Elle a souligné en outre leur mépris à l’égard des peuples indigènes et leur soutien aux groupes économiques qui prétendent couvrir l’Amazonie de fermes géantes agro-industrielles ou d’élevage, dresser des barrages hydroélectriques pharaoniques, et souiller la terre avec des centres miniers et des puits d’extraction d’hydrocarbures[21].

Conclusion

Comme le dit l’expert crucénien Fernando Prado : « Hélas, les intérêts politiques du gouvernement de Morales, ceux des communautés andines en manque de terres, des trafiquants de terres (qui ne manquent jamais) et des seigneurs de l’agro-négoce, soucieux d’accroître la frontière agricole, se sont agrégés pour aboutir à l’occupation de la Chiquitania et vassaliser les indigènes orientaux, en utilisant le feu, un instrument séculaire associé à l’assaut et au saccage, comme au Moyen âge et aux temps de la colonie[22]. »

À première vue, en favorisant et en hâtant la colonisation de l’Amazonie le gouvernement cherche fébrilement des ressources fiscales et des devises pour combler le vide suscité par la chute du prix des hydrocarbures et des métaux depuis l’année 2014. Plus de soja et de tourteaux pour nourrir le bétail, et plus  de viande exportée – notamment vers l’immense marché chinois – aideraient grandement à rééquilibrer les déficits fiscal et commercial et à engranger des devises dans une période où le pays souffre de la chute des cours du gaz sur le marché international[23]. Tandis que l’énergie produite par les barrages géants pour alimenter le réseau électrique du colosse brésilien assurerait une rente à moyen et à long terme qui viendrait s’ajouter aux recettes procurées par les traditionnelles exportations de gaz et de produits miniers. Quant à la production de biocarburants, elle réduirait les importations d’essence et de diesel et permettraient donc de faire des économies.

Mais si cette perspective économique est bien présente, il ne faut pas perdre de vue que l’objectif d’Evo Morales est avant tout de conserver le pouvoir et que c’est même son obsession journalière. En attribuant des terres aux colons en zone forestière dans le département de Santa Cruz et en y laissant courir le feu, il fait d’une pierre deux coups. Il satisfait sa clientèle d’alliés inconditionnels, le noyau dur des paysans, regroupés dans la Confederación Sindical Única de Trabajadores Campesinos de Bolivia  (CSUTCB), la Confederación Sindical de Comunidades Interculturales Originarios de Bolivia (CSCIOB), une organisation de colons, et les cocaleros. Selon Alcides Vadillo, coordinateur de la Fondation Tierra Oriente 1400 communautés ont été installées en trois ans dans la Chiquitania « si l’on compte une moyenne de 35 personnes par communautés cela fait environ 50 000 bénéficiaires et si chacun de ceux-ci a reçu 50 hectares, ils occupent légalement 2,5 millions d’hectares. Si chacun de ces bénéficiaires est marié et a deux enfants ce sont 200 000 nouveaux habitants qui habitent dans la zone incendiée »  Une colonisation qui aboutit mécaniquement à l’augmentation des inscrits sur les listes électorales (130% en 14 ans)[24].

Et de plus, il fracture le bloc des électeurs de Santa Cruz, qui lui est majoritairement hostile (le gouvernorat est aux mains de l’opposition) en exauçant les vœux de tous ceux qui convoitent l’accès à de nouveaux espaces agricoles pour leur business agroindustriel, ou extracteur.

Son objectif est de conquérir définitivement ce puissant pôle économique (Santa Cruz contribue pour un tiers au produit intérieur brut national) oriental comme il a inféodé le département du Pando en 2008 en emprisonnant son gouverneur, et en plaçant le département sous la tutelle de l’armée, puis celui du Beni en manipulant l’élection de 2015 de telle sorte que le principal parti opposant soit invalidé par le tribunal électoral ; deux départements amazoniens où il a aussi consolidé son emprise par l’envoi de colons.

Dernières nouvelles

Les incendies ont ravagé près de quatre millions d’hectares dans18 municipalités du département de Santa Cruz, dont 45% dans les aires protégées.

La pluie qui est tombée le 1 octobre a contribué à stopper quelques-uns des feux et celle qui est tombée le 5 les aurait tous éteints[25].

La dixième marche des peuples indigènes pour la terre et le territoire continue.  Le 7 octobre elle avait parcouru 204 kilomètres. Il en restait 272 pour arriver à la ville de Santa Cruz qui devrait être atteinte en une semaine environ.

Le gouvernement s’est engagé à réparer les dégâts causés par les incendies. Le commandant en chef des forces armées, Williams Kaliman Romero, vient d’annoncer pompeusement que le Plan Paradis (Plan Paraiso) (sic) est en cours d’élaboration[26].

Et s’il fallait une preuve de plus des visées écocides d’Evo Morales, on peut la trouver dans sa déclaration du 6 octobre dernier alors qu’il inaugurait un pont traversant le fleuve Madre de Dios dans le département septentrional du Pando, largement couvert par la forêt tropicale humide : « Le département du Pando va être un département d’agriculture et d’élevage…je recommande aux éleveurs petits moyens et grands…de se préparer à exporter de la viande directement vers la Chine…[27] »

 

 

[1]Le titre de ce billet est emprunté à Marco Antonio Gandarillas Gonzales, directeur du Centre d’information et de  documentation Bolivie (CEDIB), en tête d’une note publiée sur son compte Facebook le 30 septembre 2019.

  La citation d’Evo Morales est extraite de :  https://www.eldeber.com.bo/bolivia/Evo-Estamos-ganando-la-batalla-al-fuego-nuestra-respuesta-ha-sido-rapida-20190923-6402.html

 «Estamos reduciendo los mismos y estamos ganando la batalla al fuego, nuestra respuesta ha sido rápida y efectiva, gracias a la infraestructura, equipamiento y los recursos económicos y humanos con los que contamos como Estado. »

[2] https://www.eldeber.com.bo/bolivia/FAN-Incendios-ya-consumieron-41-millones-de-hectareas-en-Bolivia-20190918-9608.html

[3] Sur ce sujet voir mon précédent billet où je détaille les mesures prises et leurs conséquences.

[4] Une équipe de pompiers volontaires colombiens venue en renfort est tombée fortuitement sur un laboratoire d’élaboration de cocaïne https://www.eldeber.com.bo/santacruz/Bomberos-de-Espana-cuestionan-el-actuar-de-Bolivia-ante-a-incendios-20190919-

[5] https://www.paginasiete.bo ;  http://eju.tv/2019/10/iglesia-advierte-que-bosques-arrasados-pueden-convertirse-en-cocales/

[6] « Hoy el pirómano se disfrazó de bombero en Nueva York. Mientras en Bolivia muchas zonas arden y otras están en cenizas, el mitómano sigue engañando a la Organización de Naciones Unidas (@UN) y al presidente de Francia, Emmanuel Macron. Su cinismo es mayor a la destrucción », a écrit l’ancien président Jorge Tuto Quiroga . https://www.eldiario.net/movil/?n=17&a=2019&m=09&d=24   Et pour son concurrent à la course à la présidence Carlos Mesa, à la tête de Comunidad Ciudadana (CC) “Las mentiras de Evo Morales en el Foro de la Amazonía son una ofensa inadmisible a la más grave tragedia que hoy hiere a la Chiquitanía. Es demasiado cinismo decir que actuó a tiempo, cuando el bosque sigue ardiendo. » https://www.lostiempos.com/actualidad/pais/20190924/observan-6-contradicciones-discurso-evo-foro-onu

[7] Il y a onze sites classés RAMSAR en Bolivie : https://boliviaturistica.org/informacion-de-bolivia/sitios-ramsar/

[8] https://www.paginasiete.bo/sociedad/2019/9/28/gobernacion-reporta-37-millones-de-hectareas-afectadas-por-los-incendios-en-santa-cruz-232449.html

[9] http://www.eldeber.com.bo/bolivia/Kaliman-dice-que-focos-de-calor-en-la-Chiquitania-estan-controlados-20190925-0034.html

[10]https://www.paginasiete.bo/nacional/2019/9/26/44-incendios-persisten-en-la-chiquitania-232218.html

 https://www.noticiasfides.com/economia/gobernacion-afirma-que-continuan-44-incendios-forestales-en-13-municipios-de-santa-cruz-401102

[11] https://www.lostiempos.com/actualidad/pais/20190819/morales-dice-que-si-pequenas-familias-no-chaquean-no-tienen-comer

[12] https://www.eldiario.net/noticias/2019/2019_09/nt190916/politica.php?n=78&-gobierno-gasto-bs-2-7-millones-en-spots-por-incendio-en-chiquitania&fbclid=IwAR1h19ugPsffqyiIEKDcEefky6RXQnd1lV8DuIJkeGnj32OIC0GTzPt7WmY

[13] http://www.rfi.fr/ameriques/20190917-bolivie-mobilisee-incendies-probleme-logistique-aide-internationale https://wwf.be/fr/actualites/des-vents-secs-attisent-les-incendies-dans-la-region-amazonienne/ https://fondation-terresolidaire.org/en-bolivie-des-zones-de-conservation-menacees-de-disparaitre/  https://www.paginasiete.bo/gente/2019/9/19/voluntaria-en-la-chiquitania-la-carencia-de-maquinaria-equipo-es-general-231357.html?fbclid=IwAR3NUdfbqcK1ucJfpYlkWoNTZLOF4D-ofaAJKiffwdMRKQnc0R_SkqM8MZo

[14] http://infoposta.com.ar/notas/10565/bolivia-sigue-el-desmonte-y-la-quema-y-se-vienen-las-elecciones/

[15] https://www.eldeber.com.bo/santacruz/Bomberos-de-Espana-cuestionan-el-actuar-de-Bolivia-ante-a-incendios-20190919-9273.html?fbclid=IwAR0wQTdcQuCN9pGhxtX9J83cyiINDTn54G3e0tFlJxDLDCwkIvDrqSEHOGo

[16] Loi de gestion des risques (602) du 18 novembre 2014  Desastre Nacional : « La Presidenta o el Presidente del Estado Plurinacional mediante Decreto Supremo, previa recomendación del CONARADE, declarará desastre nacional cuando la magnitud e impacto del evento haya causado daños de manera que el Estado en su conjunto no pueda atender con su propia capacidad económica y/o técnica; situación en la que se requerirá asistencia externa. »

[17] https://www.lostiempos.com/actualidad/pais/20190827/evo-se-burla-marchas-ciudadanas-ejecutivo-descarta-declarar-desastre

[18] https://fr.euronews.com/2019/09/26/la-foret-de-bolivie-videe-de-sa-faune-2-3-millions-d-animaux-calcines?fbclid=IwAR0qD3WuF6cMoBP5NUm8vhmGEnx7lxr-8QHMrwsyRZZdis822-UknnT7Skw ; https://es.mongabay.com/2019/08/incendios-quemas-bolivia-chiquitania/ ; https://ecuadortoday.media/2019/09/13/incendios-en-bolivia-bosques-nunca-se-van-a-recuperar/; https://erbol.com.bo/nacional/experto-de-robor%C3%A9-%E2%80%9Cha-muerto-el-80-de-toda-la-fauna%E2%80%9D-es-un-desastre-

[19] http://cocomagnanville.over-blog.com/2019/05/nembi-guasu-la-nouvelle-aire-de-conservation-du-chaco-de-bolivie.html

[20] http://infoposta.com.ar/notas/10565/bolivia-sigue-el-desmonte-y-la-quema-y-se-vienen-las-elecciones/

[21] Publié lel 23/08/2019. https://www.lostiempos.com/actualidad/pais/20190823/coica-declara-no-gratos-evo-bolsonaro-responsabiliza-genocidio-ambiental

[22] http://www.eldeber.com.bo/opinion/El-modelo-cruceno-en-discusion-20190928-9115.html

[23] https://www.lostiempos.com/actualidad/opinion/20190925/columna/no-secreto-del-modelo-fueron-rentas-hoy-deuda

[24] https://www.paginasiete.bo/inversion/2019/9/29/en-la-chiquitania-aumento-el-padron-1400-colonizadores-recibieron-tierras-saneadas-232464.html;  Voir aussi la chronique : La angustia colectiva cruceña, de Paula Peña Hasbún http://eju.tv/2019/09/la-angustia-colectiva-crucena/

[25] http://www.eldeber.com.bo/santacruz/Tres-municipios-afectados-por-el-fuego-aun-esperan-las-lluvias-pronosticadas-20191002-9579.html

http://eju.tv/2019/10/las-lluvias-logran-sofocar-los-ultimos-incendios-en-la-chiquitania/

[26] https://www.opinion.com.bo/articulo/pais/kaliman-anuncia-plan-paraiso-reforestar-chiquitania/20191002153503729390.html

[27] https://fmbolivia.com.bo/evo-quiere-convertir-a-pando-en-un-departamento-agropecuario/?fbclid=IwAR0gyLqjjZ49xA5XcPXdTDV3QEtRaIMPjYUHfaeNjmf39AknVtfvJUVXrIY  “El departamento de Pando va (a) ser un departamento agropecuario. Si bien ahora nos informan (que) están llevando vaquillas para engorde en Santa Cruz, también mi recomendación a los ganaderos pequeños, medianos y grandes, en Pando (se) debería tener gran frigorífico, prepararnos aquí (Pando), también exportar carne directamente a China y no pasar por Santa Cruz… »

 

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