Le mensonge d’état ou l’allégorie de la caverne : Macron ou Platon ?

La première victime d'une guerre, c'est la vérité, écrivait Rudyard Kipling. Il est commun de dire que l’on gagne des guerres par le traitement de l’information, dès lors celle-ci peut-elle être neutre ? Ou bien l’outil d’une stratégie ?

La première victime d'une guerre, c'est la vérité, écrivait Rudyard Kipling.

Ce n’est probablement pas un hasard, si Rudyard Kipling, militaire de carrière, est l’auteur du livre de la jungle, il existe peu de fables aussi politiques que cette histoire d’un enfant perdu dans la sauvagerie d’un monde qu’il ne comprend pas. Et si au contraire, la vérité était génératrice de guerres, si elle n’était en réalité qu’une arme ?

Emmanuel Macron a décrété l’état d’urgence sanitaire…dans l’urgence d’un état vacillant à l’aube d’un changement sociétal qu’il était chargé de conduire à son terme.

Quand, les yeux dans la France, il déclare l’état de guerre sanitaire, parle-t-il de guerre ou de vérité ? S’agit-il de Vérité ou d’une perception de la réalité qu’il tente de nous faire partager ?

Il est commun de dire que l’on gagne des guerres par le traitement de l’information, dès lors celle-ci peut-elle être neutre ? Ou bien l’outil d’une stratégie ?

Macron ou Platon ? Macron ou Platon ?

Dans la Grèce de Platon et de Socrate, la maïeutique, technique de débat destinée à faire s’exprimer une opinion inconsciente, était utilisée sur la place publique par les philosophes, pour convaincre le peuple. La méthode consistait à abattre la barrière des convictions par la suggestion suscitée par des questionnements ironiques ou inquiétants. Il s'agit d'une technique ancestrale actualisée par la psychologie moderne et tellement similaire aux techniques des spécialistes de la communication.

Dans l’allégorie de la caverne, Platon dresse une vision contemporaine et cruellement actuelle de notre société.

Une foule confinée dans une caverne assiste à une représentation de théâtre chinois, sur un écran pariétal. Des ombres sans visages gesticulent et vocifèrent.  La foule est entravée dans l’incapacité de se lever et de circuler. La tête des confinés est immobilisée, rivée sur l’écran mural, les spectateurs sont contraints d’observer les scènes qui se déroulent devant leurs yeux. Fascinés par le spectacle, ils ne peuvent ni ne veulent communiquer entre eux. Ils ne peuvent apercevoir, derrière eux, ceux qui manipulent la projection des marionnettes ni ne sont autorisés à discuter le scénario de la pièce.

Le reste du mythe platonique est connu, un philosophe par l’introspection parvient à se libérer de ses chaînes et sort de la caverne pour contempler la beauté érotique de la vérité. Comme dans la chanson, celui qui dit la vérité sera exécuté à l’aune du sociétalement correct.

 

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Le bilan national du Covid 19 vient soudainement de bondir. Alors que la marionnette Jérôme Salomon, imperturbable d’aplomb, annonçait depuis trois semaines les taux de létalité uniquement survenus dans les hôpitaux. Depuis le 3 avril, avec la connaissance de la date de livraison prochaine depuis la Chine, d’équipements respiratoires, on tient désormais compte des décès dans les maisons de retraite.

La vérité d’hier n’étant plus celle de l’instant, les masques respiratoires et les tests de dépistages sont fortement conseillés avant de devenir obligatoires bien que désormais inutiles pour avoir trop tardé.

Il va falloir payer la note des errances gouvernementales, à commencer par régler la facture des traitements homologués par l’association des laboratoires amis, forcément plus coûteux que le cocktail Hydrochloroquine-azithromycine d'un  obscur provincial. Un arsenal de mesures d'imposition est delà à l’étude. Les montants de la taxe aux contrevenants au confinement sont régulièrement réévalués à la hausse, le prix des masques respiratoires jetables est en pleine ascension boursière à 49 euros le paquet, etc.

En prévision de la reprise économique, un monsieur déconfinement vient d’être nommé alors que le pic de la pandémie est prévu pour le 10 avril.  Jean Castex est défini par le Premier ministre comme étant un homme d’une redoutable efficacité au point que l’on peut s’interroger sur la raison pour laquelle on n’a pas fait appel à lui durant la bataille.

Partout dans le monde, le déconfinement est programmé, les exécutifs préparent une version adaptée de leur vérité voire du mensonge officiel.

Aux États-Unis, le coronavirus vient d’Iran, en Iran ce sont les sanctions américaines qui sont le facteur de la propagation de la pandémie, en Chine les chauves-souris ont déféqué sur les pangolins, en Italie les migrants en sont la cause, en Russie le COVID 19 est une version de la grippe saisonnière, le Japon peu affecté a connu pire, en Corée du Sud la crise c'est déjà du passé…

Que restera-t-il des 150000 décès du Covid19 à l'échelle planétaire dans quelques années ? Sans doute rien, se souvient-on du drame de la catastrophe climatique en 1878 qui a rayé de l'arbre de vie plus de  30 millions de personnes ?

Rien, sinon le report des Jeux olympiques, un baccalauréat 2020 au rabais, un gel du classement de la ligue 1, des décrets détricotant les lois du travail et une cote de popularité extravagante pour gouvernement encore moribond deux mois auparavant.

 

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