COVID 19 : Questionnement sur le comportement citoyen…ou pas.

Emmanuel Macron vient de décréter, sans prononcer le mot de confinement, des mesures de restriction de la circulation des personnes sur l’ensemble du territoire national. Ce n’est pas seulement une partie de la population que frappe une pandémie, mais bel et bien une certaine vision de notre société.

Questionnement sur le comportement citoyen…ou pas.

Emmanuel Macron vient de décréter, sans prononcer le mot de confinement, des mesures de restriction de la circulation des personnes sur l’ensemble du territoire national.

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Ce n’est pas seulement une partie de la population que frappe une pandémie, mais bel et bien une certaine vision de notre société.

 Je ne suis pas médecin et je ne me risquerai pas à argumenter à l’encontre d’experts qui nous ont raconté par le détail qu’il ne fallait pas s’inquiéter d’une vague épidémie en Chine pour ensuite se faire les chantres du confinement total.

Tout le monde peut changer d’avis, c’est même un signe d’intelligence… et de génie politique, paraît-il.

Je ne suis pas médecin, disais-je ; je suis expert en management, écrivain, et accessoirement un spécialiste en confinement carcéral, mon premier domaine d’expertise me pousse à quelques questionnements.

En effet, structurer et mobiliser une équipe dans l’optique d’une amélioration des performances d’une organisation ou d’un projet c’est travailler avant tout sur le facteur humain.

On obtient le meilleur des capacités d’un individu, l’optimisation de ses performances et sa complète loyauté que si l’on parvient à lui insuffler un sentiment de confiance en sa hiérarchie. On ne dirige pas efficacement sur la durée un groupe par la crainte ou par la récompense, on l’inspire par le respect et la confiance.

Ce sont là deux vertus qu’un dirigeant doit cultiver pour réussir

Revenons à mes questionnements donc.

Pour l’hiver 2018-2019, en France la grippe saisonnière a été d’intensité modérée en médecine ambulatoire, elle a engendré un nombre élevé d’hospitalisations après visite aux urgences pour syndrome grippal (plus de 10 700 personnes) et de cas graves admis en réanimation (plus de 1 890 personnes). Compte tenu de sa courte durée, l’épidémie de grippe 2018-2019 a été marquée par une mortalité importante, avec 8 100 décès qui lui sont attribués. Santé Publique France dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Ce sont là les chiffres nationaux officiels qui sont en moyenne identiques aux dix années précédentes. À l’échelle planétaire, jusqu'à 650 000 décès seraient associés chaque année aux affections respiratoires dues à la grippe saisonnière, selon de nouvelles estimations publiées par l’Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires de l’action sanitaire mondiale.

Ma question est la suivante :

Les gouvernements précédents et successifs ont-ils été négligents, voire criminels, en ne confinant pas saisonnièrement la population ? Ou bien nos dirigeants actuels, qui sont les mêmes que l’an dernier, exagèrent-ils le danger à des fins politiques ?

À moins bien évidemment, que le virus dont il est question soit d’une autre nature et bien plus dangereux qu’annoncé.

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Ma seconde question porte sur la méthode à géométrie variable du confinement. Le COVID-19 est létal pour les personnes âgées ou malades, pour les autres il s’agit d’un gros rhume.

Plutôt que de confiner 97% de la population, atteinte ou pas d’un virus, dont les conséquences sont désagréables, mais habituelles, pourquoi ne pas confiner uniquement les 3% de personnes susceptibles d’en mourir ?

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Ma troisième question porte sur la nature humaine.

Dans toutes les épreuves que traverse une civilisation des individus se révèlent en trois groupes les héros, les opportunistes et les suiveurs. L’émergence des deux premiers groupes est liée au facteur temps. Plus l’épreuve dure, davantage la peur gagne du terrain, les héros se lèvent pour sauver de façon altruiste les plus affectés, les opportunistes font un pari sur l’avenir et accumulent égoïstement les biens et-bénéfices.  Entre le gros de la population qui fait le dos rond en silence et quelques-uns souhaitent s’attirer les faveurs des opportunistes en usant de la délation.

Quand va-t-on assister au déferlement de délations et de lettres de cachet dénonçant les voisins qui ne respectent pas les règles de confinement ?

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Enfin, une dernière question avant le couvre-feu.

Ces dernières semaines, bien que l’information se répandait discrètement dans les médias, on prononçait du bout des lèvres la probabilité d’une crise financière. Il s’agit pourtant bel et bien d’un krach boursier qui s’est produit en février puis en mars 2020 sur fond de COVID-19. 

Pour lutter contre les effets de la pandémie, les gouvernements européens annonces des mesures d’urgence…et mobilisent :

25 milliards en Italie, des dizaines de milliards, sans plafond, « quel qu’en soit le coût » en France, 50 milliards de dollars dans le cadre du plan d’urgence aux USA, 37 milliards alloués par les institutions européennes…

La question qui me taraude avec le souvenir du sauvetage des banques en 2008 est la suivante :

Les mesures annoncées par altruisme gouvernemental envers la population ne ressemblent-elles pas à un massif plan de sauvetage des banques et des fonds d’investissement se déguisant sous le masque de lutte contre une pandémie ?

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