COVID19-IRAN-USA : Les conséquences

En rétablissant les sanctions contre l’Iran, avant la crise du coronavirus, Donald Trump a créé les conditions d’un nouvel épicentre de la maladie. C'est bien cette décision prise à l'aune des intérêts nationaux américains qui a conduit les gardiens de la révolution, par idéologie et par calcul, à ignorer la menace et laisser se répandre l’infection.

IRAN-USA : Les conséquences géopolitiques des décisions de politique intérieure.

Jean-Pierre Marongiu-25/03/2020

En rétablissant les sanctions contre l’Iran, avant la crise du coronavirus, Donald Trump a créé les conditions d’un nouvel épicentre de la maladie.  C'est bien cette décision prise à l'aune des intérêts nationaux américains hasardeuse et inutile sur le plan international, qui a conduit les gardiens de la révolution, par idéologie et par calcul, à ignorer la menace et laisser se répandre l’infection. Décision pourtant suivie et entérinée par l’Europe.

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L’achat par la Chine du pétrole brut iranien constitue une bouée de sauvetage pour l’Iran face à l’enclavement des sanctions américaines. De surcroît, la Chine construit en Iran, entre autres projets, un réseau ferroviaire à grande vitesse de 2,7 milliards de dollars et une centrale solaire près de Qom.

Alors qu’en janvier l’épidémie coronavirus était officiellement déclarée en Chine, et que l’on constatait un nombre croissant de décès, les autorités iraniennes ont maintenu les déplacements entre les deux pays. Le gouvernement iranien faisait, fin janvier, l’annonce officielle, mais de façade de suspendre, tous les vols Iran-Chine. Certaines compagnies aériennes iraniennes ont continué à fonctionner normalement sans interdiction. Elles ont même étendu leurs destinations en transférant depuis la Chine des passagers à destination d’autres pays, notamment européens.

Officiellement, de source gouvernementale iranienne, 50 personnes en moyenne contractent le virus presque toutes les heures, et le taux de létalité avoisine une personne toutes les 10 minutes ou six personnes par heure.

Pour les services de renseignement français, il y a toutes les raisons de croire que les chiffres réels sont beaucoup plus élevés.

Selon ces mêmes sources, il existe des éléments plus graves concernant la décision politique de nier la dangerosité, d’abord, puis la propagation, du virus.  L’Iran aurait organisé, en janvier, un séminaire à Qom auquel ont participé plus de 700 invités scientifiques chinois, la plupart originaires de la région de Wuhan. Le président de l’Université des sciences médicales de Mashhad dans un entretien avec l’Agence de presse iranienne a déclaré que la présence au séminaire Qom d’une telle délégation a certainement préparé le terrain pour la diffusion du coronavirus dans tout l’Iran.

La situation politique intérieure du pays en janvier 2020 :

- La prévision des récessions économiques qu’allaient entraîner les nouvelles sanctions américaines, après l’espoir par leur précédente levée.

- L’organisation des élections législatives du 21 février. Le gouvernement craignait déjà un faible taux de participation en raison des bouleversements politiques et de la répression brutale des manifestations nationales contre un État en novembre 2019.

-La chute des prix du carburant consécutifs au crash d’un avion de ligne entraînant le décès de 176 passagers en janvier.

La décision iranienne de laisser se propager l’infection peut paraître irréfléchie et prise en toute incompétence.

Pourtant, si on se réfère aux déclarations des extrémistes religieux, tels que le chiite irakien, Hadi Al-Modarresi, qui considèrent l’épidémie comme étant : « Un acte d’Allah contre les Chinois et les Occidentaux pour leur moquerie et leur manque de respect envers les musulmans et l’islam. Ces pays qui se moquent du niqab des femmes musulmanes et ont forcé les hommes musulmans à manger du porc et à boire du vin. Allah leur a envoyé une maladie et cette maladie a assiégé 2 milliards d’entre eux dans le monde. Le même niqab dont ils se moquaient leur a été imposé, hommes et femmes, par Allah, par le biais des autorités et des fonctionnaires de l’État. »

De quoi la libre circulation du COVID19 en Iran est-elle l’expression ? De l’incompétence, de l’inconscience, de la manipulation politique des peuples ou d’une nouvelle forme de terrorisme ?

Le Coronavirus est-il utilisé par les gardiens de la révolution iranienne comme les migrants le sont par la Turquie d’Erdogan ?

 

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