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Billet de blog 9 janvier 2026

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L’envolée  de « Ressac»

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Illustration 1
les deux créaeurs de "Ressace" © Géraldine Aresteanu

Le Studio, nouvelle scène du nouveau théâtre de Nanterre-Amandiers vient d’être inauguré par Ressac première occurrence de « L’Envolée ». Sous ce terme, le théâtre des Amandiers ouvre cette scène à la jeune génération, non dans une simple accueil mais, le plus souvent, dans des productions in situ avec budget et temps de répétition respectables.

 Ressac » est la première de ces envolées qui se succéderont chaque mois jusqu’à la fin de la saison, le plus souvent des œuvres signées par des anciens élèves de l’école du théâtre du Nord ou de la belle troupe des amandiers initiée par Christophe Rauck lors de son arrivée à la direction de Nanterre. A Gabriel Gozlan Hagendorf (texte et mise en scène) et Pierre-Thomas Jourdan (co mise en scène) succéderont Antoine Feuillet, Louis Albertosi , Mythe Vermeulin, etc.

En octobre 2022, dans le cadre des croquis de voyage proposés par Céline Garcia Fogel à l’école du théâtre du Nord puis à Nanterre, Gabriel Gozlan-Hagendof était allé à Calais travailler un mois durant avec les bénévole de l’association Utopia 56 qui mène une travail considérable auprès des émigrés candidats à la traversée vers l’Angleterre. Cette expérience a fondé l’écriture de Ressac.

Amna, exilée venue d’ un pays d’Afrique, se tient debout au bord du rivage, elle attend le bateau qui l’emmènera de l’autre côté, en Angleterre dont elle parle comme d’une terre promise. Camille, bénévole d’une association d‘aide aux émigrés , tente de la dissuader de prendre place sur une embarcation fragile qui risque de chavirer durant la traversée, il voudrait l’emmener ailleurs. L’obstinée Amna campe sur ses positions. De son périple que l’on devine périlleux et entaché d’obstacles, du pays d’où elle vient, on ne saura rien. Elle est presque au bout de sa route, elle touche au but, juste une petite mer à franchir

C’est alors qu’arrive un policier qui traite par le mépris, voire plus, celle qui veut aller de l’autre côté, en Grande Bretagne et celui qui lui vient en aide. Là loi c’est lui, l’état c’est lui, l’ordre c’est lui, Amna lui doit obéissance. Pour lui, Anna n’est pas une personne mais un obstacle qui entrave le paysage, celui d’une mer lisse. Sans ménagement le policier lui demande d’obtempérer ce que Amna refuse. Puis qu’on lui obéisse, Amna scrute l’arrivée du bateau. Camille, le bénévole ‘(incarnation de l’auteur) essaie en vain de s’interposer. Un briquet viendra littéralement enflammer les propos.

Plus que des personnages noueux , les les trois sont comme des figures impératives, c’est à la fois leur force et leur faiblesse, cependant tout cela est excellemment modéré et modulé par la force de la distribution : Flora Chéreau (Anna); Axel Godard (le policier et l’auteur, Gabriel Goslan-Hagendorf ,dans celui du bénévole. Joli trio.

Théâtre de Nanterre-Amandiers, les mer, jeu, ven 20h, sam 18h, dim 15h. Jusqu’au 17 janv.

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