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Billet de blog 19 oct. 2021

De Shakespeare à Komsomolsk-sur-Amour

D’un côté « Henry VI » de Shakespeare », un spectacle fleuve de la promotion 6 sortante de l’École du Nord, mis en scène par Christophe Rauck. De l’autre « Le bonheur » un spectacle alerte du théâtre KnAM venu de l’extrême orient russe, mis en scène par Tatiana Frolova. En commun l’art de faire du théâtre avec presque rien. Sauf l’essentiel : des mots, des voix et des corps qui frappent fort..

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Scène de HenriVI © Simon Gosselin

Henry VI de Shakespeare est une pièce-continent, une épopée monstrueuse rarement montée dans son intégralité. Or c’est cette somme -cent cinquante personnages - qui ouvre la salle éphémère (qu’on voudrait pérenne tant on s’y sent bien) du théâtre de Nanterre-Amandiers en attendant la fin des travaux (deux ans à tout le moins)..Quel beau signe que de faire sortir de sa torpeur ce théâtre devenu quasi moribond en faisant le pari de la jeunesse. Le nouveau directeur de Nanterre -Amandiers ,Christophe Rauck, avec raison, y fait venir sa mise en scène du spectacle de sortie de la promotion 6 de l’école du Théâtre Nord qu’il avait recruté et accompagné jusqu’à son terme en juin dernier lorsqu ‘il était en poste à Lille.

Un spectacle fleuve mené à bien en compagnie de Cécile Garcia Fogel (collaboration artistique) , Philippe Jamet (travail du corps), deux piliers de l’école avec Lucie Pollet (directrice des études) jusqu’au changement de direction. Hormis deux (désormais anciens comme les autres) élèves retenus ailleurs s par des tournages et des répétitions (Suzanne de Baecque et Oscar Lesage), ils sont tous là y compris des auteurs de la promotion sortante: Louis Albertosi, Mathilde Auneveux, Maxime Crescini, Adèle Choubard, Orlène Dabadie, Simon Decobert, Joaquim Fossi, Nicolas Girard-Michelotti, Antoine Heuillet, Pierre-Thomas Jourdan, Solène Petit, Constance de Saint Remy, Noham Selcer, Rebecca Tetens, Nine d’Urso, Paola Valentin. Tous vaillants, inventifs, volontaires, souvent surprenants, tenant le cap tout au long des cinq heures que dure le spectacle (trois pièces en enfilade) , conçu comme une couse de fond

La traduction utilisée est celle de Stuart Seide qui avait mis en scène Henri VI en 1993 au Théâtre de Gennevilliers et l’année suivante au Festival d’Avignon. Vingt ans plus tard, au Théâtre National de Bretagne, le jeune Thomas Jolly reprenait le flambeau avec sa compagnie La Piccola famila, dans une traduction de Line Cottegnies et vingt et un actrices et acteurs le plus souvent peu ou pas connus. Des panneaux expliquant la généalogie étaient accrochés au fond du plateau et une exquise actrice venait à chaque entracte nous rappeler les épisodes précédents et ce qui se préparait aidant le public à s’y retrouver dans le spectacle qui durait 13h dans sa version intégrale. Contre  5 à Nanterre.

Snène de Henry VI © Simon Gosselin

La pièce commence à la mort du roi Henri V et s’achève avec celle violente de son successeur, le roi Henri VI devenu souverain à l’âge de 9 ans, assassiné à la tour de Londres par le futur roi Richard III. Shakespeare , un siècle après, raconte sans trop s’éloigner des faits pour l’essentiel des pans sanglants et tourmentés de l’histoire d’Angleterre. C’est le temps de la Guerre des roses entre les York et les Lancastre, de Jeanne La pucelle faite prisonnière, etc. Un temps de guerres, de haine (contre les Français, contre les rivaux), d’alliances de circonstances, de trahisons, de luttes incessantes pour le pouvoir, de mariages et d’amitiés stratégiques, de morts violentes. Bref, comme disnet les  ritiquesde théâtre,  on ne s’ennuie pas un instant.

Le théâtre est à la fête à Nanterre avec ses épées de pacotille qui sont parfois des cannes der golf (comme chez Thomas Jolly), ses canons portatifs à fumée, son petite rideau rouge et, seul accessoire durable et convoité, un trône solitaire qui va et vient sur le plateau. Pas de décor mais un double plateau tournant judicieusement utilisé. Mais encore une beau travail de costumes (Fanny Brouste), de lumières (Olivier Oudiou ) et de son (Sylvain Jaques). Christophe Rauck et Cécile Garcia Fogel qui ont suivi de près tous ces actrices et acteurs durant trois ans, les ont parfaitement distribués.Luis Albertosi dans le rôle écrasant et comme lunaire d’Henri VI, Mathilde Auneveux dans celui de la Reine Marguerite, Simon Decobert -Warwick, Nicolas Girard Michelotti -Somerset, Antoine Heuillet - Gloucester, Pierre-Thomas Jourdan - York, Paola Valentin – Jeanne d’Arc. Certains et certaines comme Noham Selcer, Adèle Choubard, Orlène Dabadie, Solène Petit ou Nine d’Ursa se régalent et nous régalent en interprétant trois ou quatre rôles,voire plus. Filmés en gros plans , micro en main des envoyés spéciaux au coeur des batailles, nous donnent des nouvelles du front. Une bâche en plastique suffit pour enrouler un mort ou un agonisant.Ça file à toute allure, ça dépote, ça bouge bien. Cette histoire lointaine nous parle aussi par ricochet de ce qui nous entoure, car comme toujours chez Shakespeare l’histoire présente est prise dans la nasse du passé. On peut voir dans ce ballet macabre peuplé d’intrigues et d’intrigants une métaphore exacerbée ce que nous vivons actuellement et médiocrement à six mois des prochaines élections pour le trône présidentielles : intrigues de palais, courtisans et prétendants, alliances de circonstance, manque de grandeur, avancées masquées, postures poltronnes, épouvantails en veux tu en voilà encore etc.Loin de ce spectacle médiocre, cet Henri VI haletant est une réjouissante réussite

3le bonheur", scène © Hervé Bellamy

LaRrusse Tatiana Frolova avait déjà créé le Théâtre KnAM depuis dix ans lorsque Christophe Rauck créa compagnie en 1995 après avoir parfait sa formation au Théâtre du Soleil et découvert la Russie où il reviendra plus d’un fois .La suite fut simple et belle pour lui : remarqué dès son premier spectacle, le voici bientôt à la direction du Théâtre du peuple à Bussang, puis à celle du théâtre du Nord et aujourd’hui à celle du Théâtre de Nanterre-Amandiers. Un parcours exemplaire.

Frolova,elle, vient d’une petite ville au fin fond de l’Extrême est de la Russie, loin, très loin de Moscou, à des milliers de kilomètres, et des fuseaux horaires qu’une seule main ne suffit pas à compter. Elle vient de Komsomolsk-sur-Amour, nom doublement fallacieux car la ville pas été construite par les Komsomols (jeunesse communistes) mais par les zeks, les prisonniers du Goulag, et l’amyr (dites amour) le nom du fleuve qui traverse la ville est une mot de la langue nanaî dont la polysémie est nullement glamour..

Les deux capitales (Moscou et Saint Peterbourg) ignorent ce qui se passe dans ces coins perdus de Russie hormis les très grandes villes et quand on veut faire du théâtre mieux vaut partir. Tatiana Frolova n’ est pas allé loin, elle a étudié le théâtre à Khabarovsk, grande ville de la région (forte des plus riches musées ethnologiques du monde), après quoi elle est revenue chez elle à Komsomolsk. Ne voulant pas s’engluer dans l’académisme poussiéreux et mortifère du théâtre dramatique de sa ville, elle a préféré fonder le sien. Un geste courageux et téméraire à moins de vingt cinq ans. C’était en 1985, au temps de l’URSS, un théâtre indépendant (mot toujours honni en Russie) , une exception sans doute rendu possible car loin de tout, loin du pouvoir central et même régional. C’est après la perestroïka et la fin de l’URSS qu’on entendra parler dans les années 90 du teatr KnAM (Komsomolsk na AMyr). La petite troupe (cinq personnes) avait bricolé un théâtre au pied d’un immeuble gris et triste comme en compte tant la ville (sinistrée depuis la chute de l’URSS qu a vu l’effondrement de son industrie obsolète). Un petit théâtre de 24 places fait main, petit mais chaleureux, comme une flamme de vie au coeur de cette ville où tout (les rues, les parcs, l’eau du fleuve) semble fatigué. La petite troupe commence par monter des pièces du répertoire russe et étranger, Le fait qu’il y ait une troupe à Komsomolsk en dehors des structures officielles, est déjà un miracle. Il dure encore trente cinq ans après. Trois des cinq membres fondateurs - outre Tatiana Frolova,Dmitri Bocharov et Vladimir Dmitriev -sont toujours là.

Un virage s’est produit au milieu des années 2000 lorsque Tatiana Frolova a perdu sa mère. Elle décide de lui consacrer un spectacle. «  j’ai essayé de raconter, à travers l’histoire de la vie d’une femme simple, la vie de toute une génération « effacée », « mutilée  par la guerre et les répressions» Tout l’Extrême orient russe fut un haut lieu du Goulag. Le passé y pèse lourd, les mémoires demeurent tourmentées et souvent hantées par le passé soviétique. Dès lors, le KnAM se tourne vers la vie et délaisse le répertoire. Les spectacles s’inspirent de textes de Dostoïevski, de Kafka qui dialoguent avec des témoignages recueillis par la troupe. Une guerre personnelle en s’inspirant du livre éponyme du journaliste russe Arkady Babtchenko parle sans fard des guerres en Tchétchénie, un autre spectacle traite des prisons russes en s’appuyant sur des lettres et des témoignages, etc. Du théâtre documenté mais non documentaire car tous ces spectacles sont embrasés par leur puissance esthétique, une magie faite de bouts de ficelle.

"La bonheurr", la troupe © Hervé Bellamy

Les derniers spectacles du KnAM se recentrent sur la ville de Komsomolsk et de ses habitants. Comment on y vit, comment on y survit, comment on y meurt d’ épuisement, de tristesse, comment les morts pèsent sur le présent, comment aussi la mythologie et les croyances des petits peuples de la région s’infiltrent dans l’espace post soviétique. Et comment on résiste. Tout cela est présent dans leur nouvelle création, Le bonheur, qui n’est plus une idée neuve dans ce bout du monde mais une vieille chandelle qui s’éteint tout le temps et qu’on essaie chaque jour de rallumer. Il n’y a pas une histoire, une intrigue dans les spectacles du KnAM mais un étourdissant patchwork de témoignages, et de scènes comme oniriques, des bouts de destin, d' images rescapées de l’enfance des habitants de Komsomolsk dont ceux des acteurs et des actrices du KnAM, les trois historiques et ceux qui les ont rejoint : Irina Tchernoussova, German Iakovenko et Ludmila Smirnova, tous né.e.s dans la région et y vivant. Dans Le bonheur, on parle de Gagarine (durable fierté) , de Poutine et de Navalny, les temps se mêlent, le passé hante toujours le présent en Russie. L’un de leurs spectacles précédents avait pour titre Je suis, les suivants auraientt pu s’appeler « Nous sommes ».

Le Bonheur, spectacle au titre à la fois paradoxal, ironique et frondeur, a été crée la semaine dernière au CDN de Besançon, important coproducteur (la troupe a pu bénéficier de trois semaines de répétition sur place) .il est à l’affiche du festival Sens Interdits où le KnAM a ses habitudes. Il y avait présenté en 2017 Nous ne sommes pas encore nés, spectacle qui constitue un puissant diptyque avec Le bonheur.

Le credo du spectacle est semblable à celui de l’ Henry VI  de Rauck:des corps et des mots d’abord. Pour cette petite troupe du bout du monde occidental, cela ne vas pas sans une ingéniosité sans pareille à faire merveille d’une bâche en plastique transparent (élément commun avec Henry VI), d’un seau de terre brune, d’une tasse ébréchée, de photographies de tués et de tueurs, d’une pluie d’étoiles qui ne sont pas rouges mais argentées et d’un double usage de la vidéo comme capteur de témoignages et comme agent poétique..Le KnAM est une des troupes qui a poussé le plus loin l’usage poétiques et la maîtrise technique des nouvelles caméras miniatures.

Au fil des témoignages, le Faust de Goethe et celui de Gounod s’invitent à Komsomolsk sur Amour, des morts reviennent nous parler (« Aujourd’hui,, après ma mort, je veux déclare que je n’ai jamais été un traître, mais j’ai tout signé sous la torture »), plusieurs se souviennent de la fin de l’URSS en 1991 et aujourd’hui assistent, tristes et médusés, à son retour poutinesque Tous s’accrochent au théâtre comme à une bouée, espérant peut-être ou plutôt jouant à espérer qu’elle les fera dériver vers un monde meilleur. Pour eux le théâtre est un rempart, voire le seul, contre le désespoir et la barbarie. Le bonheur, c’est, par exemple, ce que dit Ira, la comédienne la plus âgée ::
« Je ne suis pas comédienne, mais je connais ces personnes depuis plus de 35 ans...
Je suis née moi aussi à Komsomolsk-sur-Amour, et comme tous les enfants de ma génération, j’ai
grandi avec l’obsession de la conquête spatiale... : il y avait des fusées comme ça à tous les coins
de rue et on jouait aux cosmonautes...
En regardant cette fusée aujourd’hui, je me dis qu’elle ressemble beaucoup aux barreaux d’une
prison, de cette prison qu’était notre ville, filiale du Goulag...
D’ailleurs, regardez, ce mirador ressemble lui aussi à une fusée...
C’est difficile de vivre dans une ville construite sur des os, dans un pays où l’humain est sacrifiable,
jetable...
Mais malgré cela, j’ai appris à être heureuse.
Je me demande toujours : « Qui suis-je ? Une femme ? Une mère ? Une artiste ? ».
Et je voudrais dire : « Je suis une rivière. Je suis l’eau
»...

Henri VI, le spectacle a été créé le 14 sept au Théâtre de l’Idéal à Tourcoing, il est donné au Théâtre éphémère de Nanterre Amandiers jusqu’au 24 oct : mer 19h30 premier épisode, second épisode le jeudi à 19h30, intégrales les ven à 18h, sam et dim à 15h. Chaque épisode 2H, intégrale 4h45 entractes compris.

Le bonheur a été créé au CDN de Besançon (producteur délégué du spectacle) du 12 au 16 oct, le spectacle sera donné au Théâtre des Célestins à Lyon dans le cadre du festival Sens interdits du 23 au 30 octobre puis en tournée : les 3 et 4 nov Festival euro-scene Leipzig; le 9 nov, Théâtre de Choisy-le-Roi ; les 12 et 13 nov Théâtre populaire romand, La Chaux-de-Fonds ; du 18 au 20 nov La Manufacture ,CDN de Nancy ; les 25 et 26 nov Fabrique de Théâtre, Bastia ; le 30 nov, Théâtre des 4 saisons, Gradignan.

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