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Billet de blog 12 novembre 2021

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Instruction publique et bureaucratie ministérielle : bien vivantes !

L’arrêté du 8 novembre est l’occasion d’une visite guidée dans une direction ministérielle qui fleure bon les temps anciens, celle de l’instruction publique et de l’action pédagogique.

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On pourrait croire que, depuis 1932, année où le ministère de l’instruction publique a cédé la place à celui de l’éducation nationale, on ne parlait plus, du moins au ministère,  d’instruction publique, puisque l’éducation nationale, contrairement à l’instruction publique, élargit le rôle de l’Ecole à l’éducation, jusqu’alors considérée comme relevant d'abord des familles et des églises.

Or, le Journal officiel de la République française du mercredi 10 novembre publie l’arrêté du 8 novembre selon lequel « Mme Rachel-Marie PRADEILLES-DUVAL, ingénieure générale de l'armement, est renouvelée dans les fonctions de cheffe de service de l'instruction publique et de l'action pédagogique, au sein de la direction générale de l'enseignement scolaire, à l'administration centrale du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, pour une durée de trois ans à compter du 1er décembre 2021[1] ».

Qui a la curiosité d’aller voir en quoi consiste ce « service de l’instruction publique et de l’action pédagogique » découvre qu’il comporte 

On peut faire dès cette première approche quelques constats. L’organisation bureaucratique du ministère survit à toutes les réformes qui prétendent en modifier la gouvernance, et cette organisation bureaucratique sépare nettement les écoles maternelles et élémentaires des collèges, et ceux-ci des lycées généraux et technologiques comme des lycées professionnels. Dans les appellations, point de référence à l‘éducation ou à l'action éducative, à la continuité entre école et collège, collège et lycées. Le pilotage des examens est confié à une mission elle même distincte du bureau des diplômes professionnels. Bien entendu, si les « savoirs fondamentaux » chers au ministre figurent dans l’appellation d’une sous-direction, nulle part n’est mentionnée l’existence d’un socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Tout se passe comme si une forme scolaire permanente héritée des divisions de naguère entre instruction (relevant de l’Ecole) et éducation (n’en relevant pas), ordre primaire et ordre secondaire, action pédagogique (reconnue) et action éducative (méconnue) continuait de définir l’architecture de l’organisation ministérielle, et comme si des transformations votées au Parlement, confirmées par des décrets, étaient lettre morte : il en va ainsi d’aspects essentiels des lois d’orientation de 2005 et 2013.

Cela conduit à s’interroger sur ce qui définit la réalité de l’organisation ministérielle : sans doute pas les lois votées par le Parlement ni  même des textes gouvernementaux, mais une forme de reproduction d’un système qui survit à tous les changements politiques. Et on ne peut s’empêcher de penser à l’image du mammouth, survivant d’une ère révolue en plein anthropocène. Le mammouth, ce ne sont pas les centaines de milliers de personnels du ministère qui inventent, innovent, expérimentent au quotidien, mais c’est à coup sûr la bureaucratie ministérielle.

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[1] https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044310989

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