L’éducation nationale en chiffres : quelles tendances ?

La parution de L’éducation nationale en chiffres (1) présente chaque année un double intérêt : mesurer des évolutions et situer la France dans des ensembles plus vastes, l’Union européenne ou l’OCDE. Que retenir de l’édition 2015 ?

La parution de L’éducation nationale en chiffres (1) présente chaque année un double intérêt : mesurer des évolutions et situer la France dans des ensembles plus vastes, l’Union européenne ou l’OCDE. Que retenir de l’édition 2015 ?

D’abord la permanence de tendances fortes, quelles que soient les inflexion politiques, dans la dépense intérieure d’éducation.

D’une part, l’Etat continue d’être en France le principal payeur (il dépense 2,42 fois plus que les collectivités), et les salaires constituent le poste budgétaire dominant (74,3%), suivis des autres dépenses de fonctionnement (17,7%), la part des investissements étant de 8%.

 D’autre part,  la dépense moyenne par élève est toujours nettement plus forte pour les lycéens (11190 €) et les collégiens (8410 €) que pour les écoliers (6110 €).

Mais le plus intéressant réside dans l’évolution de cette dépense par élève entre 2006 et 2014. En effet, les écoliers voient l’augmentation par élève dépasser légèrement celle des lycéens (+450 € contre +440 €), ce qui pourrait être une encore timide manifestation l’accent mis sur le premier degré par la politique de refondation de l’école depuis 2012. Autre fait particulièrement notable, en cette année marquée par les débats autour de la réforme du collège en 2016, les collégiens voient  pour la même période la dépense diminuer de 110 € par élève. Alors qu’on répète depuis longtemps que le collège est un maillon faible de notre système éducatif, cela peut interroger.

Ensuite les comparaisons internationales apportent des confirmations. Ainsi, avec 18,9 élèves en moyenne dans l’enseignement élémentaire, la France est nettement au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE qui est de 15,3. Dans l’enseignement secondaire, en revanche, la France est en dessous du nombre moyen d’élèves par enseignant, avec 12,5 contre 13,5 en moyenne. Il y a là, sans doute, un élément explicatif des écarts constatés dans la dépense par élève selon les niveaux d'enseignement. L’effectif moyen des classes, différent du nombre moyen d’élèves par enseignant, lui est de 25,1 en collège, 18,9 en lycée professionnel et 29 en lycée général et technologique.

 

On retiendra des comparaisons européennes tirées d’Eurostat des motifs d’optimisme. Si l’on considère la population des 20-24 ans, le pourcentage de ceux qui ont acquis un diplôme (CAP, BEP, baccalauréat, diplôme du supérieur) est supérieur en France à la moyenne de l’UE : 88,6% contre 82,3. On peut dire que la France a tenu l’objectif fixé en 2000 par la stratégie de Lisbonne : 85% de diplômés en 2010. Si l’on considère dans cette même population, le pourcentage des sorties sans diplôme, la moyenne de l’UE est de 11,1% alors que le pourcentage en France est de 8,5%.

Ces deux indicateurs complémentaires sont un encouragement à poursuivre la prévention de l’absentéisme, premier signe du décrochage scolaire, et à renforcer tout ce qui peut, dans les enseignements comme dans la vie scolaire, favoriser l’implication, l’engagement personnel des élèves dans leur parcours de formation et dans la vie de leur établissement scolaire.

 

 


[1] Publication du MENSER-DEPP

http://cache.media.education.gouv.fr/file/2015/58/6/DEPP_grands_chiffres_2015_482586.pdf

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