CONSTRUIRE le Nouveau Système Monétaire Européen

Mise en bouche

C’est évident : l’actuelle ‘’BCE’’, l’actuelle ‘’monnaie européenne’’ (l’€) prouvant tous les jours qu’ils sont FAUX, ARCHI-FAUX, l’actuel système monétaire européen DOIT être DÉTRUIT. Sauf qu’à cet égard, c’est tout aussi évident : tant que ne sera pas CLAIREMENT dit POURQUOI il FAUT un Nouveau Système Monétaire Européen, et sur quelles BASES ce système DEVRA être RECONSTRUIT (savoir 1° une Nouvelle BCE, 2° un Nouvel € ne fonctionnant qu’ENTRE les PAYS européens, 3° le rétablissement des monnaies nationales des pays européens, 4° entre ces monnaies et le Nouvel €, un système de taux de change FIXES et RÉVISABLES selon un calendrier fixé à l’avance) cet objectif sera ABSOLUMENT HORS de portée !

 

Le système monétaire européen étant ce qu’il est, commençons par rappeler ce résultat (pour sa démonstration pas à pas, cf. ‘’Auditer la dette grecque ? Non ! (FOUTAISE!) : comprendre pourquoi, la Grèce empruntant 100 €, aussitôt, sa dette est de 200 € ’’) : la Grèce empruntant 100 €,

1° les 100 € que la Grèce ‘’gagne’’ au titre du prêt qu’elle contracte, c’est… elle-même qui se les donne, ceci… par le prêt qui lui est fait,

2° contre le prêt qui lui est fait, ceci vis-à-vis du pays qui lui a prêté, le ‘’gain’’ de la Grèce NE peut DONC être QUE celui-ci  : une dette SANS espèces ‘’sonnantes et trébuchantes’’, c'est-à-dire une dette... VIDE des € qu'elle (cette dette) aurait dû lui apporter .

Aussitôt, c’est imparable : pour rembourser une telle dette (vide), la Grèce, nécessairement, devra  commencer par… la remplir, c’est à dire gagner les 100 € que, puisqu'elle est vide, cette dette… ne lui a pas apportés.

Sauf que, naturellement (pour disposer d’une valeur de 100 €, ne faut-il pas d’une manière ou d’une autre dépenser 100 € ?) cela lui coûtera... 100 €.

Et sauf que, s'étant procuré 100 €, la Grèce… n’aura pas encore remboursé son prêteur : concrètement, il lui faudra encore honorer la créance qu’il (son prêteur) détiendra sur elle.

Le fera-t-elle, ce qui (non ?) lui coûtera de prélever 100 € dans son compte courant (ce qui fera diminuer ce compte de 100 €) ?

Aussitôt, et là aussi, ce sera imparable, ce que l’on devra dire est que, tout compris, la charge de son remboursement aura été de… 200 € (deux cents € !), savoir le double de ce qu’elle aura emprunté !

Qui, ici ne le comprendra ? : tel est le véritable moteur de ‘’la crise européenne de la dette’’.

 

La solution ? étant bien entendu qu’elle DEVRA être ‘’systémique’’.

 

Commençons par nous tourner du côté des systèmes monétaires nationaux tels qu’ils fonctionnent à l’intérieur des frontières des économies nationales.

a ayant emprunté à sa banque, donc au système bancaire de son pays, n’en résulte-t-il pas que a se trouve endetté vis-à-vis du système bancaire (de son pays)… et non pas vis à vis de celui à qui a a pu faire un paiement grâce à l’emprunt qu’il (a) a contracté, ceci quand bien même, pour celui à qui a a pu faire un paiement, ce paiement se traduise par une créance… sur le système bancaire (être payé –en monnaie- n’est-ce pas détenir une créance sur le système bancaire ?).

C’est par analogie que telle devra être l’organisation du Nouveau Système Monétaire Européen (NSME) : la Grèce empruntant 100 € à la Nouvelle Banque Centrale Européenne (NBCE) ceci pour payer ses achats excédentaires à l’Allemagne (= les achats de la Grèce à l’Allemagne qui dépasseront les ventes que la Grèce lui aura faites), la dette de la Grèce vis-à-vis de la NBCE devra être telle que, ceci quand bien même, pour l’Allemagne, le paiement que, grâce à son prêt, la Grèce lui aura fait se traduira par une créance de l’Allemagne sur la NBCE (l’Allemagne n’aura-t-elle pas été PAYÉE par la Grèce au titre de l’achat excédentaire que la Grèce lui aura fait), ce qui sera RIGOUREUSEMENT impossible soit que (ceci, en l’occurrence, par le biais de la NBCE) l’emprunt de la Grèce puisse être vu comme financé par l’Allemagne.

Sur ce point (un point évidemment crucial), commençons par répéter (cf. le début de ce billet) que si cette contrainte n’est pas satisfaite, si en d’autres termes, la Grèce empruntant, ce que (aussi peu que tel puisse être le cas !) l’on est fondé à considérer, c’est que c’est le pays auquel elle a acheté qui lui a prêté (et non pas la NBCE) alors, c’est aussitôt la duplication de l’endettement de la Grèce.

Tel est alors le problème : la Grèce empruntant à la NBCE, et le paiement que, grâce à cet emprunt, la Grèce pourra faire à l’Allemagne se traduisant par une créance de l’Allemagne sur la NBCE, comment concevoir le NSME de telle manière que ce que l’on puisse assurer soit que l’emprunt qui a permis à la Grèce de faire un achat excédentaire à l’Allemagne, ça n’est pas l’Allemagne qui l’a financé ?

 

OR…

La BCE fonctionnant aujourd’hui de telle manière que, celle-ci (la BCE) prêtant 100 € à la Grèce, le schéma ‘’AVEC‘’ (on notera soigneusement les guillemets !) BCE d’une telle opération est le suivant… :

 

superdupli1bis 

 

Schéma n° 1

 

… si maintenant l’on dit que, la BCE étant remplacée par la NBCE, et l’€ par le Nouvel € (N€) le schéma cette fois AVEC NBCE (ici on notera l’absence de guillemets), de cette même opération sera le suivant (à cet égard, cf. ''Ce que Syriza DOIT dire '') :

 

 superdupli2bis

 

Schéma n° 2

 

Ce schéma disant que, l’Allemagne prêtant 100 N€ à la Grèce, la fonction de la NBCE n’est que de dire (DIRE !), ceci par le N€  que l’échange en lequel s’analyse le prêt de l’Allemagne comme vendeuse excédentaire à la Grèce comme acheteuse excédentaire (d’où dans le schéma n° 2 les deux flèches équivalentes et de sens opposés entre la Grèce et l’Allemagne) est un échange de valeur 100 N€, ce que l’on sera fondé à dire ne sera-t-il pas EN EFFET que le prêt de l’Allemagne à la Grèce, ça n’est assurément pas l’Allemagne qui le finance.

La preuve définitive ?

Mais, cf. le schéma n° 2, et à ce sujet cf. les flèches équivalentes et de sens opposés entre la Grèce et l’Allemagne, si l’on dit que c’est l’Allemagne qui finance, ce que l’on peut tout autant dire n’est-il pas que c’est… la Grèce (!!!!) qui le fait ?

 

Sauf que, s’agissant de la conception du NSME, il reste ici à répondre à une authentique objection : le prêt de 100 € de l’Allemagne à la Grèce étant un échange entre eux, si le prêt de l’Allemagne à la Grèce est aussi ce qu’il DOIT ÉVIDEMMENT  être, c'est-à-dire le TRANSFERT à la Grèce de droits allemands sur un produit réel de valeur 100 N€,  ce transfert, si l’on s’en tient au schéma n° 2… ‘’il est où ?’’

 

OR,

1° la Grèce ayant effectivement reçu 100 N€ de la NBCE, et non pas, comme c'est le cas dans le système d'aujourd'hui, par la BCE comme ''vulgaire'' prête-nom de l'Allemagne comme l'un de ses actionnaires (sur le Schéma n° 2 ci-dessus, c’est la flèche rouge allant de la NBCE à la Grèce) celle-ci (la NBCE) comme INSTITUTION existant techniquement (et non pas politiquement !) comme ''supérieure’’ aux pays, ces 100 N€, la Grèce ne les devra-t-elle pas à la NBCE comme 100 N€ qu’elle pourra lui rendre le jour où, ayant fait 100 N€ de ventes excédentaires à l’un et/ou l’autre des pays européens de l’Euroland, elle se retrouvera vis-à-vis de ce(s) pays et vis-à-vis de la NBCE, dans la situation où, aujourd’hui, ceci au titre de ces ventes excédentaires à la Grèce, l’Allemagne, par sa créance de 100 N€ sur la NBCE, se trouve payée de ses ventes excédentaires.

A ce sujet,

2° l’Allemagne donnant 100 N€ à la NBCE comme institution qui, ‘’là’’ aussi techniquement (et non pas politiquement !) lui est ‘’supérieure’’ (c’est la flèche rouge allant cette fois de l’Allemagne à la NBCE), ces 100 N€, la NBCE ne les devra-t-elle pas à l’Allemagne comme 100 N€ qui, sans que l’Allemagne ait besoin d’emprunter, permettront à l’Allemagne d’acheter plus qu’elle n’aura vendu ?

3° la NBCE étant, dans le même mouvement, débitrice de 100 N€ vis-à-vis de l’Allemagne et créditrice de 100 N€ vis-à-vis de la Grèce, ce que l’on DEVRA dire n’est-il pas que son bilan d’émetteur de N€ sera toujours équilibré ?

 

D’où la réponse à la question ci-dessus : en tant que VRAIS transferts des ‘’pays prêteurs’’ aux ‘’pays emprunteurs’’, les prêts internationaux contractés par les ‘’pays emprunteurs’’ auprès de la NBCE, et à ce titre libellés EN MONNAIE INTERNATIONALE, seront : 1° le PAIEMENT des pays exportateurs excédentaires, 2° l’UNIQUE endettement des pays importateurs excédentaires vis à vis de la SEULE NBCE.

 

Ici, on comparera avec la parfaite ABERRATION qui, dans le système monétaire européen tel qu’il ‘’fonctionne’’ aujourd’hui, consiste en ce que, l’Allemagne par exemple prêtant 100 € à la Grèce, ceci alors même qu’instantanément, l’Allemagne aura retrouvé les 100 € qu’elle a prêtés à la Grèce (le prêt que l’Allemagne aura accordé à la Grèce n’aura-t-il pas permis à la Grèce de faire à l’Allemagne un paiement que, sans ce prêt, la Grèce n’aurait pas pu faire à l’Allemagne ! ; et l’Allemagne comme pays prêteur, n’aura-t-elle pas, de ce fait, recouvré instantanément les 100 € que, ceci puisqu’elle les a prêtés, elle ne devrait pourtant plus avoir ?) EN OUTRE, l’Allemagne se retrouvera… créancière de la Grèce !!!!

 

Venons-en pour terminer à la question du change entre le N€ et les monnaies nationales des pays de l’€ zone (monnaies nationales dont nous avons vu que, l’Allemagne n’étant pas la Grèce, laquelle n’est pas l’Espagne, laquelle n’est pas l’Italie, etc., etc. … le NSME REQUERRA le rétablissement).

 

Naturellement, la production de l’Allemagne ne pouvant être dite qu’en la monnaie de l’Allemagne, la production de la Grèce ne pouvant être dite qu’en la monnaie de la Grèce, pour qu’en N€ (ceci donc par la NBCE –cf. le schéma n° 2 ci-dessus) ce qui puisse être dit soit qu’un échange entre l’Allemagne et la Grèce est, par l’Allemagne et par la Grèce, reconnu comme un véritable échange, c'est-à-dire un échange d’équivalents économiques, cela présuppose que la question du change entre la monnaie de l’Allemagne et la monnaie de la Grèce soit résolue.

Nous nous contenterons ici de renvoyer à la série d’articles de ‘’Sur la monnaie’’ intitulée : ‘’LA monnaie internationale : le système des changes ABSOLUS (I), (II), (III), (IV), (V)’’. On ne dira donc que ceci : ce modèle (des taux de changes absolus) étant la clé de la résolution de cette question, c’est tout naturellement qu’à côté de la NBCE et du N€, il devra être vu comme le dernier (et non le moindre !) des trois piliers du NSME.

 

JT

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