Biais en faveur des Blancs de catégories aisées dans la recherche en psychologie

Les chercheurs en psychologie basent leurs recherches sur des échantillons blancs occidentaux et tendent à généraliser leurs résultats. Les caractéristiques des personnes ne sont souvent pas indiquées. Comment améliorer la recherche en diversifiant les popultions concernées ?

Traduction par Sarah de "Psychology research skews mostly white and wealthy" par Michael Schulson, Undark / 27 Janvier 2020

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Quand Cristine Legare donne une conférence à des groupes de chercheurs en psychologie, elle aime bien faire un rapide sondage parmi les participants. Combien d’entre eux, demande-t-elle, se voient comme des « ethnopsychologues occidentaux » ? La question ne passe pas très bien. « Ils sont quoi ? » Cristine Legare, professeure associée de psychologie à l’Université du Texas d’Austin, continue : « Ca ne leur évoque rien du tout. »

Cette confusion est bien ce qu’elle recherche. Pendant des décennies, une écrasante majorité de la recherche en psychologie a étudié les habitants des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux riches. En privilégiant une population aussi restreinte, argumentent Legare et d’autres critiques, la recherche en psychologie a, de bonne foi d’ailleurs – montré une vision biaisée de l’esprit humain.

« Ca ne veut pas dire qu’il n’est pas intéressant ni utile d’étudier votre population de classes moyennes américaines. Mais ils ne souhaitent pas revendiquer de n’étudier que cette population », dit Cristine Legare. « Ils veulent faire valoir que les gens se ressemblent assez pour que la population que vous étudiez ne compte pas. » Souvent, les articles en psychologie ne mentionnent même pas la nationalité ni le statut socio-économique, ni tous les autres éléments basiques de statistiques démographiques, relatifs aux participants des études.

Dans bien des cas, suggèrent d’autres études, la population que l’on étudie est réellement importante – souvent de manières profondes et subtiles – et Cristine Legare n’est pas la première chercheuse à formuler ce problème. Les débats sur la diversité des participants aux études en psychologie ont culminé en 2010, quand un article largement diffusé a dénoncé le fait que la recherche s’appuyait beaucoup trop sur les sociétés occidentales, industrialisées, riches et démocratiques – traits souvent abrégés sous l’acronyme « WEIRD » (« bizarre ») – ce qui représentait une crise pour les sciences du comportement. A cette date, on pouvait penser que le domaine allait connaître des réformes importantes.

Et pourtant, une décennie plus tard, de nombreux psychologues déplorent que peu de choses aient changé. Dans ce processus, ils soulèvent des questionnements sur la manière dont, précisément, les chercheurs en psychologie devraient rendre compte de la nationalité, la classe sociale, le genre, la sexualité, l’ethnie et d’autres éléments d’identité dans leur étude – et ils expriment leur frustration devant le manque de réformes concrètes.

« C’est le problème dont nous aimons tous parler », déclare le psychologue à l’Université du Kentucky Will Gervais, « mais personne n’aime vraiment changer ».

Émission d’alarmes

Au tout début du XXe siècle, les chercheurs en psychologie – qui, dans les premières décennies de leur branche, avaient surtout fait porter leurs expériences sur eux-mêmes – ont commencé à rechercher de plus larges échantillons. Dans de nombreux cas, ils se sont tournés vers les populations captives qu’ils avaient le plus facilement sous la main : les écoliers locaux ou les étudiants de leur université. Compte-tenu du fait que recruter des gens pour participer aux études peut s’avérer aussi bien difficile que coûteux, ce type de recrutement de proximité a perduré jusqu’à nos jours, même s’il arrive qu’il soit élargi grâce à des services comme Mechanical Turk, ou MTurk, une plateforme d’Amazon, qui relie des travailleurs indépendants (traduisez par « participants aux études ») à qui l’on confie des tâches subalternes maigrement rétribuées.

Quelle qu’en soit la source, ces échantillons, du moins sur les campus d’université, sont généralement biaisés dans le sens de population de catégories blanches aisées. Ils sont également puisés massivement dans les sociétés occidentales industrialisées. Malgré tout, les chercheurs minimisent souvent les identités sociales des participants aux recherches publiques – une tactique qui sert à souligner l’universalité de leurs résultats. « Il est devenu habituel de mettre en avant l’identité expérimentale des sources de données humaines au détriment de leur identité personnelle et sociale ordinaire », écrit l’historien Kurt Danziger dans Constructing the Subject (le Sujet en Construction), une étude classique de 1990.

Les chercheurs ont quelques bonnes raisons d’hésiter à mettre l’accent sur des identités comme l’ethnie ou la nationalité. L’histoire est longue de chercheurs qui ont tenté de soutenir des arguments racistes et xénophobes en émettant des hypothèses, sans aucune preuve réelle, sur des différences profondes entre les groupes. En particulier, après la Seconde Guerre mondiale, des courants intellectuels ont fait pencher la balance dans l’autre sens, en mettant en relief l’universalité de l’expérience humaine.

Et d’ailleurs, souvent ces autres identités n’ont pas particulièrement d’importance. « Beaucoup de ce que nous faisons reste valable quels que soient les personnes », confirme Daniel Simons, professeur de psychologie à l’Université de l’Illinois à Champaign, qui a fait des travaux sur la généralisation en psychologie.

La recherche en psychologie des premiers temps, remarque Daniel Simons, se concentrait souvent sur des comportements de base, peu susceptibles d’être influencés par la culture ou par l’environnement. Au fil du temps, les chercheurs ont commencé à étudier des comportements plus sociaux et complexes, et « ont continué à présumer qu’il s’agissait de la même sorte de principes universels. » Aujourd’hui, une grande partie de la recherche en psychologie examine réellement les sujets où la culture, ou encore des expériences spécifiques, pourraient façonner ou influencer les résultats – de fait, il se pourrait que la culture et l’environnement soient au cœur même de la question. Et concernant un grand nombre de questions, concède Daniel Simons, « nous ne savons simplement pas ».

Compte-tenu de cet écart dans les connaissances, certains psychologues sonnent l’alarme depuis des années. A la fin des années 90, le psychologue Stanley Sue s’est inquiété de ce que son domaine ne prenait pas suffisamment en compte les expériences des groupes ethniques non-blancs. Une étude de 2008, qui avait observé que la recherche menée sur six revues majeures de psychologie n’étudiait que rarement les gens hors de l’Occident, a proposé ironiquement qu’une de ces revues de pointe se rebaptise « la Revue de la Personnalité et de la Psychologie Sociale d’introduction aux Etudiants Américains en Premier Cycle de Psychologie ».

Science du « bizarre » (WEIRD)

La question a gagné du terrain en 2010, lorsque Joseph Henrich, et deux collègues de l’Université de Colombie britannique, au Canada, ont réuni des preuves en compulsant des dizaines d’études, afin de démontrer que les gens qui grandissaient au sein de ces soi-disant sociétés « WEIRD » avaient souvent un comportement différent que celui des gens dans d’autres parties du monde. Pour donner un exemple, certaines illusions d’optique qui trompent systématiquement les membres de pays industrialisés ne leurrent tout simplement pas ceux qui ont grandi dans des sociétés rurales, non industrialisées. Ou encore, quand on lui demande de se livrer à un jeu qui suppose de partager de l’argent avec un étranger, l’étudiant américain réagit différemment des membres du peuple Tsimane, qui vit dans l’Amazonie bolivienne.

« Si les bases de données des sciences comportementales ne consistaient qu’en des sujets Tsimanes, les chercheurs seraient tout à fait fondés à se préoccuper de la généralisabilité », écrivent Henrich et ses collègues. Pourquoi, se sont-ils demandés, les chercheurs se posaient-ils moins de questions quand leurs bases de données étaient presque entièrement constituées d’Américains et d’Européens ?

Cet article a suscité un nombre incalculable de réactions, de réunions et d’appels à la réforme. Amplement relayé dans les médias, il a depuis été cité des milliers de fois dans la littérature universitaire. Mais Joseph Henrich, à présent professeur à l’Université d’Harvard, explique que jusqu’ici l’article a eu un faible retentissement sur la recherche en psychologie comme discipline. « D’un côté, j’ai le sentiment qu’on aborde la variabilité des échantillons avec plus d’enthousiasme », nuance Henrich. « Mais si vous regardez vraiment les chiffres, les chiffres les plus récents, qui sont sortis ces dernières années, ne montrent pas particulièrement de changement dans la diversité des échantillons. »

Certaines études corroborent ses observations. Une analyse récente d’articles publiés dans Psychological Science a établi que, même dans les études qui notaient la nationalité des participants, 94% portaient exclusivement sur des échantillons WEIRD. Et plus de 90% ne fournissaient aucune donnée sur le statut socio-économique des participants.

Au cours des 10 dernières années, la psychologie a connu un profond changement – seulement ce n’est pas tout à fait celui que Joseph Henrich et d’autres avec lui envisageaient. Les chercheurs ont commencé à prendre conscience du fait que, lorsqu’ils reprenaient bon nombre d’études majeures dans ce domaine, ils ne parvenaient pas à reproduire les résultats. On a largement blâmé dans cette crise de la reproduction des pratiques expérimentales bâclées, et de mauvaises habitudes statistiques, ce qui contribuait à ce que des fluctuations aléatoires dans les données soient apparues comme des résultats importants et significatifs. Mais un autre coupable, moins souvent évoqué, d’après certains scientifiques, est le manque de diversité dans les échantillons de recherche originaux : des études testées sur une seule population ne se transposaient tout simplement pas à d’autres populations.

« A mon avis, ces deux choses ont toujours été de pair », affirme Neil Lewis Jr, professeur assistant de communication et de comportement social à l’Université de Cornell, à propos de cette relation entre la diversité d’échantillon et la crise de la reproduction.

Pourtant, quand les psychologues ont mis en œuvre des efforts importants pour reproduire d’anciennes recherches, et pour réformer leurs pratiques expérimentales, disent les critiques, ils ont accordé moins d’attention au manque de diversité dans leurs échantillons. « Comprendre pourquoi le résultat que vous avez aujourd’hui fonctionne ou non partout et avec toutes les populations n’a pas particulièrement été encouragé », regrette Neil Lewis.

Au contraire, suggèrent des psychologues partisans d’une réforme, tout se passe comme si le domaine de la psychologie continuait à favoriser une recherche rapide et tape-à-l’œil, plutôt que des améliorations consciencieuses dans la conception des études. Au sein de nombreuses institutions, « la structure de la récompense fait que je passerais en tête en publiant 20 études MTurk bidon au lieu d’une seule transculturelle », ironise Will Gervais, le psychologue du Kentucky. « Je ne pense pas que nous ayons appris 20 fois plus, mais mon CV aura meilleure allure. »

Pression pour publier

Certains chercheurs évoquent également une pression exercée pour tirer des leçons générales et universelles à partir des études effectuées. « On nous encourage vraiment à faire de grandes affirmations audacieuses, et de réaliser ce qui ressemble à des articles révolutionnaires », avance Jasmine DeJesus, professeure assistante de psychologie à L’Université de Caroline du Nord à Greensboro, qui a documenté la prévalence d’affirmations larges et non étayées dans les articles de psychologie.

Pour ajouter à ce défi, depuis que la crise de la reproduction a commencé, on a attendu de plus en plus, de la part des chercheurs en psychologie, qu’ils utilisent des tailles d’échantillons plus grandes dans leur recherche. On a largement salué ces nouveaux standards en ce qu’ils amenaient plus de rigueur dans les sciences sociales, mais ils font peser également un poids supplémentaire sur les chercheurs qui étudient des populations sous-représentées, ce qui peut occasionner des difficultés et un prix plus élevé pour recruter des gens.

Pris tous ensemble, ces défis sont peut-être formidables. Sarah Gaither, professeure assistante de psychologie et neurosciences à l’Université de Duke à Durham, en Caroline du nord, étudie l’identité, y compris la manière dont les gens conceptualisent les catégories raciales. Une grande partie de son travail porte sur les enfants d’origine biraciale, groupe souvent dévié en un seul groupe, voire, tout simplement, entièrement exclu des études. Mais les expériences des enfants d’origine biraciale, indique le travail de Sarah Gaither, renversent un certain nombre de présomptions sur la manière dont le cerveau des gens parvient à conceptualiser la différence.

« A la seconde où vous observez des gens qui ne sont pas Blancs, vous trouvez des résultats très différents dans la façon dont ils voient ces visages multiraciaux », explique Sarah Gaither, qui a montré qu’une grande partie des études sur la psychologie de la catégorisation raciale s’est appuyée sur des échantillons à prédominance blanche. « Si vous n’avez pas un échantillon diversifié, vous pourriez ne jamais vous en rendre compte, car la majorité de nos articles ne donnent même pas correctement la race ni l’origine ethnique. »

Sarah Gaither dit être entrée dans ce domaine de la psychologie parce qu’elle voulait étudier des groupes sous-représentés. Le manque de postes, toutefois, l’a amenée, complète-t-elle, à ressentir la nécessité de publier fréquemment, ce qui la contraint à passer plus de temps sur des études qui portent majoritairement sur des échantillons blancs, recrutés en ligne.

Et même lorsque les études sur des groupes sous-représentés sont faites, ajoute Sarah Gaither, de manière générale elles attirent beaucoup moins l’attention. « Si effectivement vous étudiez un groupe sous-représenté, vous n’allez naturellement pas obtenir le même décompte de citations que quelqu’un qui étudie un sujet plus généraliste », explique-t-elle. Cela est dû au fait que les chercheurs, qui autrement vont vite à extrapoler à partir d’échantillons à prédominance blanche, comme l’indique son expérience, peuvent être moins aptes à le faire en présence d’un groupe plus diversifié. « Si vous n’étudiez pas des personnes noires, il n’y a aucune raison pour que vous vouliez citer un article qui recherche des résultats chez des participants noirs, par exemple. »

Tortillement nécessaire

Des efforts de réforme sont entamés. L’Accélérateur de la Science Psychologique est une nouvelle initiative globale, qui sélectionne des résultats expérimentaux particuliers, puis les teste dans des dizaines de contextes culturels dans le monde. Ainsi que Dalmeet Sigh Chawla le rapportait dans Undark en novembre, cette initiative a publié récemment sa première étude, qui a fait appel à plus de 11 000 participants de 41 pays, pour reproduire une expérience influente de 2008, sur la façon dont les humains jugent les visages des étrangers.

D'autres tentatives plus modestes pour traiter cette question se concentrent sur des réformes à appliquer aux journaux académiques qui publient les travaux des scientifiques. Daniel Simons, le psychologue de l’Illinois, a proposé que les journaux de psychologie adoptent une rubrique totalement nouvelle, pour ce qu’il appelle Contraintes de Généralité, ou COG, bilans, pour lesquels il est nécessaire que les chercheurs définissent exactement à quelles populations leurs recherches s’appliquent. D’autres psychologues ont enjoint les journaux à établir des politiques explicites qui encouragent la recherche incluant des groupes sous-représentés et non-WEIRD – et même, peut-être, définir des quotas pour faire en sorte que la recherche représente une tranche plus vaste de l’humanité.

Certains dirigeants des institutions les plus influentes du domaine ont entendu ces critiques. « Nous devons nous adapter au besoin d’une plus grande diversité dans nos échantillons », dit Patricia Bauer, professeure de psychologie à l’Université Emory d’Atlanta, en Géorgie, qui a débuté ce mois-ci une période de quatre ans comme éditrice en chef de Psychological Science.

Toutefois, Mme Bauer souligne le fait que les changements demanderont du temps. Elle fait état des récentes demandes pour que 50% du journal soit dévolu à des participants non WEIRD en 2020. « Je ne pense pas pouvoir atteindre cet objectif », a-t-elle expliqué à Undark. « Pour moi, il est trop élevé. Mais en le gardant à l’esprit, cela me poussera à prendre un certain nombre de mesures. »

Patricia Bauer, qui n’avaient pas encore assumé la fonction d’éditrice du journal lorsqu’elle a été interviewée par Undark, a partagé avec nous certaines de ses idées sur ce que ces démarches pourraient être. Parmi elles figurent la nomination d’un comité éditorial plus diversifié ; l’envoi de signaux montrant que la recherche sur les populations non-WEIRD est un travail important, thème que Patricia Bauer a amené énergiquement dans sa première note d’éditrice dans le journal ; et, peut-être, un accompagnement des auteurs pour justifier davantage les choix de groupes qu’ils opèrent. Les propositions telles que des bilans COG obligatoires ou autres politiques volontaristes, cependant, la laissent songeuse : « Je n’aime pas les exigences », dit-elle.

Patricia Bauer souligne que les chercheurs doivent équilibrer des besoins concurrentiels, en citant certains de ses propres travaux récemment menés sur les résultats éducatifs dans une communauté du sud de l’Amérique, qui est composée, en gros, d’un tiers de Noirs, un tiers de Latino-Américains, et un tiers de Blancs. En regroupant tout le monde ensemble, Patricia Bauer obtient un échantillon suffisamment conséquent pour réaliser les sortes d’analyses qui permettent aux chercheurs de reconnaître des résultats significatifs dans le bruit statistique. Mais s’il lui fallait essayer de diviser la population par ethnies ou par statuts socio-économiques, chaque groupe deviendrait trop réduit pour qu’elle puisse réellement l’analyser.

Elle ajoute : « Parfois, je dis à mes étudiants, ne donnez pas ici d’information sur votre échantillon qui puisse donner une raison à un évaluateur de vous demander d’analyser vos données en sous-groupes, parce que nos études ne marchent pas [statistiquement] de cette façon. »

Ce type de suggestions a peu de chance de remporter l’adhésion chez les gens qui militent pour que plus d’attention soit portée à la diversité de l’échantillon, qui voudraient plus de transparence, ou des tailles d’échantillon plus importantes, au lieu de se contenter de laisser l’information de côté. « C’est sinistre », a commenté Joseph Henrich quand je lui ai parlé du conseil que Patricia Bauer donnait à ses étudiants.

Pour des psychologues qui aiment l’innovation, les dirigeants du domaine ne peuvent pas réagir assez vite. Pour Cristine Legare, il reste en suspens une hypothèse implicite que les études les plus légitimes – celles qui font le plus ressortir des vérités universelles – sont celles qui recourent à des participants blancs de langue anglaise.

« Il y a un ethnocentrisme vraiment désagréable en lien avec cette question, les gens sont gênés et se tortillent », affirme Cristine Legare. « Nous devrions tous nous tortiller beaucoup plus. »

La publication originale de cet article a été faite dans Undark. Il a été légèrement modifié pour refléter le style de Spectrum.

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