Jean Vinçot
Association Asperansa
Abonné·e de Mediapart

1407 Billets

0 Édition

Billet de blog 10 nov. 2018

Comment l'histoire a oublié la femme qui a défini l'autisme - Grounia Soukhareva

Dès 1925, Grounia Soukhareva, médecin soviétique, a décrit l'autisme tel qu'il est connu aujourd'hui. Y-a-t'il une connexion par Vienne avec Kanner ?

Jean Vinçot
Association Asperansa
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Article de Spectrum News,  « How history forgot the woman who defined autism » par Lina Zeldovich / 7 novembre 2018

Grunia Sukhareva © Wikipedia

Voir : "The first account of the syndrome Asperger described?"

European Child & Adolescent Psychiatry  September 1996, Volume 5, Issue 3, pp 119–132

Extraits

Grounia Soukhareva (bonne traduction par https://deepl.com à peine modifiée) a écrit : Malgré les différences individuelles dans le tableau clinique des cas de troubles de la personnalité schizoïde rapportés ici, nous pensons qu'il est possible de définir les caractéristiques que tous les enfants avaient en commun. Elles sont les suivantes :

Un type de pensée étrange
a) une tendance à l'abstraction et à la schématisation (l'introduction de concepts concrets n'améliore pas les processus de pensée, mais au contraire les empêche) ;
b) cette caractéristique de la pensée est souvent associée à une tendance à la rationalisation et à la rumination absurde (voir cas 1, 2, 3, 4, 5). Cette dernière caractéristique marque souvent la personnalité comme étrange.

Une attitude autiste
Tous les enfants affectés se tiennent à l'écart de leurs pairs, ont du mal à s'adapter et ne sont jamais pleinement eux-mêmes parmi les autres enfants. Les cas 1, 2 et 3 sont devenus des objets de ridicule général pour les autres enfants après leur admission dans notre école. Les cas 4 et 5 n'avaient aucun poids parmi leurs pairs et étaient surnommés "machine parlante", bien que leur niveau de fonctionnement global soit bien supérieur à celui des autres enfants. Le cas 6 évite lui-même la compagnie des enfants parce qu'il trouve cela douloureux.
Tous ces enfants manifestent une tendance à la solitude et à l'évitement des autres dès leur plus jeune âge ; ils se tiennent à l'écart, évitent les jeux en commun et préfèrent les histoires fantastiques et les contes de fées.

La vie émotionnelle
Il y a une certaine platitude et superficialité des émotions (cas 2, 3, 5). Cette dernière est souvent combinée avec ce que Kretschmer a appelé à juste titre l'Aspect psychesthétique de l'humeur. Ce mélange d'éléments insensibles et hypersensibles a été observé dans tous nos cas.
Le cas 1 présentait une paresse affective ainsi qu'une sensibilité exagérée ; le cas 2 montrait une irritabilité accrue entraînant des accès émotionnels explosifs, combinés à une paresse affective, en accord avec la description des spasmes et de la paralysie des émotions de Bleuler. Le cas 5 était d'humeur généralement calme et en même temps passionnément tendre envers certains de ses proches. Le cas 4 était un misanthrope lugubre et irritable, mais aussi un fils tendrement aimant.

Les autres caractéristiques étaient les suivantes
a) une tendance à l'automatisme (cas 1, 2, 3, 4 et 6) se manifestant par le maintien des tâches entamées et par un manque de souplesse psychique avec difficulté d'adaptation à la nouveauté ;
b) comportement impulsif et étrange (cas 1, 2, 3) ;
c) faire le clown, avec une tendance aux rimes et aux néologismes stéréotypés (cas 1, 2, 3, 5)
d) une tendance à un comportement obsessionnel compulsif (cas 1, 2, 3, 5) ; et
e) suggestibilité accrue (cas 1, 3 et 6).

Nous n'avons pas observé de négativisme marqué. Une obstination apparemment non motivée a été observée dans deux cas (5 et 6).

Des déficiences motrices marquées ont été constatées dans tous nos cas : maladresse, gaucherie, brusquerie des mouvements, nombreux mouvements superflus et syncinésies (cas 1, 2, 3 et 4). Manque d'expressivité faciale et de mouvements expressifs (maniéristes (cas 1, 4 et 5)) ; diminution du tonus postural (cas 2, 4 et 6) ; bizarreries et manque de modulation de la parole (cas 1, 2 et 3).

 Notice Wikipedia

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Gauche(s)
Parlement : ce que peut espérer la Nupes
Et si la gauche devenait la première force d’opposition au Palais-Bourbon en juin prochain ? Un scénario plausible qui pourrait, dans une certaine mesure, transformer le paysage politique, explique Olivier Rozenberg, spécialiste de la vie parlementaire.
par Pauline Graulle
Journal
Ukraine : divisé, le monde occidental peine à dessiner une issue
Alors que le spectre d’un conflit long se précise, faut-il continuer, et jusqu’à quand, à livrer des armes à Kyiv ? Est-il encore possible de ménager une « porte de sortie » à Vladimir Poutine pour faciliter de futures négociations de paix ? Aux États-Unis comme en Europe, des dissensions commencent à affleurer sur ces sujets clés.
par Ludovic Lamant
Journal — Migrations
La guerre a déplacé des milliers d’orphelins et d’enfants placés
Les enfants représentent, avec les femmes, la majeure partie des déplacés internes et des réfugiés ukrainiens. Dans l’ouest de l’Ukraine, des orphelins de la guerre et des enfants placés tentent de se reconstruire une vie, loin de leur maison et de leurs habitudes.
par Nejma Brahim
Journal
Législatives : des candidats de la majorité préfèrent s’afficher sans Macron
Contrairement à 2017, où la plupart des candidats macronistes avaient accolé la photo du président de la République à côté de la leur, nombre d’entre eux ont décidé cette année de mener campagne sur leur propre nom. Face à la gauche et à l’extrême droite, certains veulent éviter d’agiter « le chiffon rouge ».
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet d’édition
Hebdo #123 : Parole à celles et ceux qui ont déjà bifurqué
À la suite du retentissant appel des jeunes diplômés d’AgroParisTech à déserter les postes dans l’agro-industrie, nous avons recueilli de nombreux témoignages d’anciens étudiants « en agro » devenus paysans, chercheurs, formateurs, etc. Ils racontent leur parcours, les embûches et leur espoir de changer le système. Bifurquer, c’est possible. Mais il faut s’organiser !
par Sabrina Kassa
Billet de blog
Remise des diplômes AgroParisTech : appel à déserter
Lors de leur cérémonie de remise de diplôme, huit jeunes ingénieur·es AgroParisTech ont appelé leurs camarades de promotion à déserter de leurs postes. « N'attendons pas le 12ème rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n'ont jamais fait qu'aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires. Vous pouvez bifurquer maintenant. »
par Des agros qui bifurquent
Billet de blog
Prendre les chemins de traverse… mais à plusieurs !
Nous sommes un collectif d'une petite dizaine de personnes, qui avons décidé, à la fin de nos études en politiques locales, de prendre à bras le corps les questions climatiques, énergétiques, sociales de demain, pour y trouver des réponses radicales. Voilà l'histoire de notre parcours, depuis notre rencontre en 2018, sur les bancs de l'université.
par Collectif La Traverse
Billet de blog
Déserteurs : existe-t-il une sécession des élites diplômées ?
La prise de parole des étudiant·es de Agro Paris Tech a été l’occasion pour la presse de remettre en avant l’hypothèse d’une sécession de l’élite scolaire face à la crise écologique. Qu’en disent les sciences sociales ?
par Quantité Critique