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Billet de blog 14 mai 2022

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Consommation d'alcool chez les jeunes autistes

Analyse des raisons de la consommation ou de la non-consommation d'alcool d'après des jeunes autistes (16 à 20 ans). Des stratégies de prévention sont à prévoir en conséquence.

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journals.sagepub.com Traduction de "Reasons for alcohol use and non-use by underage U.S. autistic youth: A qualitative study" Autism

Raisons de la consommation et de la non-consommation d'alcool chez les jeunes autistes américains mineurs : Une étude qualitative

Emily F Rothman, Laura Graham Holmes, Dani Brooks, Shari Krauss, Reid Caplan
Première publication le 2 mai 2022 
https://doi.org/10.1177/13623613221091319

The French paradox © Luna TMG https://www.instagram.com/lunatmg/

Résumé

Cette étude décrit les points de vue et les expériences des jeunes autistes sur l'alcool, y compris les raisons de la consommation et de la non-consommation. Nous avons mené 40 entretiens semi-structurés avec des jeunes autistes âgés de 16 à 20 ans. Parmi eux, 20 avaient consommé de l'alcool au cours de l'année précédente. Nous avons utilisé une approche inductive d'analyse basée sur le contenu. Les jeunes ont délibérément choisi de consommer ou de s'abstenir de consommer de l'alcool. Certains ont effectué leurs propres recherches de fond sur les effets de l'alcool, tandis que d'autres ont adopté une approche très mesurée de la consommation d'alcool et ont dosé avec soin leur consommation d'alcool pendant les épisodes de consommation. Les raisons de ne pas boire comprennent la peur de développer une dépendance à l'alcool, le fait de ne pas aimer le goût de l'alcool, la crainte que l'alcool interagisse avec des médicaments prescrits, ainsi que le désir d'éviter la gueule de bois, la désinhibition ou d'autres effets négatifs. Au contraire, les jeunes avaient des attentes positives à l'égard de l'alcool : les personnes non autistes acceptent mieux de boire, l'alcool aide les personnes autistes à faire face aux problèmes, à l'irritabilité, à l'ennui et aux difficultés de traitement sensoriel, et les aide à s'intégrer. Les résultats révèlent que les troubles liés à la consommation d'alcool chez les adultes autistes pourraient trouver leur origine dans des expériences vécues avant l'âge légal, qui apportent un soulagement temporaire à l'anxiété sociale, au sentiment d'isolement social et aux difficultés de traitement sensoriel. L'élaboration de stratégies de prévention de l'alcoolisme chez les jeunes autistes, fondées sur des données probantes, pourrait être une prochaine étape importante.

Résumé du sujet

Que sait-on déjà sur le sujet ?

On parle de consommation dangereuse d'alcool lorsque la consommation d'une personne lui fait courir un risque accru d'événements négatifs (par exemple, des problèmes de santé ou des accidents de voiture). Certaines études montrent que les personnes autistes sont plus exposées au risque de consommation dangereuse d'alcool que les personnes non autistes, tandis que d'autres études ont révélé que la consommation dangereuse d'alcool est moins fréquente chez les personnes autistes que chez les personnes non autistes. Nous devons apprendre pourquoi les jeunes autistes mineurs choisissent de boire de l'alcool ou non. L'objectif de cette étude était de connaître les attitudes et les comportements des jeunes autistes américains vis-à-vis de l'alcool. Quarante jeunes autistes âgés de 16 à 20 ans ont été interrogés.

Ce que cet article ajoute ? 

Les jeunes ont décrit plusieurs raisons pour lesquelles ils choisissent de boire de l'alcool, y compris le sentiment que les personnes non autistes sont plus tolérantes lorsqu'elles boivent, que cela les rend moins irritables ou moins ennuyeux, les aide à faire face aux problèmes et à s'intégrer. Les raisons pour lesquelles ils ne boivent pas d'alcool comprennent la crainte de devenir dépendant, les interactions médicamenteuses, le fait de ne pas aimer le goût, la peur d'avoir la gueule de bois et d'autres problèmes de santé, et la crainte de faire des bêtises lorsqu'ils sont ivres.

Implications pour la pratique, la recherche ou la politique 

Les résultats révèlent que la consommation dangereuse d'alcool chez les adultes autistes pourrait trouver son origine dans des expériences vécues avant l'âge légal qui soulagent temporairement les jeunes autistes de leur anxiété sociale, de leur sentiment de solitude et de leurs difficultés de traitement sensoriel. À l'heure actuelle, il n'existe pas de programmes de prévention de l'alcoolisme fondés sur des preuves aux États-Unis pour les personnes autistes. Un ou plusieurs programmes de ce type pourraient être nécessaires. Les résultats de cette étude pourraient être utilisés pour adapter les programmes existants destinés aux jeunes non autistes aux besoins et facteurs de risque uniques des jeunes autistes.

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