Lettre au Télégramme sur les déclarations de C. Melman - autisme

Le 21 février 2014,

Dans son interview publié dans le Télégramme, Monsieur MELMAN, psychanalyste patenté, reprend les poncifs développés au siècle dernier par les tenants des croyances psychanalytiques. L'autisme ne serait pas un trouble d'origine neurologique, mais serait dû à un mauvais rapport avec la mère.
Que l'on ait pu exposer de telles contrevérités il y a 40 ou 50 ans, à l'époque où la neurologie n'avait pas fait les progrès qu'elle a connu depuis, grâce en particulier à l'évolution des techniques d'imagerie médicale, pouvait sinon s'expliquer, du moins s'excuser. Que l'on fasse semblant d'ignorer les études sur les jumeaux, les recherches génétiques n'est pas respectueux des personnes autistes et de leur famille.

A notre époque, ce n'est plus admissible, et on ne peut qu'inviter l'auteur de cet article à se renseigner sur les dernières évolutions de la science dans ce domaine, avec notamment l'état des connaissances publié par la Haute Autorité de Santé en 2010. M. Melman préfère quant à lui essayer d’obtenir du Conseil d'Etat l’annulation des recommandations de la HAS et de l'ANESM de mars 2012 sur les prises en charges recommandées pour l'autisme.
Il n'est plus supportable de lire aujourd'hui de telles inepties. Il n'y a d'ailleurs qu'en France qu'on les professe encore, pays qui vient, une fois de plus, d'être condamné par l'Europe pour la manière dont elle assure la scolarisation des enfants atteints d'autisme.

Nous posons la question de l’infraction à l’article 13 du code de déontologie médicale, qui est aussi l’article R.4127-13 du code de la santé publique (c’est à dire la loi), et qui dispose que :

  • « Lorsque le médecin participe à une action d'information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu'en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. »
  • « La Prudence… Elle doit constituer une règle permanente, aussi bien sur le fond (données scientifiques confirmées par le milieu scientifique et non pas hypothèses, plus ou moins personnelles, sur lesquelles l'accent serait mis en soulignant un rôle individuel) que dans la forme. Il est essentiel de veiller avec un soin particulier et constant aux répercussions de ses propos auprès du public… »
  • « Le médecin : "doit veiller à l'usage... de ses déclarations" (article 20) ce qui veut dire qu'il doit être prêt à s'en expliquer et à s'en justifier. »

 

Nous demandons au « Télégramme » de mettre à la disposition de son lectorat des informations fiables respectueuses de la personnalité des personnes autistes et de leurs familles.

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Extraits : Il n'y a pas de causes génétiques. Ni l'imagerie médicale ni la recherche génétique ne permettront de confirmer un supposé vice de forme originel.

Le bébé autiste a souffert d'une chose très simple.Sa maman, qui peut être fort aimante au demeurant, n'a pas pu transmettre le sentiment du cadeau qu'il était pour elle et qui dès lors lui donnait sa place dans le discours qu'elle lui adressait, voire qu'elle lui chantait.

Ces enfants autistes sont vides comme un golem au sens où leur capacité combinatoire n'a pas de maître ni de limites. Ils ont des capacités de calcul souvent stériles, comme un ordinateur laissé à lui-même. Il n'y a pas d'instance morale ni réflexive venant leur donner une identité.



 

 

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