Le contrecoup des écrans est un problème d'handicap

Un post qui confirme que l’utilisation d'écrans est différente entre les personnes neurotypiques ... et les autres.

Traduction de Screen Backlash is a Disability Issue

2 octobre 2015 Sara Luterman

Sarah Luterman, personne autiste, est fondatrice de NOS magazine.

Il semble qu’il ne se passe presque pas une semaine sans que certains éléments de réflexion [ pearl-clutching?] ne déplorent la destruction par les médias sociaux d’interactions humaines significatives. Les gens regardent leurs écrans au lieu de regarder les yeux. Nous n'utilisons pas nos bouches pour nous parler. Au lieu de nous dire ce que nous ressentons en détail, nous cliquons sur le bouton "like" pour exprimer notre approbation. Nous sommes assis les uns à côté des autres dans des cafés et ne levons pas les yeux. Ce phénomène a été décrit comme la fin de l'intimité. Cependant, c'est exactement le contraire. En tant que personne autiste, je ne me suis jamais sentie plus comprise ou libre.

Je me suis toujours sentie plus à l'aise pour communiquer en texte. Au lycée, j'ai eu beaucoup de difficulté à me faire des amis. J'ai été victime de harcèlement. J'expliquais volontiers mes sujets favoris et j'étais confuse quand la réponse de mes pairs était moins que favorable. Ceci est une expérience assez courante pour les adolescents autistes dans les contextes traditionnels. L'avènement de la messagerie instantanée m'a permis de me connecter avec les gens avec moins de peur de rater quelque chose d'important. Je n'ai pas eu à sourire. Les forums de discussion m'ont permis de rencontrer d'autres personnes qui partageaient mes intérêts avec la même joie et la même intensité que je ressentais. Je pouvais parler de Star Trek avec quelqu'un à l'autre bout du monde, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, alors que la plupart des gens autour de moi s'en foutaient. J'ai noué des amitiés durables avec des personnes à qui je parle encore régulièrement, même dix ans plus tard. Soudain, j'étais moins seule.

Look Up Look Up

 

Look up [Lève les yeux]

 

Je préfère pas, merci.

 

 

Les médias sociaux et les smartphones ne sont qu'une forme de communication améliorée et alternative (CAA). En cliquant sur le bouton «J'aime» sur Facebook, ce n’est pas différent de cliquer sur le bouton «J'aime» d’un appareil de génération de la parole. La différence est combien de personnes peuvent entendre ce que vous avez à dire. Les personnes auparavant isolées en raison de problèmes de mobilité ou de langage peuvent trouver des amis partageant leurs expériences et leurs intérêts. Ils arrivent à être moins seuls.

Les personnes qui s'opposent à l'utilisation d'écrans ne cherchent pas à faire taire les personnes handicapées. Le problème est qu'elles ne pensent pas du tout à nous. Lorsqu'elles sont confrontées à ce que les smartphones peuvent faire pour les personnes handicapées, les anti-écrans vont prétendre qu'elles ne parlent pas de nous. En effet, quand elles regardent dans un café et voient des gens utiliser leur téléphone, il est impossible de faire la distinction entre ceux qui utilisent le téléphone comme aide au handicap et ceux qui trouvent que parler dans les médias sociaux est un mode parfaitement adapté, voire préférable. de communication. Une fausse hiérarchie est formée et, bien sûr, les façons dont certaines personnes handicapées parlent sont au fond des choses.

En idéalisant des définitions rigides et étroites de la communication, nous déshumanisons les personnes qui ne sont pas en contact visuel, les personnes qui ne parlent pas. Les médias sociaux nous offrent justement des options de communication socialement acceptables et normalisées. Un monde où les gens sont «collés à leurs écrans» est un monde où les autres et moi-même pouvons plus facilement exister, réussir et être heureux. Arrêtez de dire aux étrangers que vous rencontrez dans la rue de «lever les yeux».

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