Aux armes citoyens ! No pasaran !

Un pédopsychiatre de CMPP a fait un mauvais rêve : "Sur la grille il y a trois panneaux de chantier où il est écrit « interdit aux juifs », « interdit aux chiens », « interdit au packing »…" L'occasion d'insulter les associations de parents d'autistes, puis de hurler à la censure par les technocrates de l'ARS, au totalitarisme.

 Sur cette base, il s'est cru autorisé à décrire les associations de parents d’autistes comme étant d'extrême-droite, représentants des lobbys « fortunés », de mettre dans le même sac les films antisémites des nazis et « Le Mur ». Il a parlé de pensée totalitaire, de régime nazi, de dictatures militaires, de lobotomie et de camps.

Les confrères ne seront pas épargnés : « (pédo)psychiatres techno-numérisés, neuro-pédiatres évangélisateurs ou neuropsychologues asser(vis)mentés (…) apprentis-sorciers obscurantistes »

Critiquer la culpabilisation des mères reviendrait à critiquer la « juiverie internationale ».

C'est incroyable ! Vous pouvez encore consulter ce délire dans les archives du Web.

Ce texte a été publié sur le site du collectif des 39. J'ai sympathisé avec l'idée de la lutte contre la nuit sécuritaire, mais cette dérive enlève tout crédit à la démarche de ce collectif et des associations qui l'ont fondé.

En 1933, les staliniens décrivaient la social-démocratie comme étant « social-fasciste ». On a vu le résultat devant cet aveuglement.

Prétendre voir le fascisme dans les associations de défense des personnes autistes est certes seulement débile, mais n'est pas la meilleure façon de lutter contre le fascisme là où il est réellement.

A défaut de lutter contre le fascisme, on va lutter contre l'Etat bourgeois, les technocrates de l'ARS.

On va crier à la censure et aux attaques contre la démocratie.

Rien de tel qu'un amas de conneries pour conduire à des prophéties autoréalisatrices.

Ces élucubrations ont conduit à des protestations des associations visées.

Ciel ! L'ARS nous censure !

Certes, l'ARS s'en est inquiété auprès de l'employeur et de la HAS. Résultat : rien.

Par contre, l'union régionale Autisme France a porté plainte auprès de l'ordre des médecins. Vous pouvez en lire la conclusion sur le site du collectif des 39 :

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8400

Le texte est retiré à la demande de la présidente de l’union régionale Poitou-charentes d’Autisme France suite à la réunion de conciliation organisée par le conseil départemental de l’ordre des médecins de Gironde.

Il est remplacé par le texte suivant de Philippe Rassat :

« Sincèrement je n’ai jamais eu l’intention, en m’exprimant comme je l’ai fait, dans le cadre d’un débat d’idée, de heurter quiconque.  Si tel est le cas je le regrette et je présente mes excuses aux parents qui ont pu être affectés. »

Ainsi, il n'est pas justifiable sur le plan déontologique qu'un médecin insulte les associations d'usagers.

Autant que ce soit l'Ordre des Médecins qui le dise.

Quand je lis Pierre Delion et Jacques Hochmann, je sais – j'ai au moins l'impression – que je ne me retrouve pas en face de « psychanalystes furieux » décidés à insulter une mère d'autiste. Je n'ai pas eu l'occasion d'en rencontrer directement, mais j'ai regardé en 2006 un film projeté par Bernard Golse où Serge Lebovici, assis sur une chaise, maltraitait la mère d'un enfant avec syndrome de Rett assise à ses pieds.

Jacques Hochmann décrit les dérives de ses collègues (pour mieux traiter d'autistes ou de communautaristes les parents et les associations).

Pierre Delion défend la nécessité de donner le diagnostic, et dit qu'il laisse libre les parents de pratiquer l'ABA.

S'ils veulent être crédibles, ils devraient s'occuper des délires de leur confrère, délires appuyés au nom de la liberté d'expression par le collectif des 39.

Des psychiatres doivent quand même être capables d'analyser les rapports de force entre patients, parents et professionnels – qu'ils parlent de transfert, de contre-transfert ou d'autres appréciations sociologiques. La situation d'inégalité est partiellement compensée par la constitution des personnes concernées en associations. Prétendre mettre en contradiction la relation individuelle et les positions des associations est puéril. C'est trop facile : avant et après le diagnostic, c'est la plupart du temps dans les associations que les personnes concernées trouvent des solutions et des ressources.

Christiane Jean-Bart a bien analysé ces questions.

http://www.ouest-france.fr/societe/autisme-les-parents-doivent-etre-ecoutes-3891239

http://livre.fnac.com/a8852928/Jean-Bart-Christiane-Autisme-le-sacrifice-invisible

http://medias.dunod.com/document/9782100716449/JEAN-BART-Laccompagnement-de-lenfant-autiste.pdf

Je ne comprends décidément pas comment des professionnels peuvent s'enferrer dans de telles logorrhées. Un, d'accord. Mais un collectif de 39 associations ?

Ce qui résulte des menaces de signalement : http://www.leparisien.fr/thiais-94320/a-thiais-une-jeune-mere-de-famille-se-tue-en-sautant-du-8e-etage-26-10-2016-6255975.php

PS : Je ne trouve pas très malin l'attitude d'un humoriste qui sablerait le champagne à l'occasion du suicide de Bettelheim.

Ne pas oublier cependant qu'il avait dit à la TV : «  "Dans le cas de ces enfants extrêmement perturbés, non seulement personne ne s'en souciait, mais il y avait un souhait que ce serait beaucoup mieux si l'enfant ne vive pas."

Et que cette thèse est défendue encore aujourd'hui dans la formation d'éducateurs, que « La Forteresse Vide » est le premier livre proposé à ceux-ci. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.