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Billet de blog 9 août 2014

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JEAN-EUDES / TRAFIC D'ORGANES : Le rapport de Dick Marty / remarques et commentaires

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Suite à l'article paru dans médiapart concernant ce trafic d'organes au Kosovo de 1999 à 2010, j'ai recherché les points qui pourraient faire penser que les trafiquants d'organes pouvaient avoir des liens avec l'étranger ( activité criminelle organisée ).

___________________

12 décembre 2010

fjdoc4- 2010

Commission des questions juridiques et des droits de l’homme

Traitement inhumain de personnes et trafic illicite d’organes humains au Kosovo*

Projet de rapport

Rapporteur: Dick Marty, Suisse, Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe

http://assembly.coe.int/ASP/APFeaturesManager/defaultArtSiteVoir.asp?ID=964

1.         L’Assemblée parlementaire a pris connaissance avec vive préoccupation des révélations de l’ancienne Procureure auprès du Tribunal Pénal International pour l’ancienne Yougoslavie (TPIY), allégations selon lesquelles de graves crimes auraient été commis lors du conflit au Kosovo, notamment un trafic d’organes humains, actes qui seraient restés jusqu’à ce jour impunis et objet d’aucune enquête sérieuse.

2.         Toujours selon cette ancienne Magistrate, ces actes auraient été commis par des membres des milices de l’ « Armée de Libération du Kosovo » (UÇK) contre des ressortissants serbes restés sur place à la fin du conflit armé et fait prisonniers.

3.         Selon les informations recueillies par l’Assemblée et d’après les enquêtes pénales en cours, de nombreux indices concrets et convergents confirment que des Serbes ainsi que des Kosovars Albanais ont été tenu prisonniers dans des lieux de détention secrets sous contrôle de l’UÇK au Nord de l’Albanie et soumis à des traitements inhumains et dégradants, pour finalement disparaître.

4.         De nombreux indices semblent confirmer que, dans la période immédiatement après la fin du conflit armé, avant que les forces internationales puissent vraiment prendre le contrôle de la région et rétablir un semblant d’ordre et de légalité, des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë, pour les transporter ensuite à l’étranger à des fins de transplantation.

5.         Cette activité criminelle, qui s’est développée en profitant du chaos régnant de la région et grâce à l’initiative de certains chefs des milices de l’UÇK liés au crime organisé, s’est poursuivie, bien que sous d’autres formes, jusqu’à nos jours, comme le démontre une enquête en cours de la part dela mission européenne de police et de justice (EULEX) concernant la clinique « Medicus » à Pristina.

6.         Bien qu’il y ait déjà eu des indices concrets au sujet de tels trafics au début de la décennie, les autorités internationales en charge de la région n’ont pas estimé nécessaire de procéder à un examen approfondi de ces circonstances, ou elles l’ont fait d’une façon incomplète et superficielle.

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75.       Lorsque nous avons cherché à comprendre comment ces actes criminels avaient pu atteindre un degré d'inhumanité supplémentaire, c'est-à-dire aller jusqu'au prélèvement forcé d'organes humains pour en faire le trafic, nous avons identifié une autre personnalité de l’UÇK qui semble faire partie des acteurs de premier plan complices de ces méfaits : Shaip MUJA.

76.       La biographie personnelle de Shaip Muja dans la lutte menée pour la libération des Albanais du Kosovo ressemble, jusqu'à un certain point, à celle des autres membres du « Groupe de Drenica », dont Hashim Thaçi lui-même :  militant étudiant au début des années 90[31], il devient l'un des membres du groupe d'élite des « coordinateurs » de l’UÇK établi en Albanie[32], puis membre du gouvernement provisoire du Kosovo et commandant en chef du Corps de protection du Kosovo (KPC)[33] ; après s’être mué en responsable politique civil du Parti démocratique du Kosovo (PDK), il exerce finalement des fonctions influentes auprès des autorités actuelles du Kosovo[34].

77.       L’activité exercée par Muja dans le secteur médical est le fil conducteur de l'ensemble de ses fonctions. Nous ne prenons pas à la légère le fait qu'il se présente et qu'il est considéré dans de nombreux milieux comme le « Dr Shaip Muja », médecin et chirurgien, mais également, prétendument comme nous le pensons, praticien humanitaire et adepte du progrès[35].

78.       Nous avons découvert de nombreux indices convergents du rôle capital joué pendant plus de 10 ans par Muja dans des réseaux internationaux nettement moins louables, comme ceux des trafiquants d'être humains, des courtiers d'actes chirurgicaux illicites et d'autres acteurs de la criminalité organisée.

79.       Ces indices et éléments de preuve nous ont fait soupçonner que Muja a pu, en grande partie grâce à la carrière médicale apparemment irréprochable qu’il continuait à mener en parallèle, nouer des contacts, se dissimuler derrière ses fonctions de couverture et jouir d'une parfaite impunité pour exercer des activités criminelles organisées. On peut ici établir une analogie avec la manière dont Thaçi et les autres membres du Groupe de Drenica ont tiré parti des fonctions publiques qu'ils exerçaient, bien souvent dans le cadre de la diplomatie internationale. La seule différence, pour Muja, tient au fait que son rôle au sein de la criminalité organisée est à peine connu en dehors des réseaux criminels avec lesquels il a été en affaire et des quelques enquêteurs qui les ont traqués.

80.       D'après les témoignages recueillis auprès de celles de nos sources qui ont participé aux opérations de l’UÇK en Albanie, ainsi qu'auprès d'autres compatriotes de Shaip Muja présents au sein de l'armée et des milieux politiques et qui le connaissent intimement, ce dernier serait parvenu à acquérir et à conserver une influence occulte dans les affaires de l’UÇK, au cours de cette période décisive de la fin des années 90 durant laquelle elle a obtenu le soutien de la communauté internationale.

81.       Au cours des hostilités qui ont secoué le nord de l'Albanie et le long de la frontière du Kosovo et qui ont coïncidé avec l'intervention de l'OTAN en 1999, Muja, comme la plupart des autres commandants de l’UÇK, serait resté en retrait de la ligne de front, en maintenant la base de commandement opérationnel de l’UÇK à Tirana.

82.       Muja, Haliti et Veseli auraient notamment recherché des moyens innovants pour utiliser et investir les millions de dollars du « fonds de guerre » constitué par les dons versés à l'étranger pour la cause de l’UÇK. Muja et Veseli auraient par ailleurs entrepris, pour le compte du « Groupe de Drenica », de nouer des contacts avec des sociétés étrangères militaires et de sécurité [36].

83.       Il nous semble particulièrement intéressant de relever que, d'après ce constat, Thaçi et son « Groupe de Drenica » ont tiré parti de deux évolutions majeures de la situation après le 12 juin 1999.

84.       Premièrement, le retrait des forces de sécurité serbes du Kosovo a permis à divers groupuscules de l’UÇK, dont le « Groupe de Drenica » de Thaçi, de prendre effectivement le contrôle, sans aucune entrave, d'un espace territorial élargi dans lequel ils pouvaient exercer divers trafics et activités de contrebande.

85.       Après les bombardements de l'OTAN en 1999, la KFOR et la MINUK étaient incapables d'assurer, au Kosovo, le respect de la loi et le contrôle des mouvements de population ou des frontières. Les diverses factions de l’UÇK et les groupes dissidents qui contrôlaient des zones distinctes du Kosovo (villages, tronçons de route, parfois même certains bâtiments) étaient en mesure de se livrer à des entreprises de criminalité organisée pratiquement à leur guise, y compris en disposant des trophées de la victoire qu'ils semblaient avoir remportée sur les Serbes.

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