Culture, vite !!!!

Affirmons-le : la Culture doit retrouver la place centrale qui est la sienne et venir ainsi au secours du débat politique.

De l’urgence de remettre la Culture au coeur du débat politique.

Non pas parce que « la Culture nous rendrait meilleurs », ou qu’elle nous aiderait à « mieux vivre ensemble ». Ces expressions que l'on entend souvent, et qui ramèneraient l'art à une pillule calmante pour les masses, tiennent plus du marketing politicien que d'une réalité.... si c’était le cas, ça se saurait depuis longtemps !!

Tout simplement parce que la Culture, c’est l’identité de tous et de chacun, et c’est ce qui fonde notre corps sociétal, dans sa diversité et sa complexité, sa beauté et sa laideur, sa force et sa faiblesse.

Culture, euh… ça veut dire quoi en fait ?

Qu’entend-on par le mot Culture ?

Dire que la Culture, c’est simplement des oeuvres, aussi simples ou grandioses soient-elles, qui composent notre patrimoine est réducteur. La culture, ce n’est pas seulement les musées, l’architecture, le spectacle vivant, les arts plastiques, la danse, la musique, ou encore le cirque et les marionnettes (eh oui, Mr Wauquiez…)

La Culture, c’est vous, c’est nous. C’est comment vous vivez, comment vous mangez, comment vous vous éduquez. C’est ce que vous transmettez à vos enfants, ce que vous recevez de vos parents. C’est la langue que vous parlez, l’endroit où vous habitez.

C’est ce que vous connaissez, et ce que vous ne connaissez pas encore.

C’est ce que vous aimez, et ce que vous détestez. C’est ce qui vous semble beau, ou laid.

Bref, la Culture, c’est ce qui compose l’identité, passée, présente et future, tant individuelle que collective, ce qui fait de nous un être social, communiquant.

La culture, donc l’identité, c’est ce qui nous définit en nous-même, et en regard des autres.

La Culture, c’est notre territoire, le plus personnel, et le plus collectif à la fois. Ce territoire est à défendre, mais pour mieux l' ouvrir, le cultiver pour l’enrichir, l'agrandir pour le faire fructifier.

La Culture est donc ce qui est le plus transversal, le plus essentiel, à tous les niveaux de notre vie.

Bref, la Culture, c’est bien plus que la question « c’est joli-c’est pas joli », « c’est bien-c’est pas bien », « j’aime-j’aime pas ».

La Culture c’est notre sang, notre oxygène.

Nous devons tout faire pour la protéger sans l’enfermer, la laisser respirer. Le débat démocratique, le vote, sont les meilleurs moyens de le faire.

 

Le vote, ce serait donc défendre un tout, que l’on pourrait englober dans le mot Culture ? 

Voter, mais pourquoi ?

On vote quand on a quelque chose à défendre : des valeurs, une identité, un territoire, des droits, un avenir. On peut dire qu’on vote pour défendre sa Culture. « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent » Victor Hugo

On vote quand on veut se définir par rapport aux autres, dire quelque chose, faire valoir un mode de fonctionnement (la démocratie par exemple).

On vote quand on pense que l’on peut ne pas être d’accord, que l’on doit participer à la société pour la faire progresser, débattre d’idées, faire valoir qui on est, que l’on soit de gauche, de droite, d’extrême gauche ou d’extrême droite. 

On vote parce que c’est un devoir de citoyen-ne, inscrit dans la Constitution de notre pays. 

Alors bien sûr, ce n’est pas parfait, loin s’en faut. Mais si on devait attendre que les choses soient parfaites avant d’y participer, on ne ferait rien, on n’inventerait rien, on n’essaierait rien.

Ne pas voter, ben oui pourquoi pas?

Si on ne vote pas, c’est qu’on a la sensation de n’avoir rien à défendre. Ok on rale, on n'est pas contents... J'entends déjà les discours bien huilés : "attention hein nous on fait gaffe ! Mais bon c’est vrai quoi ! Nous sommes quand même super forts, avec notre culture Française, riche de ses accomplissements, et de son saucisson ; la vie à la Française est bien établie, on mange bien, nous vivons dans un pays globalement riche, avec un système fonctionnel, on a le droit d’aller et venir à notre guise, d’aimer à égalité le cinéma afghan traduit en breton ou les comédies de Louis de Funès. Mais bon, les politiciens c’est tous les mêmes, tous pourris, je voterai pas, je préfère rester chez moi ou aller à la pêche, et puis on risque rien on est en France, non ? "

Eh oui… ce qui nous semble acquis ne nous semble pas utile d’être défendu… 

On baisse la garde, on s’assoit sur notre canapé et on regarde médusés les résultats du second tour en disant : « ohlala, c’est la faute de la gauche, de la droite, des Le Pen, de Daech, de Hollande, des migrants, des intégristes… ». Puis on change de chaine en se disant qu’on n’y peut rien, que c’est comme ça.

On laisse pourrir ? On attend les prochaines échéances ? Eh bien non, c’est inacceptable.

Défendre ses valeurs, sa Culture, ne devrait pas être réservé aux extrêmes.

Le non-vote, c’est-à-dire le fait de ne pas se déplacer aux urnes, démontre qu’une part trop importante de nos concitoyens ne comprennent plus ce qu’ils doivent défendre, prétextant que les politiques sont tous pourris, corrompus, menteurs, que ça ne sert à rien.

La Culture, celle de tout un chacun, celle complexe et diverse de notre pays, doit être à nouveau défendue et portée comme un étendard, par nous tous, dans une diversité qui reflète ce que nous sommes.

Ainsi, tous sont autant légitimes pour parler culture : extrêmes gauche ou droite, parti centriste, parti catho, PS, LR, FN, EELV… On peut venir de tous les milieux, ouvriers, aristocrates.

Chaque part de ce pays est une composante essentielle, et chaque part doit s’exprimer. C’est ce qui fait la beauté de la démocratie, sa faiblesse et sa force.

Il ne devrait y avoir aucun problème avec les extrêmes car ils ont toujours existé et fait partie de notre paysage politique, mental et culturel. Il y a par contre un véritable problème s’ils sont les seuls à s’exprimer, car ils s’expriment fort.

Ils ressentent, eux, le besoin de défendre une Culture, la leur, une façon de vivre, une façon de faire société, une façon de s’exprimer, et c’est ce qui leur confère une force que les autres n’ont plus.

Les autres, ils se sont endormis, campés derrière un mal-être qui même s’il est compréhensible, les met dans une pusillanimité bloquante, cachés derrière un flux continu d’images et de paroles.

En remettant la Culture dans son aspect universel au coeur du débat, on peut traiter l’ensemble des sujets et réapprendre à défendre nos valeurs, tous autant que nous sommes.

La Culture infuse toutes les problématiques que nous traversons au quotidien, et le droit à la Culture, autrement appelé « droit culturel », est un prisme transversal qui permet d’interroger et de débattre sur toutes les questions.

Prendre le droit culturel comme point central de la réflexion est une nécessité aujourd’hui. Aujourd’hui, très souvent on n’aborde la Culture que par le petit bout de la lorgnette. On a tout faux. 

Bien sûr c’est plus simpliste et cela permet aux personnes publiques de faire croire qu’ils sont compétents, qu’ils maitrisent le sujet. 

Parler de Culture, ce n’est pas seulement : Parler des intermittents; Parler du poids économique des industries culturelles; Parler des mode de subvention; Parler des artistes; Parler des amateurs; Parler des pépinières, des circassiens, des marionnettistes...

Parler de Culture, c’est parler de qui nous sommes.

C'est parler de nos droits : à l’expression, à la religion, à l’éducation, au logement, au travail, à l’égalité… A vivre !

Alors, parlons Culture, vraiment, vite. Et votons !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.