Un air mauvais de post-vérité ...

Jamais sans doute dans notre pays le mensonge d’état n’aura été à ce point instauré en art de gouverner. En écho à ces pratiques destructrices, les réseaux sociaux en rajoutent une couche et se déchaînent…

Compteurs Linky, fermeture de la centrale de Fessenheim, Covid 19, 5G … autant de sujets qui dans leur diversité ont donné lieu à de multiples échanges  et controverses incontrôlées … c’est à dire sans établir un « rapport de vérité » entre les discours et « la réalité », comme si ce rapport était hors sujet ….
Rapport complexe, il est vrai, qui nécessite de clarifier ce que l’on entend par le réel (ou la réalité) et ce que l’on entend par vérité …

L’analyse de Serge Leclaire (en 1971) ne me semble pas avoir pas pris une ride : << Le réel ne peut se saisir : il se donne en se dérobant comme angoisse ou comme jouissance. L'ordre des choses (ce qu'on appelle : la réalité) s'établit en masquant le réel, que les différents discours s'emploient à contenir …>> ((1))

Cette analyse se transpose aux discours que produisent les sciences dans leur rapport au réel, car le réel n’est jamais une donnée de l’expérience : comprendre la réalité d’un phénomène nécessite un langage, la construction d’un discours (une théorie) pour « exprimer » cette réalité. C’est précisément le but d’une théorie scientifique.

Pour donner un simple exemple, l’existence de la théorie de la gravitation est nécessaire pour « voir » la réalité de la chute des corps … Sans cette théorie, on verra une pomme tomber de l’arbre. Et l’on pourra en déduire n’importe quoi tant qu’on n’aura pas construit une théorie pour en parler précisément …
En 2011, une erreur moins évidente avait prévalu dans quelques journaux qui avaient annoncé (en première page et en gros titres) une expérience (réalisée au CERN) qui aurait « démontré » une faille dans la théorie de la Relativité : << Les physiciens n'en croyaient pas leurs instruments, mais ils pensent bien avoir mesuré une particule dépassant la vitesse de la lumière, pourtant considérée comme une «limite infranchissable» dans la théorie de la relativité d'Einstein….>> ((2))
L’erreur de cette annonce résidait sans doute dans la représentation de ce qu’est une expérience. Une expérience en tant que telle ne dit rien, elle est partie intégrante de la théorie en vertu de laquelle elle a été imaginée, elle se borne donc à produire un matériau que l’on peut décrire comme un élément de « théorie-réalisée ». Ce matériau n’est pas accessible directement mais seulement par la médiation de la théorie et de l’expérimentation construite en cohérence avec cette théorie.
Ensuite, il s’agit évidemment d’interpréter ce matériau.
Dans ce cas précis il s’agissait, parmi des milliers d’enregistrements de trajectoires de particules dans une « chambre à bulle », de trier celles susceptibles de fournir l’interprétation pertinente d’où résulterait la mesure de la vitesse recherchée …
On le voit donc, aucune immédiateté dans la production de résultats d’expérience.
Et dans l’histoire des sciences, de nombreux exemples attestent que des expériences produites et maintes fois reproduites fournissaient bien un bon résultat, un bon « matériau » … mais qui ne pouvait être ni vu, ni interprété, ni participer à la construction de la réalité … parce qu’il n’y avait pas de théorie adéquate pour le faire.

L’autre problème concerne les « vérités » produites par les sciences. Elles ne sont ni absolues ni définitives … ce qui n’est pas un point faible.
C’est au contraire le point fort de la méthode que d’être « falsifiable » c’est à dire de créer les conditions de sa critique et du dépassement de ses résultats : une théorie est admise dans un contexte défini, jusqu’au moment où l’on aura pu démontrer qu’elle est fausse ou que son champ d’application est plus limité que prévu…

Les théories scientifiques s’établissent donc et se valident dans un rapport à la réalité construit et contrôlé.
Occulter ce rapport à la réalité, c’est tout simplement mettre en faillite un langage qui permet de parler de ce qui nous est commun.
C’est donc une faillite de la communication.
Occulter le rapport à la réalité est donc une formidable régression. En lieu et place d’une « vérité scientifique » (admise sous contrôle) s’instaure un discours sur le réel (admis sans contrôle) qui se donne à voir « comme angoisse ou comme jouissance » pour reprendre Leclaire.
Et ce discours s’instaure, s’institutionnalise, s’institue dans l’imaginaire de la société dès lors qu’il prend appui sur des structures de communication elles-mêmes instituées dans la société.

 

Comment ne pas évoquer le COVID 19 et tous les commentaires auxquels a donné lieu la pandémie, sur les médias officiels comme sur les réseaux sociaux :
- de la part des représentants du gouvernement qui ont produit, au cours du temps, des discours contradictoires qui se donnaient pour scientifiques, alors que la « vérité scientifique » n’était pas complètement établie et que ces tâtonnements et tergiversations ont simplement contribué à discréditer leurs auteurs
- de la part de « spécialistes » du monde médical qui ont produit des contre-discours pour dénoncer les précédents … mais qui n’étaient pas plus scientifiques pour autant …
- de la part d’un grand nombre de YouTubeurs et FaceBookeurs qui se sont appropriés des bribes de discours des uns et des autres et on reproduit sans contrôle et massivement des « informations » non-vérifiées, souvent promues par des sites spécialistes des théories du complot…

En bref, ce qui s’est passé là est l’exact contraire d’une controverse scientifique et ces échanges ont été autant de coups portés à l’encontre de la représentation d’un processus (la controverse) qui permet de produire une « vérité » au sens où on l’a définie.
Compte tenu de l’échelle de ce phénomène social, on ne peut pas se contenter d’en parler en termes de mensonges ou de « fake news » : il semble important de s’y attarder quelque peu.

 

Parler à ce propos de post-vérité signifie que ces discours dépassent le cadre usuel d’une référence à la réalité et à la vérité, prise dans un sens général de connaissance reconnue. ((3)) - ((4))
La question n’est plus de garantir une valeur de vérité au discours … ce n’est pas le sujet.
Le but est de « créer du réel » qui sera pris pour la vérité et de le partager au maximum, pour susciter une adhésion qui se transmutera elle même en critère de vérité : si un discours est partagé des milliers de fois, c’est qu’il est vrai !!!
L’adhésion se déclenchera par des procédés usuels : dans les messages, il y aura souvent  une part de vérité qui instaurera une sorte de connivence intellectuelle qui fera « baisser la garde ». Ainsi passeront les éléments clefs d’un discours, se donnant l’apparence d’une construction cohérente sans qu’aucune référence à la réalité ne puisse en attester.
La connivence se fondera sur des pré-supposées « valeurs communes », se drapant par exemple en anti-conformisme (quand il s’agit simplement d’occulter toutes références), en défense des libertés individuelles (quand il ne s’agit que d’individualisme), en rejet du système (qui se réduit parfois à sa méconnaissance), ou en menace imaginaire.
Les méthodes développées ne sont plus celles de l’argumentation, elles s’appuient sur des mécanismes émotionnels, en référence à une angoisse ou à son déni (angoisse de la mort ou de la privation de liberté ce qui revient au même) et à un désir de reconnaissance (qui a quelque chose à voir avec la jouissance d’une sur-valorisation individuelle) dont attestera le fait de passer à la télé ou de produire et de diffuser des videos sur les réseaux pour comptabiliser un nombre maximum de pouces….

Comme le note Leclaire : le réel se donne en se dérobant comme angoisse ou comme jouissance … et la réalité s’établit alors en masquent l’expression de ce réel …

 

Un premier exemple historique mondial, incontesté, est fourni par le fameux discours de Bush Junior à propos des armes de destruction massive en Irak. Sur la base d’enquêtes d’observateurs sur le terrain qui ont permis de débusquer la réalité, une vérité historique fut établie : les armes de destruction massives étaient un pur mensonge.
Mais l’essentiel était que le discours puisse  « créer du réel », en dehors de la réalité et de tout contrôle, discours qui s’enracinerait dans une émotion, dans des sentiments nationalistes, dans l’imaginaire de citoyens Américains se vivant comme défenseurs de l’axe du Bienjouissance suprême qui validerait la légitimité d’une guerre de destruction « d’armes de destruction massives » qui n’existaient pas … alors qu’une finalité (inavouable dans son évidence) était de détruire un pouvoir local pour s’approprier les ressources pétrolières du pays.
Voilà donc un enchainement qui a pris du sens dans la construction du discours guerrier qui se moquait bien de la réalité et de la vérité historique.

 

On a déjà évoqué le cas COVID 19
Un évènement récent parmi d’autres illustre le phénomène que nous voulons décrire ici (les détails et références seront reportés en annexe pour ne pas trop alourdir l’argumentation. ((5)) et ((6)). En résumé :
- attribution à une ministre de propos tronqués, extraits d’une interview qui avait un tout autre sens que les propos mis en exergue.
- affirmations péremptoires quoique très approximatives concernant les résultats des tests, qui seraient « incapables de distinguer les sujets malades des personnes guéries »… alors que la marge d’erreur réelle serait de 10 à 17% ((7))
- dénonciation des mensonges du gouvernement (qui prétendrait l’existence d’une seconde vague, qui n’afficherait pas les vrais résultats de personnes contaminées et n’afficherait jamais les nombres de décès) … alors que le gouvernement adopte simplement une posture de précaution, essayant de prendre en compte tant bien que mal (et souvent plus mal que bien) la réalité du terrain et de l’occupation des salles de réanimation,
- déni d’une seconde vague (dont personne ne sait si elle va arriver vraiment) mais allant jusqu’au déni des cas réels de réanimation et de décès, alors qu'une alerte préventive peut se justifier par le nombre croissant de contaminations avérées et par les nouveaux décès qui ré-apparaissent après trois mois d’accalmie.
- en témoignent les graphes ci-dessous (que l’on trouve facilement sur internet, qui ne sont pas cachés … contrairement à ce qu’on peut lire.

evolutions


Au delà des mensonges avérés, ce qui frappe c’est donc la faculté de produire un discours construit, cohérent, mais complètement décollé de la réalité. C'est cette indifférence à la vérité qui est surprenante de la part d’un professeur de médecine, qui se pose ainsi en représentant et défenseur d’une cause qu’il maltraite par des arguments hors sol … qui ne sont pas à la hauteur de la nécessaire critique du gouvernement.
La moindre des choses serait d'enfoncer le clou de la responsabilité de ce gouvernement et des précédents dans leur stratégie de "rentabilisation" de la santé, en supprimant des lits d'hôpitaux et des personnels de santé.  Car la réalité du risque de saturation des réanimations tient à la possibilité d'emballement de la contamination, mais aussi et avant tout à un sabotage du service public de santé. Occulter les risques actuels de saturation des réanimations est une façon de se rendre complice de ce gouvernement dans sa gestion globale de la santé publique.

La gravité du propos est qu’il institue un renversement : la vérité devient mensonge…

 

Autre cas déjà évoqué : l’arrêt de la centrale de Fessenheim qui serait une hérésie, selon certains défenseurs du nucléaire.
À l’appui de leur propos, ils citent un bilan de l’ASN (Agence de Sureté Nucléaire) qui avait déclaré pour cette centrale un « fonctionnement acceptable, dans la moyenne des autres centrales ».
Mais ils occultent une caractéristique structurelle de cette centrale, tout à fait fondamentale et très justement signalée par l’ASN : un radier d’une épaisseur de 1,2 mètre, totalement insuffisante pour contenir une fusion du coeur en cas d’accident majeur. Pour mémoire, Fukushima avait un radier de plus de 3,5 mètres et le radier de l’EPR fait près de 9 mètres d’épaisseur (avec bien d’autres problèmes, cependant…).
Ainsi, au nom d’un objectif de dé-carbonation, certains occultent complètement cette réalité objective.
Position clairement surprenante de la part de certains scientifiques de profession comme par exemple le bien connu Jancovici (The Shift Project) qui déclare dans une video que les inconvénients associés à la filière nucléaire sont mineurs, totalement négligeables… ((8))
Ainsi, le risque n’existe pas.

 

On peut hélas constater la généralisation inquiétante de cette situation, pour de multiples sujets de société, donnant à penser que nous sommes entrés dans un ère de post-vérité.
On peut encore citer le débat qui s’enflamme autour de la 5G après celui sur le compteur LINKY …
Laissons tomber les affirmations farfelues de ceux qui prétendent que les ondes de la 5G ont propagé le CORONA virus jusqu’à nous, ondes reçus par la barre métallique de nos masques (dans leur partie supérieure) qui fonctionnerait "comme une antenne réceptrice". De sorte que les masques nous contamineraient au lieu de nous protéger…
Laissons tomber aussi les affirmations farfelues qui prétendaient que les compteurs LINKY étaient équipés d’une caméra infra-rouge capable de nous espionner en permanence. Une vidéo avait même été produite pour en faire la « démonstration »…
Il n’en demeure pas moins qu’on reconnaît chaque fois les mêmes ingrédients : l’évocation irrationnelle et obsessionnelle d’une menace qui occulte in fine toute analyse rationnelle et les questions de fond que peuvent poser ces techniques.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas prendre la mesure des champs électromagnétiques produits par ces dispositifs. Cela a été fait dans le cas du LINKY que certains militants traitaient de « cancérogène probable » … pour devoir admettre, après de multiples mesures, le niveau dérisoire des champs électromagnétiques produits. ((9))
L’ANSES a fort heureusement défini une stratégie de travail concernant la 5G, qui aboutira très vraisemblablement à des conclusions analogues concernant le rayonnement des antennes 5G. ((10))
Mais alors, que restera-t’il de tout ce bruit de fond entretenu par ces rumeurs infondées, sans aucun rapport avec la réalité des techniques mises en jeu et des mesures de contrôle effectuées à la demande ?

Là encore, la réalité disparait, la vérité devient inutile … voire nuisible.

Pourtant, chaque fois qu’une nouvelle technologie est proposée à la société et s’y développe, il est tout à fait fondamental d’exercer une vigilance critique concernant la totalité de ses aspects… sans occulter ceux qui peuvent aussi avoir une incidence positive...

Bien entendu, dans l’état actuel, ce sont des entreprises privées qui développent ces technologies et en tirent profit.
Mais on peut cependant préférer que des éoliennes soient installées sur notre territoire ou en mer, à proximité de nos côtes, plutôt que des centrales nucléaires ...
Dans cette logique, il était extrêmement regrettable de s’élever contre l’installation de compteurs LINKY sans même considérer la raison de fond : c’est un outil indispensable pour réguler les consommations dans le cadre d’une transition énergétique et d’un recours croissant aux Énergies renouvelables.
De la même façon, le combat contre la 5G ne devrait pas occulter la question de fond : une fois qu’on a éliminé des usages sans utilité sociale (comme la multiplication d’objets connectés et les voitures autonomes) quelle est l’utilité réelle de la 5G ? quelles industries en ont besoin ? Comment promouvoir un éventuel travail délocalisé à proximité de son domicile, préférant induire une consommation supplémentaire d'énergie pour les réseaux plutôt qu'une consommation de temps et d’énergie pour les transports ?
Comment se fait-il, là encore, que soit entretenue une confusion quant aux consommations et à l'efficacité énergétique de la 5G ? Effectivement, la 5G pourrait consommer 3 ou 4 fois plus que la 4G mais pour un débit qui pourrait être multiplié par 10 voire par 100. De sorte que la question qui doit être posée est celle de l’augmentation régulières des trafics sur réseau, avec ou sans 5G …

Puisqu'il est question d'efficacité énergétique, ajoutons quelques mots quant à l'annonce faite par le gouvernement de lancer un grand plan hydrogène.
On pourrait penser que c'est une bonne chose et s’en réjouir s'il était question d'utiliser une sur-production d'électricité produite par les EnR (énergies renouvelables), par nature intermittentes, pour fabriquer de l'hydrogène que l'on peut alors stocker avant de l'utiliser comme vecteur énergétique ...
Sauf que ce n’est pas de cela qu’il est question dans le plan gouvernemental :
- on est bien loin d’une sur-production des EnR
- on attend toujours un plan d’investissement massif nécessaire au développement des EnR.
- de ce fait, le gouvernement envisagerait (dans son discours) d'utiliser l'électricité nucléaire pour fabriquer cet hydrogène et il justifie ce choix par l'objectif de faire rouler des camions à hydrogène pour polluer moins ...

Sans trop rentrer dans les détails, on peut comprendre que passer par l’intermédiaire d’un rendement médiocre (qui est celui de la fabrication d’Hydrogène) n’a de sens et d’intérêt économique que si l’énergie primaire est gratuite (le vent, le soleil, les courants marins, les vagues...).
Mais tel n’est pas le cas avec le nucléaire. Et tout le monde comprendra qu’un bien meilleur rendement est obtenu en utilisant directement l’énergie électrique (plutôt que de passer par l’hydrogène). La vraie solution (économique, écologique, sanitaire) consiste donc à remplacer massivement le transport routier par le transport ferrovière. En planifiant donc, sur quelques années, ce passage au rail. ((8)).
Ce raisonnement est tellement évident qu’on doit se poser la question : comment se fait-il que ce n’est pas cette rationalité qui emporte la décision politique ?
Si on fait l’hypothèse que les décideurs ne sont pas (ou pas tout à fait) stupides, un élément de réponse réside dans l’aveuglement induit par un système de pensée dominant, ultra-libéral, ultra-structuré, dont la seule vraie rationalité est celle de la maximisation du profit. Cette rationalité là occulte toute recherche rationnelle de la vérité (y compris lorsque l'analyse de la réalité est incontestable sur le plan scientifique et technique).
Plus précisément, ces références à la réalité et à la vérité deviennent hors sujet.

 

Cette ère de post-vérité qui s’institue doit nous inquiéter au plus haut niveau.
En effet, << comment résister à l’autonomie pure du discours qui se détache de ses conditions de validation ou de vérification. L’acte même de vérification est rendu caduc par l’indifférence au vrai. >> ((3)).
Il s’agit là d’une vraie menace contre la démocratie.
La solution passe par l’insoumission !

 


((1))
https://www.seuil.com/ouvrage/demasquer-le-reel-serge-leclaire/9782020027601
Démasquer le réel. Serge Leclaire

((2))
https://www.la-croix.com/Semaine-en-images/Une-experience-du-Cern-remet-en-question-la-theorie-de-la-relativite-_NG_-2011-09-23-714777
Les physiciens n'en croyaient pas leurs instruments, mais ils pensent bien avoir mesuré une particule dépassant la vitesse de la lumière, pourtant considérée comme une «limite infranchissable» dans la théorie de la relativité d'Einstein.

((3))
https://theconversation.com/pour-mieux-saisir-la-post-verite-relire-hannah-arendt-71518
« Pour mieux saisir la post-vérité, relire Hannah Arendt »
« Un concept encore assez mal défini, et qui fut forgé en réaction à une série d’événements politiques et géopolitiques dont le mensonge de Bush Junior à propos des armes de destruction massive en Irak est le préalable, mais dont la multiplication, de la propagande du Brexit au grand déballage de « Bullshit » de Trump sont la consécration. » 
Article absolument crucial…

((4))
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%88re_post-v%C3%A9rit%C3%A9
Ère post-vérité

((5))
À propos de l’interview de la ministre des sports :
https://planetes360.fr/coucou-les-cons-les-decisions-gouvernementales-ne-sont-pas-prises-en-fonction-de-la-realite-de-la-circulation-du-virus/
<< Les décisions, aujourd’hui, ne sont pas prises en fonction d’une réalité qui serait celle de la circulation du virus, PUISQU’ON NE SAIT PAS COMMENT LE VIRUS SE TRANSMET CLAIREMENT AUJOURD’HUI. Les décisions qui ont été prises c’est pour dire DANS VOTRE VIE PERSONNELLE ET DE LOISIR, il faut continuer à être disciplinés comme vous l’êtes LORSQUE VOUS AVEZ LA PRESSION SOCIALE DE LA VIE EN COLLECTIVITÉ, AU TRAVAIL, DANS LES TRANSPORTS OU DANS LA RUE. IL FAUT QUE DANS NOTRE VIE SOCIALE À TOUS IL FAUT QU’ON CONTINUE À FAIRE ATTENTION POUR ÉVITER UN DEUXIÈME CONFINEMENT.>>
Déclaration prudente, on le voit…

((6))
https://planetes360.fr/pr-toussaint-ils-assument-publiquement-des-decisions-qui-ne-sont-plus-fondees-sur-la-realite/
Un journaliste de SUD RADIO interviewe ensuite un professeur de Médecine très présent à la télé … sous le titre :
"Ils assument publiquement des décisions qui ne sont plus fondées sur la réalité »
Où l’on voit clairement le détournement du sens obtenu en tronquant la déclaration réelle rapportée ci-dessus.
Cet enregistrement commence ainsi :
<< 0:13 Il y a d’abord une tribune signée par plus de 270 scientifiques (dont les Pr Perrole, Toussaint…) 270 scientifiques qui parlent et critiquent les dérives de la politique sanitaire du gouvernement Français. Ils disent:
<< L’idée d’une 2° vague reproduisant le pic de Mars Avril 2020 n’est pas un constat empirique. C’est une théorie catastrophiste issue de modélisation fondées sur des hypothèses non vérifiées, annoncées dès le mois de Mars et ressorties des cartons à chaque étape de l’épidémie…>>
<< Les autorités sanitaires Françaises ne parviennent pas à stabiliser une communication honnête sur les chiffres de l’épidémie. Elles ont surtout abandonné l’indicateur fondamental : la mortalité, pour ne retenir que la positivité de certains tests, pourtant incapables de distinguer les sujets malades des personnes guéries. Les autorités sanitaires ne s’interrogent pas non plus sur la sur-mortalité à venir des autres grandes causes de décès (cancer, maladies cardio-vasculaires) dont la prise en charge est délaissée, ni sur le fait qu’une partie de sujets classifiées décédées de la COVID sont en réalité mortes en raison d’une autre pathologie, mais classifiées COVID parce qu’elles étaient porteuses du virus…>>
Écoutez, c’est autant de bombes à fragmentations, cela…
2:02 Il y a une autre pétition signée de 7 professionnels de santé qui mettent en garde contre une 2° vague bien plus difficile à gérer par les hôpitaux et services de réanimation que la 1° et appellent à mettre en place des mesures drastiques …>>

((7))
https://www.coronavir.org/la-maladie-covid-19/Tests-COVID-19-positifs-apres-guerison
Tests COVID-19 positifs après la guérison du patient
<< Des rapports médicaux montrent que 10% à 17% des patients déclarés guéris peuvent être testés positifs au COVID-19 plusieurs jours ou semaines après leur guérison.>>

((8))
https://blogs.mediapart.fr/jeanpaulcoste/blog/190920/pib-energie-co2-faut-choisir
PIB, ENERGIE, CO2 … faut choisir ?

((9))
https://blogs.mediapart.fr/jeanpaulcoste/blog/030917/populisme-de-gauche-populisme-de-droite-linky-populisme
Populisme de gauche… populisme de droite… « Linky-populisme »…

((10))
https://blogs.mediapart.fr/jeanpaulcoste/blog/010920/j-veux-du-soleil-de-la-pluie-et-pourquoi-pas-la-5g
J’veux du soleil, de la pluie, et pourquoi pas la 5G …

 


P.S. 18-10-2020
Manière de voir : Numéro 172. Bimestriel. Août - septembre 2020
Fake news, une fausse épidémie ?


 

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