Nos parents, grands parent… étaient des idiots ?

Plutôt que s’enrichir personnellement ils ont créé, construit, défendus selon l’époque les services publics et la Sécurité sociale.

Ils sortaient vainqueurs, mais affaiblis et décimés d’une épidémie de peste brune. Propagée par le virus du totalitarisme, cette peste morale soutenue par de grandes entreprises internationales avait fait des millions de morts. Afin de l’éradiquer les résistants à cette peste avaient rédigés un texte plus connu sous le nom des « jours heureux » ou programme du Conseil National de la Résistance. Grâce à la réalisation de ce programme, nous avons grandi dans un monde plus accueillant, plus solidaire même si ceux qui avaient auparavant soutenus les propagateurs de la peste brune reprenaient du poil de la bête (immonde) et peu à peu en érodaient la construction.

Aujourd’hui alors que nous sommes confrontés à une épidémie d’une autre sorte nous prenons conscience que ce qui nous protège encore  est l’héritage de nos parents, grands parent. Que ce soit grâce à l’œuvre des agents du service public ou des entreprises auxquelles ces missions ont été déléguées et qui tant bien que mal en ont gardé l’esprit où en serions-nous ? 

Ce même esprit de solidarité et de dévouement qui, bravant la peur qui nous est commune, permet aux caissièr-es, magasinier-es, transporteur-ses et producteur-trices d’assurer la continuité d’approvisionnement des ressources alimentaires. Ce même esprit  de solidarité et de dévouement dont font preuve les aides à domiciles, les personnels du secteur social et médicosocial pour continuer de soutenir une population en situation de dépendance ou de handicap. Ce même esprit de solidarité et de dévouement qui fait que les ordures ménagères soient toujours collectées pour éviter le pire, l’énergie, l’eau, les communications, la poste et les transports toujours à disposition de la population, les pompiers et ambulancier-es toujours mobilisés. Les fonctionnaires des finances publiques et les enseignant-es qui seront là pour nous aider à réparer tout ce gâchis et continuent à minima pour certains à assurer leur mission. Les policier-es et gendarmes, même si parfois nous nous sommes affrontés quand ils appliquaient de manière trop zélées les ordres d’un pouvoir oppressant. Forcement j’en oublie tant il y a aujourd’hui de volontés qui se conjuguent pour que la vie continue. Ils y a aussi celles et ceux qui appliquent la consigne du confinement tant qu’on n’a pas d’autre solution pour éviter le pire et s’opposent pour certain-es à prendre le risque de propager le virus en se refusant à continuer des activités, non nécessaires à la survie si ce n’est celles des actionnaires ou des propriétaires d’outils de production.

Et puis il y a les soignantes et les soignants et tous les personnels nécessaires au fonctionnement du dispositif de soin, vous savez celles et ceux que les politiques au service de la finance traitaient de privilégié-es il y a encore quelques semaines. Gazé-es et matraqué-es hier, applaudi-es aujourd’hui. Ne vous y trompez, aujourd’hui en première ligne et demain à rattraper tout ce qui n’aura pas pu être fait hors l’urgence, leur œuvre pacifique est très loin d’être terminée. Elles et ils en paieront le prix cash. Demain l’addition sera sévère, combien auront laissé la vie ou la santé à préserver celle des autres. Aujourd’hui déjà des résistances aux injonctions du pouvoir s’expriment parmi les soignants. Et cela doit nous donner un signal de révolte.

Nos gouvernants englués au service d’un productivisme inhumain, aveuglés par l’économie atermoient en consignes contradictoires et ne savent répondre qu’en lois liberticides et antisociales en se préparant à mater toute velléité de revendications sociales à l’issue de la crise.

Vous qui applaudissez aujourd’hui, n’oubliez pas demain de soutenir celles et ceux qui vous servent sans rechigner aujourd’hui, les soignant-es et tous les autres, ce n’est pas d’une prime qu’ils ont besoin, c’est de la reconnaissance de leur métiers quel qu’il soit, de moyens pour l’exercer et d’une juste rémunération.

Demain il faudra que les politiques qui ont appliqué le totalitarisme économique rendent des comptes à la population.

Demain nous honorerons nos morts par la lutte pour un nouveau plus jamais ça ! Demain nous honorerons nos parents et grand parents pour nous avoir donné en héritage bien plus qu’une richesse mobilière ou financière celle de ces biens communs que sont les services publics, la Sécurité sociale, le code du travail et l’esprit qui va avec et nous sauve aujourd’hui.

Nos parents, nos grands-parents n’étaient pas des idiots, demain nous n’oublierons pas et honorerons leur mémoire en luttant pour une société meilleure, solidaire et sociale, humaniste et bienveillante, respectueuse de notre environnement et débarrassée des virus qu’ils soient physiques, politiques ou moraux!

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