Congo : un journaliste critique du pouvoir prend six mois de prison

Raymond Malonga, directeur de l’hebdomadaire satirique "Sel-Piment", aurait diffamé Georgette Okemba, épouse de l’Amiral Jean-Dominique Okemba, conseiller spécial du président Denis Sassou Nguesso, l’accusant d’avoir détourné un milliard de FCFA (1,5 million d’euros) du Trésor public.

Congo : un journaliste critique du pouvoir prend six mois de prison

Congo : un journaliste critique du pouvoir prend six mois de prison

Le président Denis Sassou-Nguesso, à Brazzaville, le 19 mars 2021.   -  

Le directeur d’un hebdomadaire satirique congolais critique du régime du président Denis Sassou Nguesso, arrêté début février, a été condamné lundi à six mois d’emprisonnement ferme et à payer une lourde amende, a appris l’AFP auprès d’une ONG.

"Raymond Malonga, 60 ans, a été jugé devant la Chambre correctionnelle du tribunal de Brazzaville qui l’a reconnu coupable de diffamation, l’a condamné à six mois de prison et à payer une amende de 30 millions de FCFA (plus de 45 000 euros)", a déclaré Trésor Nzila de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH). L’information a été confirmée à l'AFP par sa famille et plusieurs journalistes locaux l’ont relayée sur les réseaux sociaux.

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Raymond Malonga, directeur de l’hebdomadaire satirique "Sel-Piment", aurait diffamé Georgette Okemba, épouse de l’Amiral Jean-Dominique Okemba, conseiller spécial du président Denis Sassou Nguesso, l’accusant d’avoir détourné un milliard de FCFA (1,5 million d’euros) du Trésor public. Arrêté début février sur le lit dans une clinique où il suivait un traitement, il avait été conduit directement à la maison d’arrêt.

Peu avant son journal avait été suspendu pour une durée indéterminée par le Conseil supérieur de la liberté de communication que dirige Philippe Mvouo, un ancien ministre (2002-2007) et membre du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir). Sa condamnation intervient le 3 mai alors que le monde célèbre la Journée internationale de la Liberté de la presse.

"Par cette condamnation (du journaliste Malonga) le Congo envoie un signal négatif et inquiétant de la liberté de la presse", a indiqué Trésor Nzila. "On ne peut pas écoper d’une peine d’emprisonnement pour diffamation et d’une amende qui n’est pas proportionnelle à la faute", a-t-il encore dénoncé.

En 2020 le Congo a occupé la 118e place sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

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