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Billet de blog 8 mai 2022

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(Congo) Le bois fort de Rosalie

La production de bois  du Congo-Brazzaville devrait s’améliorer cette année, selon une récente projection de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Elle pourra atteindre 2,420 millions de m3 contre 91,3 mille de m3   en 2021.

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AVERTISSEMENT 

Chers lecteurs,

Chères lectrices,

Chers amis,

Bonjour, 

CONGONEWS-BRAZZAVILLE, votre Blog, vous présente ses très sincères excuses si, durant près de quatre (4) mois, nous n’avons pu rien publier ici. Cette rupture a été indépendante de notre volonté. 

En effet, notre  Blog, votre Blog, n’a plus rien publié depuis janvier 2022 du fait d’une censure de la Commission de censure de Médiapart, pour avoir, dans certains de nos articles, dénoncé les dérives du système Sassou et son PCT et d’avoir interpellé des membres de son gouvernement. Et ce n’est pas la première fois que nous subissons cette censure. 

Pour reprendre notre travail de sensibilisation sur la politique néfaste de Sassou Nguesso qui nous vaut des censures répétées pour nous museler, nous mettons à votre disposition ce document qui  traite de la gestion forestière de Sassou Nguesso et son Clan. 

Chers lecteurs, chers lectrices et chers amis, nous ne pouvons pas vous garantir la survie de ce document ici et nous ne savons pas combien de temps ce document va rester ici, car le Service ou Commission de censure peut frapper à tout moment, à la demande du système de Brazzaville.

Ne soyez donc ni surpris ni étonnés si, après cette publication, ce document disparait et est dépublié par la Commission de censure.

Sassou et son clan ne veulent pas que leurs crimes économiques et de sang soient étalés à la place publique. C’est à cela que s’emploie la Commission de censure de Médiapart qui nous traque. Ce qui ressemble à du harcèlement sur commande. 

En attendant, nous vous en souhaitons une bonne lecture !

LE COMITE DE REDACTION 

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LE BOIS FORT DE ROSALIE 

Merci  

 Ce n’est pas de Rosalie, la malienne ou sénégalaise, immortalisée par Célestin Nkouka et les Bantous de la capitale dans la chanson « Rosalie Diop » dont il est question. C’est de Rosalie Matondo, ancienne élève du CEG de la Paix et du lycée de la Révolution dont il s’agit. Sourire enrobant, regard vert ambré cerné de mélancolie, Rosalie Matondo, la fervente protestante a le charme doux des contrebandières. Il est inhabituel que le partant désigne son successeur. C’est ce qui pourtant est arrivé au ministère des Eaux  et forêts. Comme à la SNCF, au Congo-Brazzaville, tout est possible. 

Sur un plateau 

Rosalie Matondo a une voix douce et une autorité naturelle qui ne cache pas un sourire pétillant. Arlette Soudan Nonault  et Destinée Hermella Doukaga en  savent quelque chose. Ces deux dames de pique d’Anatole Collinet Makosso ont titillé l’ours. Elles se sont heurtées à un mur. Rosalie Matondo a remporté tous les arbitrages face aux litiges administratifs contre Arlette Soudan Nonault et Destinée Hermella Doukaga.  Le nom de Rosalie Matondo a été soufflé aux oreilles de Denis Sassou Nguesso par Henri Djombo. « Pondou ya mobesso na ndako ya taba ». Et, depuis, le nom de Rosalie Matondo n’a pas quitté le cœur de Denis Sassou Nguesso. L’ex inamovible patron des Eaux et Forêts et l’un des plus riches comme Crésus du régime Sassou, Henri Djombo, a assuré ses arrières au Ministère des Eaux et forêts en y plaçant son poulain. 

L’ex préfet de la Likouala, le caporal-chef Gilbert Djombo Momondjo qui se vante d’avoir 4 milliards de francs CFA n’arrive pas au niveau de sa cheville. On est mieux servi que par soi-même. Résultat : pas de droit d’inventaire à la prise des fonctions de Rosalie Matondo, « mwana ouénzé », née à Fort Lamy, au Tchad, de parents du Congo-Brazzaville originaires de Mbanza Mpoudi. Pas de remise en cause des permis d’exploitation forestière concédés à l’une des filles de Denis Sassou Nguesso et aux sociétés asiatiques qui dévastent l’écosystème. Le reboisement n’a pas suivi le rythme des abattages. Rosalie Matondo n’a pas daigné participer au jeu de massacres entre petis coquins. Rosalie Matondo veille aux grains. Henri Djombo coule des jours heureux avec une retraite dorée, lui qui a transformé le port de Douala au Cameroun en une porte de sortie des grumes du Congo-Brazzaville, échappant ainsi à la comptabilité nationale. Avec un sens de la défense de l’intérêt particulier de Henri Djombo que l’on dit chevillé au corps, Rosalie Matondo recouvrera-t-elle son autonomie ?  On ne crache pas dans la main qui vous nourrit. Rosalie Matondo a choisi une stratégie qui ne fâche personne mais ne résout rien.     

Hausse  

La production de bois  du Congo-Brazzaville devrait s’améliorer cette année, selon une récente projection de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).  

Elle pourra atteindre 2,420 millions de m3 contre 91,3 mille de m3   en 2021. 

La hausse des exportations de bois est liée à la situation actuelle du marché international. Cette hausse intervient après deux années de déclin de production dû à la pandémie de Covid-19, entrainant la baisse de contribution du secteur au Produit intérieur brut (PIB) à 4,45%), contre 6% auparavant.  

La production forestière a atteint 3,8 millions m3 en 2019, peu avant la recrudescence de la pandémie covid-19, soit pour les futs (48,64), les grumes (41,46%), les sciages (9,43%), les placages (0,41%) et les contre-plaqués (0,05%). D’après la même source, les exportations des produits forestiers ont atteint 1,013 million mdurant la même période pour une valeur de 145,1 milliards FCFA (Les dépêches de Brazzaville, 4 mai 2022).   

Tronçonnage  

Des pans entiers de forêts ont été pillés dans  la Likouala, la Lékoumou et le Niari. C’était à la fin du siècle dernier, à l’époque où régnait Henri Djombo au Ministère des Eaux et Forêts. Une dizaine d’exploitants forestiers à l’instar de Mavoungou Ma Mbongo, Bernard Koumba (KB), Joseph Ngouma, SFGC Goma, Nzoungou Auguste (NZA), Bikoukous   à Dolisie dans le Mayombe avaient perdu espoir suite au tronçonnage, sans vergogne, des anciennes futaies de limba, Kambala, scipo, d’Acajou et d’Okoumé. Vraisemblablement par des bandes organisées avec la complicité des cadres administratifs, militaires et politiques. 

Choquantes, ces coupes rases révèlent une tendance. A savoir que le bois est devenu une ressource de plus en plus recherchée. Avec sa large superficie forestière, la troisième  dans le Bassin du Congo, le Congo-Brazzaville  recèle un écosystème vivant d’une richesse insoupçonnée. Mais, paradoxe, alors que sa taille a baissé de 30 %  depuis les années 60, et que la capitale de l’or vert, Dolisie, exporte beaucoup de bois, le Congo-Brazzaville continue d’importer en nombre des produits transformés. Du papier-carton, des meubles ou même des table-bancs (Cf le passage de Hellot Mampouya au Ministère de l’Education nationale). Serait en cause, selon la Cour des comptes, l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi, l’« insuffisante intégration entre l’amont et l’aval, entre l’offre et la demande de bois », qui se traduit par un déficit de la balance commerciale. 

Pour Rosalie Matondo et la filière bois qui contribue à hauteur de 4,45 % à 6 % au produit intérieur brut (PIB) et l’instauration du système de certification des forêts, l’avenir s’annonce radieux comme dans un ciel clair après l’orage. Pour les finances du Congo-Brazzaville et pour la poche aussi de Rosalie Matondo.     

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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