(Congo) COMMUNIQUE : Denis Sassou Nguesso n’est pas le Congo

La santé de Denis Sassou Nguesso se dégrade dangereusement et il est sous oxygène jusqu’à deux à trois heures par jour sous la surveillance de trois médecins cubains.

 Denis Sassou Nguesso n’est pas le Congo

Communiqué de presse relatif à la santé de Denis Sassou Nguesso

La santé de Denis Sassou Nguesso se dégrade dangereusement et il est sous oxygène jusqu’à deux à trois heures par jour sous la surveillance de trois médecins cubains.

Depuis quelque temps, il est absent aux conseils des ministres.

De plus, à la suite du hold-up de l’élection présidentielle de mars 2021 qu’il a commis en n’appliquant pas l’article 70 de la Constitution du Congo, le peuple congolais ne lui reconnaît plus aujourd’hui la qualité de Président de la République.

Cet état de fait est très préoccupant pour le Congo et pour les Congolais qui ne veulent pas se retrouver dans la même situation que la Côte-d’Ivoire au moment de la mort du président Félix Houphouët-Boigny où l’on avait gardé secret son décès durant plusieurs mois, le temps de lui trouver un successeur.

C’est pourquoi le CDRC interpelle le PCT, parti au pouvoir, afin que Denis Sassou Nguesso puisse s’exprimer devant le peuple Congolais avant qu’il ne meure.
Denis Sassou Nguesso a été un acteur majeur de la vie politique tumultueuse du Congo, mais il est aussi l’auteur des errements économiques dans lesquels il a entraîné le pays.

Le CDRC rappelle à la Chine que cette dette engage M. Sassou Nguesso et son clan et non le Peuple Congolais. La Chine ne peut donc prendre en otage le Congo au nom de cette dette qui ne l’engage pas.

Quand la Chine dit que le peuple congolais est incapable d’une insurrection populaire, elle se trompe car le Congo n’est pas la Chine. Le Congo a déjà connu des insurrections populaires et peut encore en connaître. Mais la Chine a raison de souligner auprès de M. Sassou Nguesso que son successeur issu d’une insurrection populaire aura parfaitement le droit de ne pas reconnaître cette dette.

Le CDRC appelle le Peuple Congolais à l’unité dans le combat pour s’opposer dès maintenant aux manœuvres visant à imposer comme successeur Christel Denis Sassou Nguesso, un homme traqué par de multiples procès à travers le monde, notamment en France, en Espagne, en Suisse, au Canada et aux États-Unis d’Amérique.

Même si la Cour constitutionnelle est capable de violer à nouveau la Constitution dont elle a la charge (comme elle l’a fait lors de la dernière élection en refusant de dire le droit et d’appliquer son article 70), nous lui rappelons que la Constitution du Congo de 2015 dispose en son article 66 : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est de nationalité congolaise d’origine (République du Congo) et s’il n’est de bonne moralité. »

L’interprétation de cet article n’est pas sujet à discussion. Christel Denis Sassou Nguesso est né de Denis Sassou Nguesso et de mère étrangère. Il n’est donc pas Congolais d’origine de la République du Congo.

En conséquence, le PCT doit savoir que la nomination du fils de Denis Sassou Nguesso comme successeur posera d’énormes problèmes au Congo.

Pour maintenir la possibilité de vivre tous ensemble, le CDRC en appelle à la mobilisation de tous les Congolais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, pour unir ce qui est épars. Si nous voulons sortir le Congo du chaos, l’heure n’est plus aux atermoiements des uns et des autres. Si nous voulons éviter l’explosion de notre intégrité territoriale, nous devons absolument dépasser les clivages idéologiques et tribaux dans lesquels le Congo a été enfermé.

Avant que Denis Sassou Nguesso ne quitte la terre des Congolais, il est nécessaire et urgent qu’il choisisse la voie de l’apaisement et de l’union nationale. Cette voie passe par un dialogue international sous la forme d’une Conférence internationale pour la renaissance du Congo dont les grandes lignes seront posées au cours d’une Table Ronde. Voilà comment nous pourrons résoudre tous les problèmes qui gangrènent la vie des Congolais et reconstruire le Congo-Brazzaville.

Pour cela, le CDRC entend compter sur les amitiés solides des partenaires séculaires du Congo avec lesquels nous avons une histoire commune, aussi dure et tragique soit-elle parfois.

Modeste Boukadia

Paris, le 13 juillet 2021

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