Congo : crimes non comptabilisés et impunis...

On parle de délestage lorsqu’il s’agit de distribution alternée dans les réseaux d‘électricité ou d’eau, etc., afin d’éviter que telle ou telle zone ne soit trop longtemps dépourvue d’électricité ou d’eau... Cependant, qui a déjà entendu parler de « délestage » dans la vie quotidienne des ménages, des familles… au Congo-Brazzaville ?

CRIMES, ASSASSINATS INDIRECTS, IMPUNIS, AU CONGO-BRAZZAVILLE

DELESTAGE. VOUS CONNAISSEZ ?

Bien sûr que oui ! Le mot « délestage » nous est très familier et n’est inconnu de personne.

On parle de délestage lorsqu’il s’agit de distribution alternée dans les réseaux d‘électricité ou d’eau, etc., afin d’éviter que telle ou telle zone ne soit trop longtemps dépourvue d’électricité ou d’eau. En fait, on prive une zone donnée d’eau ou d’électricité pour en attribuer à une autre, à tour de rôle. C’est ce qui, en la matière, se passe dans toutes les grandes villes du Congo, quand elles ne sont pas, toutes, plongées dans l’obscurité totale. Il en est de même pour la distribution d’eau, etc.

Ceci dit, qui a déjà entendu parler de « délestage » dans la vie quotidienne des ménages, des familles… au Congo-Brazzaville ?

L’autre jour, je discutai avec un ami vivant encore au Congo. Il m’expliqua et me fit comprendre comment il est difficile pour lui et sa famille de joindre les deux bouts quand on ne sait pas quand « tombera » le paiement du prochain salaire mensuel, dans la mesure où on connaît des mois de 45, 50, 60 ou 90 jours, voire plus.

Alors, l’homme congolais est très ingénieux, si nous pouvons considérer cela comme de l’ingéniosité. Pour que tout le monde puisse grignoter quelque chose, pour essayer de calmer les aigreurs d’estomac dues à la faim, certaines familles se sont mises à s’appliquer le terme « délestage ».

Au niveau de ces familles, faute de moyens financiers pour faire manger tout le monde chaque jour, matin, midi et soir, on se passe premièrement du petit-déjeuner. Pour le reste des repas, les parents et les enfants en âge de raisonner se réunissent et décident, ensemble, d’un commun accord, qui doit manger à midi et qui doit manger le soir. Ainsi, ceux qui ont mangé à midi se passent de tout repas le soir pour faire place à ceux qui n’avaient pas mangé à midi. Ainsi de suite. Les membres de la famille, parents comme enfants, s’appliquent le tour de rôle. C’est ce qu’on appelle le délestage.

Devant cette situation intenable et inacceptable, certains parents optent pour le jeûne indéterminé afin que tours leurs enfants puissent manger soit à midi, soit le soir, quand il ne leur est pas possible de leur offrir les repas de midi et du soir.

Dans cette situation, pouvons-nous évoquer les cas de malnutrition ? Et les morts y relatifs ? Des assassinats indirects de M. Sassou et son clan. Ils ne seront jamais comptabilisés dans le calcul des personnes assassinées par Sassou Nguesso et son Clan de Mbochis d’Oyo.

A propos des salaires, des pensions de retraite et des bourses qui ne sont plus payés régulièrement. Six mois, au bas mot, pour les salaires ; un an voire deux ans pour les retraites et 72 mois pour les bourses (cas des Etudiants congolais à Cuba).

Combien donc M. Sassou et son clan assassinent-ils de Congolais chaque jour ?

L’autre jour, je discutai avec un ami revenu de Brazzaville où il a été rendre visite à sa famille. Il me rapporte que les Congolais tombent comme des mouches. Les diabétiques faute d’argent (rareté des salaires ou pensions de retraite incertaines) meurent « bêtement » parce qu’ils leurs manquent 3000 à 5000 Frs Cfa pour se faire soigner. Les cas les plus pitoyables encore, c’est de voir un parent, impuissant, voir mourir son enfant, son père, sa mère ou ses grands-parents parce qu’il manque 1000 Frs Cfa pour le soigner contre le paludisme. Je dis bien : 1000 Frs Cfa.

Toutes ces personnes meurent, chaque jour, assassinées, par Sassou et son clan du fait de la médiocrité, de l’incompétence, de l’inhumanité et de la mal gouvernance du pays.

Et quand on lit ici et là, dans le Monde Afrique par exemple, que des prédateurs, des vautours et des lèche-bottes des partis politiques français de droite, de gauche et du centre, voire des extrêmes, défilent auprès du grand manitou congolais devenu Grand Distributeur Automatique des Billets de Banque (GDABB), la dignité a perdu ses lettres de noblesse.

Certes, Sassou et son Clan ont été catapultés par le bout d’un canon français et installés à la tête du Congo par la France, au nom de ses intérêts, sur fond de fleuves de sang et de larmes des « indigènes » congolais. Il est donc compréhensible que tout ce beau monde se précipite auprès de leur créature pour aller récupérer, chacun à son tour, ce que nous pouvons appeler : « l’IMPÔT SUR LE FAUTEUIL » ! Les croque-morts n'ont que faire des cadavres...

Et tant pis si 1000 enfants, 1000 femmes, 1000 hommes, 1000 vieillards meurent chaque jour parce qu’ils n’ont pas mangé, parce qu’ils n’ont pas pu avoir, qui 5000 Frs Cfa pour un diabète, qui 1000 Frs Cfa pour se faire soigner du paludisme, parce que les salaires, les pensions de retraite et les bourses sont devenus un mirage ! Mais, il y en a toujours et assez pour les courtisans français et l’achat des armes et munitions de guerre.

Allez, Mesdames, Messieurs les Invités, dégustez notre « Mulenge » fait maison ! Bonne dégustation !

Fwanda MAZALA

 

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