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Billet de blog 16 oct. 2021

Congo : Léger frémissement du budget 2022

Les relations entre l’Institution de Bretton Woods et Brazzaville battent de l’aile depuis la publication des faux chiffres de la dette. En attendant de voir de quel côté va tomber la pièce de la négociation entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Congo-Brazzaville..., le projet de loi de finances (PLF) a été approuvé en Conseil des ministres le 7 octobre 2021.

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LEGER FREMISSEMENT DU BUDGET 2022

Recettes et dépenses

Les relations entre l’Institution de Bretton Woods et Brazzaville battent de l’aile depuis la publication des faux chiffres de la dette. En attendant de voir de quel côté va tomber la pièce de la négociation entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Congo-Brazzaville relancée le 24 septembre 2021, le projet de loi de finances (PLF) a été approuvé en Conseil des ministres le 7 octobre 2021.

Cette fois-ci, c’est Rigobert Roger Andely qui s’y colle en qualité de Ministre des finances assisté de Ludovic Ngatsé, ministre délégué au budget. L’époque où le budget tutoyait des sommets est révolue. Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. Le budget 2022 du Congo-Brazzaville est fait de ce bois. Le budget 2022 accuse une légère hausse de 15 %. La conjoncture économique mondiale l’impose. 

Bonus

Le projet de loi de finances exercice 2022 se présente ainsi qu’il suit :

Globalement, le budget passera de 1672 milliards de frs CFA en 2021 à 1925 milliards en 2022, soit 234 milliards de plus et 15% d’augmentation, ce qui ramènera le budget aux niveaux d’avant 2019. Mais, très éloigné du budget de 4 117 397 milliards de francs CFA en 2014 ramené à 3800 milliards à la suite du collectif budgétaire. Des montants qui avaient donné du tournis à Denis Sassou Nguesso, Gilbert Ondongo, Jean-Jacques Bouya, Denis Ngokana, Lucien Ebata, Bruno Jean Richard Itoua enivrés par l’odeur des pétroCFA.

Les recettes non pétrolières sont attendues à hauteur de 20% de la masse totale avec, par exemple, 8 milliards de frs CFA attendus du secteur forestier ; les recettes pétrolières devraient quant à elles augmenter de 13% en 2022, sur la base de trois hypothèses :

· Une production nationale de 110 millions de barils de pétrole en 2022 ;

· Un prix moyen du baril de pétrole fixé à 64 dollars américains ;

· Un taux de change de 535 frs CFA pour un dollar américain.

Des bonus de 15 milliards de frs CFA sont attendus pour 2022, somme inscrite dans le budget 2022.

Pour ce qui concerne les dépenses, il faut noter que les charges financières, englobant notamment les intérêts des dettes intérieure et extérieure, les dettes contractées sur le marché financier régional, etc., passeront de 129 milliards de frs CFA en 2021 à 172 milliards en 2022. 

AUGMENTATIONS 

Les dépenses de personnel augmenteront de 2,4%, pour tenir compte de la priorité donnée à certains recrutements à effectuer dans les secteurs sociaux (éducation, santé et affaires sociales notamment).

Les dépenses courantes et autres charges communes augmenteront de 16%. Les dépenses d’investissement vont augmenter de 21%, passant de 271 milliards de frs CFA en 2021 à 329 milliards en 2022. Les ressources de trésorerie inscrites au budget intégreront deux volets : d’une part, un montant de 131 milliards de frs CFA de financements extérieurs destinés aux projets d’investissement ; d’autre part, les ressources obtenues du FMI au titre de l’allocation des Droits de tirage spéciaux (DTS) de 2021, soit 119 milliards de frs CFA, pour utilisation à partir du 1er janvier 2022.

Les charges liées aux remboursements aux créanciers internationaux, y compris les échéances liées à la fin de la suspension du service de la dette du G20, sont évaluées à 541 milliards de frs CFA ; le remboursement de la dette intérieure est évalué à 417 milliards de frs CFA (incluant les dettes bancaires, les obligations, les dettes commerciales et le début d’apurement des arriérés sociaux).

Enfin, le gap final est évalué à 507 milliards de frs CFA, qui sera financé, en cas de conclusion d’un accord avec le FMI, par les partenaires multilatéraux et bilatéraux ainsi que par la restructuration de certaines dettes extérieures (Les dépêches de Brazzaville, 8 octobre 2021).

BOUFFEE D’OXYGENE

Cette année, l’Institution installée à Washington a augmenté ses réserves de 650 milliards de dollars, par le biais d’une émission de droits de tirage spéciaux (DTS) la plus importante de son histoire. Une bouffée d’oxygène qui profite à tous les pays membres du Fonds, à l’instar du Congo-Brazzaville (119 milliards de francs CFA), proportionnellement à leurs quotes-parts.

L’optimisme est légèrement retombé. Dans ses prévisions publiées mardi 12 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance mondiale de 5,9 % en 2021 (l’institution estimait la hausse à 6 % en juillet), puis de 4,9 % en 2022. En quelques mois, l’horizon s’est « assombri » dans les pays à bas revenu, en raison de la diffusion du variant Delta du Covid-19. Et les perturbations des chaînes d’approvisionnement rendent la reprise « plus difficile  » dans les économies avancées. Les prévisions de croissance ne sont revues à la hausse que dans les pays exportateurs de matières premières, qui bénéficient de la progression des cours. Au Congo-Brazzaville, après une croissance négative de -5,8 % en 2020, un quasi-retour à l’équilibre en 2021 (-0,5 %), un rebond positif est attendu pour 2022, à hauteur de +2,3 %. Ce qui devrait se traduire par une augmentation des recettes budgétaires. 

BUDGET GADGET 

Mais, à quoi sert le budget dans un pays qui manque d’infrastructures : routes, ponts, aéroports, hôpitaux, écoles, universités, collecteurs d’eau etc… Pourquoi les budgets aussi colossaux du Congo-Brazzaville ne s’accompagnent-ils pas d’une amélioration des conditions de vie des populations, d’une réduction du chômage, d’une hausse du pouvoir d’achat, d’une diminution de la pauvreté ?

Dans cette ambiance un brin morose redevenu optimiste, Denis Sassou Nguessso va peut-être perdre Bolloré qui contrôle le port de Pointe-Noire, un partenaire de la « françafrique » qui prépare son retrait du continent noir. 

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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