Congo-Brazzaville : la ville de Pointe-Noire ne tombera pas

Après avoir bu du champagne et mangé du caviar pendant 5 ans, monsieur Sassou Nguesso se réveille à l’approche de l’élection présidentielle à un tour, pour faire la tournée des départements laissés à l’abandon au profit d’Oyo devenu la capitale politique où les hôtes de marque sont conviés.

Congo-Brazzaville : La ville de Pointe-Noire ne tombera pas.    

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Après avoir bu du champagne et mangé du caviar pendant 5 ans, monsieur Sassou Nguesso se réveille à l’approche de l’élection présidentielle à un tour, pour faire la tournée des départements laissés à l’abandon au profit d’Oyo devenu la capitale politique où les hôtes de marque sont conviés.       

Il fallait bien qu’il utilise ses palais présidentiels bâtis dans chaque département, palais qui tombent en décrépitude faute de vie et d’entretien.     

Mes très chers compatriotes, le 21 mars 2021 est décrétée la journée des loisirs, de la pêche, des balades, du vélo, etc. C’est une journée chômée et payée sur l’ensemble du territoire congolais. Que va faire monsieur Sassou Nguesso pendant 5 années de plus, lui qui a détruit le tissu social congolais ; Qui a dilapidé nos ressources notamment le pétrole, avec son fils Denis Christel Sassou Nguesso, d’où son refus catégorique de faire l’audit de la SNPC (Société Nationale des pétroles du Congo) ?       

Monsieur Sassou Nguesso a pillé en toute impunité les ressources qui auraient pu bénéficier en premier à Pointe-Noire, pour aller embellir son fief d’Oyo. Jadis belle ville paisible au bord de l’océan atlantique, Ponton la belle, capitale économique, est devenue l’une des 10 villes les plus sales d’Afrique avec Brazzaville.       

Ayant subi une raclée lors la dernière élection présidentielle de mars 2016, monsieur Sassou Nguesso veut courtiser Pointe-Noire qu’il a délaissé comme tant d’autres départements au profit d’Oyo. L’idylle entre Monsieur Sassou Nguesso et Pointe-Noire est terminée depuis fort longtemps. La ville de Pointe-Noire même dans ses haillons ne veut plus s’offrir à monsieur Sassou Nguesso.       

Après 37 ans de dictature cumulée, il veut se poser en messie qui va sauver Pointe-Noire. Toutes les Congolaises et tous les Congolais doivent dire NON à l’ingratitude de monsieur Sassou Nguesso. L’heure de sa retraite a sonné en laissant aux Congolais une dette de près de 14 milliards de dollars, en y incluant le bilan désastreux de son fils Denis Christel Sassou Nguesso lorsque ce dernier gérait la SNPC comme une épicerie familiale. On a remplacé le fils par un autre membre de la famille, un faire-valoir aussi cupide. Les mêmes pratiques mafieuses de détournement de l’argent du contribuable congolais continuent. On a simplement repeint la devanture. « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. »       

Pour rappel : Le 21 mars 2021 doit être la journée des loisirs du peuple congolais. Les dés sont pipés et les résultats connus d’avance. Les Congolaises et les Congolais doivent rester chez eux au lieu de participer à une mascarade électorale. L’Empereur va se succéder à lui-même. Pour parfaire sa nomination, il veut faire de Pointe-Noire un trophée de guerre pour redorer son image déjà bien ternie. Qu’il sache que Pointe-Noire ne tombera pas malgré la mobilisation des travailleurs d’UNICONGO et d’autres entreprises pour accueillir l’Empereur le 20 février 2021 à 11 heures 45 minutes pour une visite de travail de 3 jours. Les mêmes méthodes du PCT dans une ville hostile à monsieur Sassou Nguesso.    

C’est Joseph Staline qui disait : « Ce qui compte ce n’est pas le vote, c’est comment on compte les votes. » Les officines du PCT (Parti Congolais du Travail) à Pointe-Noire sont déjà à l’œuvre pour offrir à l’Empereur un score digne de son rang. Le peuple congolais n’est pas dupe. Comment expliquer qu’on se déplace avec tant des militaires alors que le pays est en PAIX. Il y’a baleine sous gravillon.        

Il a construit une université qui porte son nom à Kintélé, à quelques encablures de Brazzaville. Quelle mégalomanie ? C’est sa fille qui est Député-maire de Kintélé. Les affaires de la république sous l’Empereur se règlent toujours en famille. La ville de Pointe-Noire désespère toujours de servir de garde à manger pour monsieur Sassou Nguesso et son clan. Aucune œuvre d’envergure dans la ville océane.       

Dans chaque département, les courtisans organisent des rencontres citoyennes des cadres. Mais diable pourquoi ne l’ont-ils pas fait depuis 5 ans ? Les cadres du Pool, à la botte de monsieur Sassou Nguesso ne représentent pas tous les cadres de ce département soucieux de son avenir ravagé par tant guerres stupides afin d’en finir avec les Laris. Les collaborateurs du Pool à votre dévotion ne représentent pas tout le Pool à savoir Isidore Mvouba, Claude Nsilou, Adélaïde Mougany, Rosalie Matondo, Euloge Landry Kolélas (encore eux), Hellot Matson Mampouya, Émilienne Raoul, Ndambo Marie-Thérèse Laurentine Milongo et quelques parlementaires, liste non exhaustive. Dépourvus de dignité, ils croient servir la république, et représenter le Pool. Ils se taisent quand le Pool est bombardé pour maintenir leur position dans la société. Ils se trompent car ils ne sont que des larbins qui permettent à monsieur Sassou Nguesso d’avoir l’illusion que le Congo-Brazzaville est une démocratie et un pays uni.       

Dans chaque département du Congo-Brazzaville, il y’a des griots élevés au rang de Premier Ministre comme à Sibiti où monsieur Clément Mouamba casse tout ce qu’on lui confie ; Monsieur Firmin Ayessa Vice-Premier ministre joue le même rôle à Makoua, et bien d’autres dans les autres départements.       

Les génuflexions et les courbettes pour saluer monsieur Sassou Nguesso sont la mesure des marqueurs d’allégeances dues à l’Empereur. C’est un théâtre qui fait rire les Congolais dignes même s’ils sont dépourvus de tout. Cette mascarade ne peut plus durer. Mais en face nous avons une armée à la solde de monsieur Sassou Nguesso. Une armée jure fidélité pour protéger le pays et non être à la solde d’un homme fut-il Empereur ? Qu’en pense le Chef d’État-major général (CEMG), le Général Guy Blanchard Okoï qui est à la tête des dispositifs pour la sauvegarde du pouvoir de monsieur Sassou Nguesso ?       

La crise alimentaire fait des ravages au Congo-Brazzaville avec le Kwashiorkor chez les plus démunis d’entre nous et l’obésité dans le clan présidentiel. D’un côté comme de l’autre ce sont des maladies qu’il faudra soigner.       

Faute d’idées, les officines du PCT nous jouent toujours la rengaine de la division entre le Nord et Sud.      

Pays très riche, 90% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. C’est indigne et triste. Tout s’écroule au Congo-Brazzaville. Même l’Université portant son nom pourra s’effondrer à la première pluie diluvienne car construit sur du sable. Le marché pour construire cette Université a été fait avec des passations de marché de gré à gré et traité avec la famille élargie des gendres.       

Ne baissons pas les bras et préparons-nous à construire un pays soucieux des libertés individuelles. Tout est à refaire. Les Congolais dignes ne doivent rien attendre des 5 années à venir. C’est de l’enfumage car l’Empereur qui n’a pas de bilan à nous présenter se succédera à lui-même. « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » dixit Sénèque.       

Le 21 mars 2021 sera un jour de deuil pour les Congolaises et les Congolais. Le soleil s’éclipsera pour disparaître derrière l’épais rideau de nuages nous plongeant dans l’obscurité totale comme d’habitude.        

C’est au peuple congolais n’ayant aucune perspective de prendre conscience que les dirigeants actuels ne sont là que pour bien se remplir la panse. Ce peuple doit se tenir prêt à relever le défi de bâtir un pays uni et prospère.       

Le Congo-Brazzaville doit rester uni et indivisible nonobstant les mauvaises langues qui veulent une balkanisation du pays. Nous sommes tous des Congolais quel que soit notre lieu de naissance.        

Comme disait François Mitterrand : « Le dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le niveau. »       

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA   

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