Congo-Brazzaville : Oko Ngakala, l’incompétent procureur aux ordres du dictateur Sassou-Nguesso

https://youtu.be/l6xWyavqxFI

Mal à l’aise dans sa large veste mal taillée devant les écrans de la télévision d’Etat du Congo-Brazzaville, le visage luisant, le procureur Oko Ngakala a manqué une occasion de se taire. Avoir le verbe haut ne signifie en rien être à la hauteur de sa tâche.

Formé hâtivement à Cuba dans les années 80, le procureur Oko Ngakala doit immédiatement quitter ce poste. Ses âneries discréditent les juristes et tout un pays.

Rien ne sert à cet instant de disserter. Chaque jour qui passe enfonce davantage notre pays dans l’incompétence des uns, et la bêtise des autres. Il n’y a pas de démocratie sans le respect élémentaire des règles de droit. Les Congolais doivent se battre pour défendre leurs droits. Et le droit est l’ensemble des règles qui régissent la société.

Avec un peu de bon sens, et s’il avait été bien formé, Oko Ngakala aurait dû savoir que le procureur de la République est l’avocat de la société. Il protège l’intérêt public en assurant le respect de la loi pénale.

En principe, cette sortie maladroite d’Oko Ngakala pose lato sensu le problème de l’indépendance du procureur de la République du pouvoir exécutif, c’est-à-dire qu’il ne doit avoir aucun lien direct avec lui. S’il n’est pas spécifique au Congo (il faut le reconnaître), force est de dire qu’il est grossièrement mis en scène dans notre pays.

En l’espèce, ce qu’on aurait pu attendre d’Oko Ngakala, c’est de procéder, ou de faire procéder à tous les actes nécessaires à la recherche et la poursuite des infractions à la loi pénale contre le général Mokoko.

A ce jour, le général Mokoko n’a commis aucune infraction sur le territoire national.

Il est regrettable de rappeler au procureur Oko Ngakala, qu’il faut trois éléments cumulatifs constitutifs d’une infraction: l’élément moral (l’intention); l’élément matériel et l’élément légal.

Parler d’un coup d’Etat dans une vidéo ne veut pas forcément dire le mettre à exécution. Sassou-Nguesso, l’expert en coup d’Etat a recruté dans son cabinet le général Mokoko au poste de Conseiller spécial, en ayant connaissance de cette vidéo depuis 2007.

Non seulement il y a prescription, mais Sassou-Nguesso et les receleurs de cette vidéo doivent être entendus pour ne l’avoir pas signalée au procureur de la République, si elle constituait une menace réelle pour le pays.

Servir loyalement l’institution judiciaire, c’est se départir des pressions ethniques. Oko Ngakala doit l’entendre. Soutenir à bout de bras un régime qui piétine le droit est une incongruité. Utiliser des boules puantes pour empêcher Mokoko de se présenter à l’élection présidentielle du 20 mars prochain s’inscrit aux antipodes des règles démocratiques.

Dans son rôle de procureur aux ordres, Oko Ngakala doit examiner les informations portées à sa connaissance (s’il en a) et décider de classer sans suite cette honteuse cabale.

Utiliser l’institution judiciaire pour atteindre Mokoko est un scénario écrit et connu d’avance.

Mokoko est une grosse épine sous les pieds du dictateur Sassou-Nguesso. Sa descente dans l’arène politique locale met en pièces détaillées l’argument maintes fois ressassé par le tyran: « Si je quitte le pouvoir, les Sudistes vous feront la peau ». Et comme tout le pays, du Nord au Sud, à tort ou à raison, voit en Mokoko « le Moïse », cet argument du tyran du bord de l’Alima s’écroule comme un château de cartes. Espérons que Sassou-Nguesso disparaisse définitivement.

Dans cette période trouble, où la dictature de Sassou-Nguesso s’essouffle, Oko Ngakala devrait faire preuve de justesse et de mesure. Sans le droit, c’est l’anarchie. Son rôle en tant que procureur de la République, est de protéger la société et non de l’exposer à des quelconques débordements.

Nul n’ignore que toutes ces manœuvres sous le couvert judiciaire sont téléguidées par le dictateur Sassou-Nguesso. Au Niger, les magistrats ont vaillamment refusé de cautionner les errements de Mahamadou ISSOUFOU, au nom du respect du droit.

Magistrat du parquet, Oko Ngakala aurait pu être un personnage-clé dans le fonctionnement de l’activité judiciaire de notre pays. Conscient de sa mission, il aurait pu appliquer le droit dans l’intérêt du pays.

Ainsi galvaudé par Oko Ngakala, le droit perd tous ses fondements. En se pliant au tyran, ce pauvre procureur aux ordres porte incontestablement la robe d’un incompétent sans palliatif.

Oko Ngakale doit savoir que où manque la force, le droit disparaît; où apparaît la force, le droit commence de rayonner. C’est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.

N’en déplaise à votre incompétence, j’espère que le général Mokoko ne se rendra pas, et ne répondra pas à vos convocations cousues de fil blanc. Cohérent dans sa démarche, il a démissionné du cabinet infect de Mpila pour être du côté du peuple.

Droit comme un i, le général Mokoko ira jusqu’au bout de sa démarche. L’ingratitude de la commission de l’Union africaine à son égard renforce sa détermination de libérer le pays.

L’incompétence et les approximations du procureur Ngakala sont des signes révélateurs d’un régime aux abois.

En demandant aujourd’hui à d’autres incompétents, ceux du conseil constitutionnel d’empêcher la candidature du général Mokoko à l’élection présidentielle, le dictateur Sassou-Nguesso touche le fond.

La véhémence d’Oko Ngakala ressemble à la poudre de perlimpinpin. Adepte au maquillage, le dictateur Sassou-Nguesso ne maquillera pas l’arrestation politique d’un adversaire de taille. Arrivé au pouvoir par la force, le criminel Sassou-Nguesso partira par la force.

Nous ne blâmerons pas le général Mokoko de chasser par la force le dictateur Sassou-Nguesso.      

Le peuple congolais donne sa faveur au général Mokoko, pas sa confiance. S’il est sincère et soutenu dans sa démarche, il sortira le Congo de l’ombre pour le conduire vers la lumière.

Les exigences d’un grand peuple sont à l’échelle de ses malheurs. La voix du peuple n’a d’autorité que lorsqu’elle est celle d’un peuple contenu. Ce vingt et unième siècle étant celui de la connaissance et de la compétence, l’heure a sonné pour hisser le pays à son vrai niveau.

Par Mingwa BIANGO

(Extrait de congo-liberty)

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