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Billet de blog 28 juin 2012

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[Congo-Brazzaville] Des suites du 04 mars 2012 : Il y a beaucoup à faire et à craindre...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le monde a suivi, sans être surpris, ce  26/03/2012 dernier, au matin, que toutes les vraies et fausses victimes de ce drame du 04 mars 2012 avaient manifesté leur colère. Ils blâmaient la manipulation des listes des bénéficiaires de l’allocation préliminaire de 3 millions de FCFA. Et, avaient exprimé leurs souffrances, leur inquiétude face aux promesses qu’ils sentaient dilatoires. Des promesses pour réponse, au devant d’un déficit total des besoins vitaux immédiats (des besoins élémentaires de protection, de sécurité, de nourriture, de soins, etc.). Les sinistrés avaient très tôt soupçonné que ces promesses n’allaient pas être tenues ! Ce qui est sûr, est qu’ils en avaient déjà après ces promesses dès premières heures de la catastrophe. Il faut avoir à l’esprit que celle-ci  avait défait nombreux d’entre eux de tout ce qu’ils disposaient.  Le Gouvernement qui croit toujours, de tout temps, venir à bout de tout par l’argent, avait promis, en effet, ne pas en faire l’économie dans la réparation des suites de ce sinistre. « Eh bi ! Ledzema mbia ! » : « Soyez tranquilles ! ». « S’il ne s’agit que de ces seules victimes du drame de Mpila, elles seront totalement indemnisées. ». Une bonne affaire. Pourvu qu’on y arrive.

Hélas, très tôt, on a commencé à soupçonner des manœuvres obscures : Gonflement de listes des bénéficiaires des 3 millions de Fcfa annoncées, enregistrement des vraies fausses victimes, encaissement frauduleuse et détournent. Certains intrus des contrées lointaines de Ouenzé, Talangaï, Mpila et Kanga-Mbandzi ont accouru. C’est du Yaka noki noki, yaha nokolo bakaba apara ! Du samalu malu, beno kuisa ehhh. !!! (Comme quoi : « Venez vite on distribue  l’argent »). Ce n’est pas n’importe qui est appelé. Mais, qui dit que le Sud ne mange pas ! Même là où l’intelligence prend source, pondérée par un christianisme des temps de l’inquisition, là-bas on triche aussi. La malheureuse intelligence tant clamée là-bas est aussi mise au service du boukutage ! On ne nomme que ce qui existe. Le vide, l’inexistant, n’ont pas de signifiants. S’il y a boukoutage, c’est qu’on boukoute. Comme le concept est du Sud, c’est que là-bas on boukoute aussi, intelligemment ! Dans tous les cas, on boukoute. Et on fait les mêmes ravages que ceux qui « badza ba-ngnua en mbeba ».

Eh oui ! Cette colère du 26/03/2012, fut un signe accusateur du désespoir. On utilise le temps, l’oubli pour tout dissiper. Ce fut un premier frémissement que pourrait souffler l’avenir. Comme à son habitude, pour imposer le calme, le Gouvernement avait, immédiatement fait recourt à la force : Le canon, la baïonnette, le bâillonnement, le boom-boom ! « Inintelligible stratégie », soit. Mais combien exaspérante et inhumaine méthode pour consoler une foule d’individus largement fragilisés. Abasourdis, proies à une angoisse justifiée, ils ne demandaient, hélas, qu’à être rassurés devant un drame qui dépassait leur imagination. Leurs lendemains s’annonçaient sombres. A trois mois et demi, l’incident est presque clos. Cependant, rien n’y est fait qui réponde aux exigences de réparation des préjudices subis par ces congolais. La majorité est du Congo d’en bas. Entre temps, on se précipite à nommer les députés. Toutefois, un calme ou une paix que l’on veut par la force, n’en est pas une. Il faut donc dire que rien n’est gagné. Y’a-t-il quelqu’un au sommet pour l’entendre ! Au-delà des manipulations, de la brutalité qui n’arrange jamais rien, la sagesse commande un certain savoir-être, un savoir-faire. Pour le pouvoir, ménager ces victimes, bêtes de somme dans la vie ordinaire, montrerait qu’il tient au moins à sa charogne, à son arbre fruitier. Or, si entre temps, un travail de maîtrise des statistiques des victimes, toutes catégories confondues, n’est pas fait, il devra savoir qu’il sera soumis à des explosions qui atteindront les quartiers huppés de leur bunker. Aucune armée n’a jamais vaincu un peuple. Les vies qu’on détruit, les âmes qu’on sort des corps innocents et déchiquetés qui vont nourrir le sol qu’on piétine avec orgueil et, duquel on tient le pétrole, le bois etc. ; ces crimes là constituent au peuple, des redoutables armes irrésistibles.

Structure Nationale Spéciale Autonome de Gestion des Catastrophes : Si l’on ne corrige pas la gestion de cette crise, ce sera une provocation de trop. D’où, nécessité de créer cette « Structure Nationale Spéciale Autonome de Gestion des Catastrophes ». Elle  prendrait en main ce qui reste encore à faire, pour bien le faire. Ses membres seraient des intelligences issues de toutes les Forces Vives de la Nation. Elles réajusteront les modes de gestion de ce sinistre. Sans quoi, les contentieux qui en découlent, encore intacts, avec leurs effets collatéraux qu’amplifie le temps, ne seront jamais soldés. Il est certain, si une  prise en main raisonnable des suites de ce drame n’est réellement entreprise, le Congo trébuchera d’en haut. Il trébuchera de la façon qui étonnera à nouveau. Pour notre grande satisfaction ! Mais voilà, Il y a déjà trop de drames qui n’ont jamais trouvé leurs solutions. Cause du malaise qui frappe la vie dans ce pays qu’on ne sait, s’il est béni du Saint-Père, maudit de ceux qui se croient ses terrestres supplétifs.

Dans tous les cas et à cette allure, d’oubli en oubli, de négligence à négligence, de discrimination à discrimination, de manipulation à manipulation (…), de répression en répression, d’élimination en élimination (…) tous les rouleaux seront déroulés et,  le pouvoir devra penser  se retrouver un jour au bout du rouleau. La tasse de thé connaitra sa dernière goûte. Le trop plein en débordera. Et, le tsunami sera irrésistible. Ce n’est nullement un souhait. Le Pouvoir et le Gouvernement doivent le comprendre. Les choses ne sont pas aussi faciles qu’ils le croient. Le ciel n’est pas aussi clair qu’ils le pensent. S’ils veulent accumuler les contentieux, accroitre les nuages, ils sont sur le bon chemin. Et les années à venir n’y seront pour rien, la philosophie encore moins…

Aux Congolais : Chacun a le plein droit d’exiger la rigueur, la transparence, l’honnêteté et l’obligation de résultats dans le traitement des suites de ce sinistre. L’humanisation des moyens d’y arriver est une exigence fondamentale pour tout le peuple Congolais. Cette humanisation des moyens : l’arracher, s’il le faut, est même un devoir. Ce gouvernement est autiste. On ne le dira pas assez. Croit-on qu’il craint pour quelque chose. Jamais ! Il dispose des immenses ressources pour une puissance incontrôlable. Un « Don des Dieux ». Ses membres en jouissent à volonté, sans transpirer pour les générer. Ils n’observent aucune discipline dans leur gestion. D’ailleurs ils n’y sont tenus. C’est dommage ! Apprenons la leçon. Français et Françaises chahutaient leur reine de disposer du pain pour lequel elle ne versait aucune goutte de sueur. Bientôt les Congolais vont vous chahuteront-ils. De ce drame, les sinistrés, même les moins frappés, soumis à des souffrances soudaines, appréhendent que chacun coure désormais le risque de n’être à jamais soulagé. D’ici peu, de nombreux sinistrés déchanteront. Les promesses anesthésiantes des premiers jours de la catastrophe aggraveront leur état mental de plus en plus mis en mal. Le Gouvernement, en allant vite en besogne, à dessein d’ailleurs, dans la distribution de 3millions de Fcfa, annonçait déjà le début et la fin de son action de prise en charge des suites de ce drame. Personne ne s’en doutait. Pourtant, l’expérience validait cette réalité. Nombreux sont ceux qui crurent, que c’était là le début d’une série de réparations salutaires. Souvenons-nous, l’une des premières missions annoncées du premier Gouvernement de la fin de la guerre de 97 : un ministère de la reconstruction. Il eut des indemnisations. Mais, lesquels en bénéficièrent ? Des noms pourraient être avancés. Mais pas un seul de connu n’a appartenu à l’autre Congo constitué par des « Sans Voix » dont le seul droit : intimidation, le fouet, la faim, le chômage, le vote, les promesses, l’odeur et la pollution du pétrole et, Oyé, Oyé soutien !!!!

A ce jour, cette affaire des explosions du 04 mars 2012 est déjà du passé. Elle appartient déjà à l’histoire. Je défis quiconque de prouver que ce qui avait été annoncé dans le cadre des réparations des dégâts, des suites de ce drame a commencé à être exécuter. Ne fut ce que de moitié. Ces Messieurs, ces demi-dieux, ont décidé de mettre les élections au devant de tout. Les élections. Les bœufs avant la charrue. Parce qu’il s’agit d’un filon très important, plus important que tout. Une fois, les députés nommés, tout sera fini.  Croit-on. Pourtant, le début du commencement du traitement de ses suites des explosions du 04 mars 2012, qui n’ont  même pas encore connu un début, fut-ce t-il timidement, est bien l’œil du cyclone. Un cyclone que personne au  pouvoir ne craint de voir venir. Tous habitués à la gloire. L’année 2012 ! Elle, qui avait osé défier les « dieux et les demi-dieux », aura tout perdu… De mémoire d’historien, quel grand homme d’armes qui, face au temps, aurait gagné la baille de la vérité, celle du peuple! Prendre peur de l’inconnu, n’est ni signe de faiblesse, ni de lâcheté, voir même de courage. Braver son propre courage, son propre ego, son odzanga devant les catastrophes de ce genre (préméditées ou non, souvent difficiles à maîtriser dans tous les contours de leurs suites) est bien sage, noble et rassurant (…) pour l’avenir. Jamais un humain n’est capable de savoir de quoi sera fait demain.

Pour ceux au pouvoir et du pouvoir (ils sont nombreux, ces derniers), chacun est conseillé de se faire violence. Dans ce combat qu’il mène au peuple de «l’Autre Congo», leur vrai ennemi, ce sont eux-mêmes. Se faire tout sage vaut mieux plus que l’arrogance. La certitude de « l’irremplaçabité », de l’intouchabilité, et de  l’immuabilité corrompt le collectif des puissants Congolais. Quand on se prend à ressasser, allègrement, dans son esprit, l’idée d’une invulnérabilité acquise sur la base des fraudes et de crimes de tous genres, la gloire est un fruit qui abrite un vers. Lorsque la puissance dont on se plait à en faire état, a pour support un pouvoir dont le socle est : Le déni d’humanité d’autrui, les bien honteux ; on a de quoi craindre tout de même au moment où, ceux qui n’ont jamais rien qui leur appartient, même femmes et enfants, prennent conscience qu’ils courent le risque de perdre tout ce qui en fait des humains : la dignité.

Dans cette affaire, l’alternance, la collaboration et la participation de toutes les forces vives de la nation, des partis politiques aux ONG en passant par les confessions religieuses, paraissaient tout aussi un gage d’apaisement, de sécurité pour tous, autant que cette association d’intelligences garantissant une certaine probité, allait donner satisfaction à tout le monde.

Est-il nécessaire d’espérer un soulagement satisfaisant, pour les sinistrés eux-mêmes et pour tout le peuple Congolais ? Oui ! Tout le monde a souffert de ce drame, de tous ces drames à répétition ! Tout le monde doit être pris en charge. Il y a des raisons et des moyens pour cela.  Alors, de cette démarche, il n’est pas trop tard. L’association de toutes les Forces Vives de la Nation à la gestion de cette crise est responsable, conciliant. La conciliation nationale c’est à tout moment, à chaque événement qu’il faut la construire, la polir, la rendre concrète, surtout la consolider. Elle est l’un des versants de la bonne gouvernance. Il est, pour le Gouvernement, pour le système tout entier, l’indice d’une volonté claire de ne rien cacher. Démentir l’accusation de leur propension à profiter des souffrances des sinistrés. Il s’agit de minimiser le risque du soupçon.  La participation de tous à la mise au point d’un « Comité National de Gestion des Suites des Grands Sinistres » est une chance. Remettre en cause cette pensée, est une preuve irréfutable de mauvaise foi, toute faite de mauvaises intentions. Ce Comité absoudrait des clivages : Tout ce qui rend difficile l’obtention de la moralisation de la gestion des suites des explosions du 04 Mars 2012. Des catastrophes prochaines, encore insoupçonnées, il garantirait des résultats satisfaisants, sérieux, responsables. Mais, à qui le conseiller. Ces messieurs du pouvoir n’écoutent qu’eux-mêmes. Ils ne sont plus des nôtres. Et nous sommes leurs sujets, leurs laquais, pire leurs ennemis ! Quoi penser, quoi dire d’autre !

L’adoption de ce mécanisme tend, en effet, à favoriser l’unité, la concorde nationales et la paix. Un mécanisme assis sur une organisation rassurante et apaisée de prise en charge des sinistrés. Avec ce Comité, la résolution de suites physiques, matérielles, financières, morales et psychologiques peut être, à un degré concrètement élevé, exempte de tout critique. Son fonctionnement souffrira moins de tout blocage, de tout soupçon, quels qu’en soient les résultats.

Puisque toutes les intelligences y seraient mises en compétition hors des débats politiques (circulation d’élites oblige), il découlerait de ce comité, de son fonctionnement, des choix et méthodes d’approche avec les sinistrés qui les rassurent et rassuraient tout le monde. Elle opérera avec tact, équité et justesse ; nécessairement utile pour l’établissement et l’exploitation de la solidarité nationale. Loin des combiens politiciens. Le pays, n’a pas des moyens, de structures spécialisées pour la prise en charge des traumas d’ordre psychologique. Ces traumas, d’une grande complexité,  échappent à l’imaginaire d’une société mainte fois violée (nos anciens en avaient une bonne connaissance) : Les jeunes n’en ont aucune connaissance, sinon approximative.

La majorité du peuple est abusée. «Obscurantisée», par une corde toute faite de paroles et promesses mensongères sur fond d’un mysticisme aberrant, elle est conduite au bûché. Des intellectuels, des lettrés tantôt rouges tantôt bleus ; ils vivent sous le mythe des formations dont la seule justification est l’acquisition de parchemins. De leur valeur, sur le terrain,  la vérification en est aléatoire, difficile à apprécier. C’est triste, un danger insaisissable : Une instruction dénuée de toute moralité, des intellectuelles loucheurs, tricheurs, fraudeur, trahissant la mère patrie qui les a sortie du bois… Ah les ingrats !

Ainsi, tout le monde,  tout un peuple, détaché des réalités, progressivement éloignés de sa culture est,  déculturé et «enculturé ». Plus triste est qu’il est désorienté par des pratiques d’un système politique dont les acteurs sont trop électrifiés par l’argent facile. Le pétrole, oui, le pétrole, trop de pétrole. Il infantilise les politiciens Congolais, ceux d’en haut. Une corporation dont le maître mot d’ordre est « jouir, toujours plus, tant que le pétrole coulera à flots ». « Ethylisés » par toutes sortes de breuvages des produits pétroliers qui leur sont gratuitement distribués, ils n’ont plus rien avoir avec ce peuple. On comprend que les élections aient déjà fait oublier le 04 mars2012. Rien n’est plus dur pour eux que de retarder cette occasion de faire fortune pour certains et de renforcer leur puissance pour d’autres.

La majorité des Congolais pensent moins aux traumas d’ordre psychologique.  Une chance pour le pouvoir. C’est que le psychisme, est une structure qui fait comme la photosynthèse de toutes les agressions vécues par un sujet. De la peur, à la frustration, en passant par le stress, l’insomnie etc., de toutes les angoisses possibles, de toutes les tensions et souffrances internes ; le psychique peut les reproduire et les extérioriser sous des formes néfastes aussi diverses. Certaines de ces souffrances, Sur un registre très large, sont à vivre à travers des conduites, des comportements, des affections négatives bien  insoupçonnables: Des troubles de personnalité collectifs susceptibles de défigurer la configuration de toute la personnalité de base de la nation à l’issue d’une catastrophe d’une grande amplitude comme celle du 04mars 2012. C’est ce qui est alors à craindre. A longs termes, le risque est grand que des dégâts insoupçonnés resurgissent, vécus sans révéler le lien avec le sinistre dont la gestion paraît bien coupablement bâclée. Si le psychique est bousillé, pour le pouvoir, c’est une bonne affaire. Prendre en main est donc une erreur. Oui, une erreur. De ce mal invisiblement pernicieux, on le veut et personne n’est responsable.

L’intégrité psychique des sinistrés du 04 mars 2012, dont le premier trauma partagé avec tous les congolais est, naturellement, d’ordre psychologique, en a-t-on réellement conscience au sommet. Elle exige une démarche qui permette d’en assouplir les effets pour préserver l’avenir ? Pour palier à ce grave déficit dont les conséquences à longs termes, pourtant réelles, insoupçonnées du commun des Congolais, alors qu’elle menacerait la cohésion de notre société, commandent absolument que le Gouvernement écoute. Ceci est, d’entre autres tares qui vont le perdre et qui d’ailleurs l’on déjà  perdu. Tant pis !  Toutefois, pour des besoins tout urgents liés à la santé de nos concitoyens qui courent le risque de passer au registre de pertes et profits,  nous tenons à lui suggérer d’ inclure systématiquement, dans les axes des suites à prendre en charge des explosions du 04 mars 2012, leur impact psychologique. En effet, personne ne se doute, actuellement, de la nature combien grave de l’impact psychologique de ce drame sur les sinistrés les plus frappés, tout comme sur le peuple tout entier. Là, est le centre de notre intérêt. Le traitement de remise en condition normale de tout le monde exige beaucoup plus que les seules réparations matérielles, financières préconisées à ceux qui ont été touchés de plein fouet. Qui ne souffre pas dans ce pays de ces brutalités, de ces violences. Oui, il y’en a qui n’en souffrent pas.

L’équilibre moral, social et psychologique de non-sinistrés est-il, pour nos dirigeants, une préoccupation aussi importante que celle des victimes qui ont été directement frappées ? Comment s’y prend-il ce Gouvernement ? Y’a-t-il un volet qui y est consacré dans le système de prise en charge actuelle. Tout le monde à été touché. Le Président SASSOU peut-être! La prise en charge psychologique  de toute la société devrait être envisagée. Ce gouvernement ne fait que fanfaronner, calculer comme s’immortaliser, d’avantage. A chaque événement, même des plus dramatiques, il chante, calcule, pense toujours à ce qu’il doit en tirer. Pourtant, des suites de ce drame, il doit savoir qu’il y a encore beaucoup à redouter. Les retombées surprenantes de sa gestion à tâtons, sont encore avenir. Pilotée à vue, cette gestion que l’on  soupçonne déjà, ne pas pouvoir résister à la propension à frauder d’acteurs d’un système reconnu « kleptocratique », laissera patois, un jour, la majorité de sinistrés. Monoko na ngaï nganga, aurait dit une Eminence. Il est certain que nombreux seront, les jours avenirs, des sinistrés qui ne trouveront pas leur compte dans les grandes sommes qui seront décaissées aux fins de les soulager. Par expérience, la volonté de vouloir tirer profit de ce malheureux événement gagnera toujours sur le besoin de soulager les « pauvres ».

Si tout le peuple Congolais, plongé dans la torpeur, bâillonné par la violence des guerres récurrentes, des arrestations, des menaces tous azimuts, (à caractères préventif, apparemment) a perdu son courage de dire sa désapprobation de la manière dont ce sinistre est géré, il y a là un grand malheur. Toutefois, il faut être patient. Pour l’instant, les victimes, encore non organisées, n’ont manifesté timidement que de l’aigreur. « Les blessures sont encore toutes fraîches ». Qu’en sera-t-il demain si le pouvoir ne réajustait pas le mode d’organisation de leur prise en charge ? Après l’aigreur, on crache. Et le crachat C’est tout ce qu’on ne remet jamais dans la bouche.

Qu’en deviendra t-il de ces sinistrés, lorsque le vertige des explosions se dissipera, quand la durée du séjour de ceux qui sont encore dans les sites (marchés, églises,) se fera sans fin, quand leur sortie de ces lieux désormais infectes sera renvoyée sine die, quand les victimes des effets collatéraux (maisons secouées aux toitures, plafonds, fenêtres, persiennes, ouvertures et fondations défaites et déstabilisées etc.) se rendront compte qu’elles ne pourront être indemnisées à la hauteur du coût des réparations des dommages de leur logement ?

Qu’adviendra t-il, en plus, si par exemple le Ministre Mabiala persistait dans son opération d’expropriation des personnes ayant acquis bien avant ce drame leur terrain à Djili, et dont nombreuses comptent,  partant  sur des indemnités de réparation de leurs logements secouées et endommagées dans le vieux quartier par les explosions, se reconstruire de logements plus rassurants sur leurs terrains déjà longtemps acquis,  dans cette partie sinistrement convoitée par ce lugubre ministre?

Cette autre affaire des terrains de l’académie de Djili, vole la vedette à celle du drame du 04mars 2012. C’est un autre drame de plus pour certains sinistrés. Une affaire qui devient « Affaire-mabiala ».  En traumatisant  les acquéreurs des terrains de l’académie, ce dernier veut absolument créer à son « Vrai Faut Mentor SASSOU » un autre problème de plus.  Le problème des explosions est encore tout cru et entièrement non solutionné. C’est étonnant de le voir Sir Mabiala persister à en créer une autre. Pas des moindres, par les temps qui courent. Il  est absolument résolu, curieusement, à mettre à porte-à-faux l’Etat avec les personnes qui, bien avant qu’il vienne au pouvoir, avaient déjà acquis, normalement, leurs terrains de derrière l’académie. Nombreuses de ces personnes, à qui il sème le désarroi, ont acquis ces terrains après d’avoir payé les droits exigés par les propriétaires fonciers.

Tout le monde sait. C’est toujours auprès des propriétaires fonciers (les Ngambali, Ngobali, etc.) qu’on acquiert les terrains à Brazzaville. Tout Poto-Poto, tout Ouenzé, tout Talangaï, tout Mikalou, Mfilou (…) tout, et tout Brazzaville a été acquis auprès des propriétaires fonciers Téké. Mais d’où vient ce ministre de sinistre réputation de tout du rouge vêtu, coiffé d’un chapeau de pirates des mers qui ne quitte pas sa tête ?  Quel malin plaisir lui prend de venir perturber les espoirs de ces paisibles congolais ? Nombreux d’entre ceux-ci, leurs maisons rasées par les explosions du 04 mars 2012, ne seront certainement pas reconstruites dans les meilleures délais, peut-être qu’elles ne le seront jamais. Ils espèrent  reconstruire au moins une cabane de fortune sur leurs terrains acquis à la sueur de leur front. Eviter d’attendre éternellement, et surtout de revenir sur les sites pollués et contaminés des explosions! Ces gens qui ne puisent dans aucune caisse méritent la paix.

De ces désordres que s’entêtent d’entretenir certains membres du Gouvernement, chacun dans son département, tel est le cas de ce Mabiala, Le Président SASSOU en est probablement au courant. Doit-on enfin croire, que c’est sous ordre que ces messieurs agissent ? Par ses ministres et autres collaborateurs  interposés, Le Président SASSOU s’ingénue-t-il à attaquer sur tous les terrains son  « petit bas peuple ». Serait-ce une façon de pousser ce « petit bas monde», toujours de trop, qui ne connait aucun répit depuis déjà très longtemps, à regretter ses choix électoraux ! En tout cas, depuis la « grande surprise » des explosions du 04 mars 2012, le Président SASSOU a bien intérêt à reprendre l’initiative. C’est bien lui que les 100%, oui les 100%  des Congolais ont amené au pouvoir, et, non ses amis. Tous ces événements l’invitent à examiner, à la loupe, leurs comportements et agissements de ces moments. Il s’en dégage une impression. Un  système de « mains- libres » serait accordé à la nomenklatura du pouvoir. Même en projetant d’associer au partage du gâteau des partis corrompus après les prochaines élections, la débâcle n’est pas moins proche. Oui, on n’est jamais fort tout temps. Cette parole, nous ne cessons de la remettre en lumière. Accroche-t-elle l’attention de nos demi-dieux ?

Ce sera, à « chacun mieux-mieux (…) ». Chacun faisant ce qu’il veut, là où détient une petite parcelle de pouvoir, la république en lambeaux se fait une charogne. A cette allure, la catastrophe de Mpila devenue un casse-tête chinois pour le bas monde, d’où chaque membre du gouvernement en rajoute un peu trop, l’opposition noyée dans le sable mouvant des petites miettes croyant faire fortune, la tempête est-elle proche pour tous? Face au Maitre des petits maîtres qui tient tout le monde par le ventre, on assiste à la chasse d’oiseaux à la perche au bout de laquelle un fin fil de raphia « englué » fait miroiter une fourmi-aillée. Dans ce pays, les congolais, les sinistrés en particuliers, n’ont pas de chance. Tous les politiciens sont de l’opposition sont tous devenus des oiseaux qui se barbotent dans la glue. A chaque mouvement, les voilà qui perdent quelques plumes. Plus personne ne se préoccupe de la situation des sinistrés. Les élections, c’est nettement plus important. Les Fourmies- aillées danseront au bout d’un fil de raphia englué. Personne ne s’échappera. Je me souviens encore de la manière dont le Front Pour la Réconciliation Nationale sans exclusive »fut englué. Ah les Ya Yang, Milos etc. qu’aviez vous fait de cet instrument qui vous fut juste prêté !  

Enfin, cette catastrophe n’a-t-elle rien changé ?  Les élections : Elles sont perçues comme le moyen le plus sûr de sortie de crise. Pas sûr ! En considération du malaise qui s’est saisi des populations et de tout le monde, les élections n’avaient aucune raison d’être maintenues selon le calendrier antérieurement préconisé. N’a-t-on pas au pouvoir conscience que les Congolais peinent encore à sortir de la torpeur et du deuil. Que tous les sinistrés, familles, amis et connaissances attentent encore d’avoir le cœur soulagé et un minimum de conditions du retour à la normale (si normale il pourrait y avoir d’ici peu dans ce pays ?). N-a-t-on pas conscience que ce qui venait de se passer, au camp des Blindés militaires (Brazzaville) fut une blessure encore aujourd’hui toute crue et béante et non pensée ? Y’a-t-il quelqu’un sur cette terre qui accepte de s’habituer à la souffrance ?  Même si la douleur est leur quotidien, les congolais espèrent tout de même que chacun de «leurs petits tyranniseurs» prennent la mesure des suites de ce drame, tant ces explosions ont agité le ciel ?

Des suites de l’enquête relative à ces explosions : La détention au frais de quelques parents, amis et connaissance est encore, pour nombreux, un coup de poignard qui exige des soins, compassion ! Cette fin d’enquête troublante, ce procès qui s’annonce la reprise d’un sketch de mauvais goût déjà trop répétée, sont sources d’inquiétude qui ne s’accommode pas d’avec les exigences d’une seine élection. La tranquillité des familles, de certaines corporations impliquées n’est pas acquise. Des Officiers, des hommes de troupes, des avocats dont les collègues croupissent au fond des cellules sans raisons apparentes, ne sont pas seulement que des chiens de chasse.  Ce sont des citoyens qui ont des susceptibilités, des sensibilités, des droits sociaux etc. On ne peut faire une impasse sur leurs justes appréhensions. Non ! La rue, devançant la justice, gronde. Si la justice est encore jusqu’ici à la recherche des pistes, des hypothèses, détenant donc illégalement des citoyens dans des geôles sans motif réel, la crise est profonde. Même si l’opposition s’est liquéfiée, le pays tangue tout de même. Le Pouvoir a tout intérêt à se faire tout modeste. Ne point se laisser aller à ses préjugés, son aveuglement. Dans un pays clamé de droit, on ne garde pas des citoyens au frais à des fins préventives. Aucun droit ne répond de ce principe, dans le cas en espèce. Les résultats de l’enquête bien clairs, réfutent la confiscation des libertés de braves gens qui peuvent, quand même, se dire de ce pays sans autorisation de quelqu’un (...) Oui, au Congo, la puissance du pouvoir tient du fait qu’il commande aux « moutons » (aux gens sans convictions, seuls animés par le ventre, l’égoïsme, le manque d’éthique, etc.), comme l’aurait dit quelqu’un. Les Congolais (…) des moutons de montagnes dont seul suffit un chien, à peine dressé pour les conduire partout où le maître le veut. Des différentes déclarations sorites du ministre de la justice : Il n’y a que de l’arrogance, le mépris, le biceps (…). Aucune hauteur, rien de décent. Ceci dessert, à tous points de vue, sa propre réputation, le pouvoir. Cela porte préjudice à ceux qui leur sont proches, dont certains ne jurent que par eux. Et ils sont nombreux. Quant à Sir Mabiala, de nombreux soupçons pèsent sur sa manière de brutaliser les propriétaires des terrains de l’académie. Le caractère provocateurs du comportement de nombreux dignitaires du pouvoir, l’opportunisme qui marque visiblement la nature des opposants de tous bord ; le tout constitue un ensemble d’ingrédients pour un climat politique qui fait rêver les Congolais. Un moment à l’autre, les Congolais peuvent y voir une invitation au sursaut pour un coup de balai. Un Piège ! Une surprise est une surprise, rien n’est prévu. Dans ce climat de tension et de grève larvée, de pauvreté, de tristesse, de confusion et d’incertitude ; un autre « matin de dimanche sombre» peut se transformé en une autre « matinée de kanga bissanga » où encore nombreux chercheront à aller se « cacher à quelque part » (de la formule du Papa Goura que la révolution mis en déroute avec ses collègues du Gouvernement YOULOU, prétextant qu’il avait lui aussi tout voler. En fait qu’avait-il donc volé, lui et ses compères ? Ah, le temps ! Il joue à la règle de trois. Il vérifie tout. Il est magique. « A beau mentir qui vient de lui ! ». Les chantres de YOULOU A TOUT VOLE (…), sont aujourd’hui au pied du mur. Tous des escrocs !

Somme toute, le pays tangue encore. La gestion des explosions de Mpila ne tient sur aucun schéma visiblement satisfaisant. Le Président n’en parle plus. Le ministre de la justice marmonne des choses qu’on a du mal à piger. Il menace et gesticule tant, qu’on le croirait en pleine danse d’Olley d’où l’on s’exhibe torse toujours dénudé, bras ballant, le corps entier oscillant de haut en bas. Tel le « Fwua bisalu » qu’on danse en haillons. J’aime, moi. Enfin tout se passe comme si rien n’est arrivé au pays. Pourtant, le « Chemin du Futur », non « Chemin d’Avenir » est gagné par la nature. Disons qu’il est gagné par le naturel de ceux qui devraient le dégager de la nature afin de  l’ouvrir à la circulation.

Depuis les explosions du 04 mars, le doute est partout. Pas terrible. Le seul sentiment qui habite tous les congolais est tout fait de frayeur. Le contrôle des effectifs des sinistrés devant bénéficier des aides et indemnités devrait être exempt de tout soupçon. Cela devrait apaiser et entretenir un climat de quiétude. Qu’il s’agisse des statistiques ou de la gestion globale du versement de cette allocation de 3 millions de Fcfa, elles devraient êtres entreprises dans un esprit de transparence totale. N’ayant pas mis en place une structure autonome face à laquelle il ne jouerait que les rôles de pourvoyeur de moyens et de contrôleur, le pouvoir a annoncé sa volonté de ne pas aller jusqu’au bout dans le règlement des suites de ce sinistre. C’est un judicieux rappel. Mais, les congolais, « tous  moutons, devant dribles que pratique ce gouvernement », pour parler comme nos parents du Haut Ogooué, « n’ont pas vu venir arnaque ». Trois mois déjà, elle est là, dans tous ses contours.

Dans ces conditions, au pouvoir comme des anges au ciel et des diables en enfer, ils n’écoutent pas les gens ordinaires. Ils ne s’écoutent qu’entre-eux-mêmes. Enfermés dans leur bulle. On est en mesure de croire, qu’en réalité, les 3 millions de FCFA proposés aux sinistrés des explosions du 04 mars 2012, ne constituent qu’une opération de charme, une corruption d’esprits explosés. Un mécanisme feutré d’honteux détournements. N’oublions pas qu’il existe dans notre pays une catégorie d’individus pour qui, chaque malheur leur crée une occasion de s’enrichir. De l’argent, ils n’en auront pas assez pour aller au ciel.  Eh oui, cette catastrophe de Mpila est à chacun d’eux, une chance, une aubaine. On annonçait déjà dans les couloirs le tripatouille de la loi de finance pour permettre le pompage du  trésor public. Pour des gens normaux, différents des anges du ciel et de Satan de l’enfer, ces explosions du 04 mars 2012, leur aurait constitué une occasion spectaculaire d’entrer dans l’histoire. C’est dommage, un tel vœu ! Eux, ils ne veulent que de l’enfer. C’est là qu’on s’y rend, d’ailleurs, facilement par l’argent. Le ciel le leur en dépouillerait avant de les ignorer. Or de l’argent, c’est pour lui qu’ils vivent et, c’est lui qui fait qu’ils soient. Plus ils en ont, mieux ça vaut pour les autres. Sinon, merci les bings, booms, bangs, tatratatas, des ndombolo et autres héléla !!! Quelle est l’histoire qui leur sera réservée ? Quand le monde changera de visage ? Et oui ! Il finira par changer de face, à un de ces jours !

Yves Lekanda-Lekandza Yélé

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