Congo : La mansuétude sélective de Sassou Nguesso selon qu'on est ou pas...

La dictature de Brazzaville, installée par la France en 1997 avec la bénédiction des feux président Jacques Chirac et Jacques Foccart, vient d’autoriser le Général Norbert Dabira à se rendre aux obsèques de sa sœur décédée il y a peu. Les images qui circulent à cet effet sur les réseaux sociaux en témoignent. Faut-il le reprocher au général Dabira ? Non, surtout pas.

La mansuétude sélective de Sassou Nguesso selon qu’on est ou pas…

La dictature de Brazzaville, installée par la France en 1997 avec la bénédiction des feux président Jacques Chirac et Jacques Foccart, vient d’autoriser le Général Norbert Dabira à se rendre aux obsèques de sa sœur décédée il y a peu. Les images qui circulent à cet effet sur les réseaux sociaux en témoignent. Faut-il le reprocher au général Dabira ? Non, surtout pas. Car c’est son droit le plus absolu, dans un pays où les dirigeants seraient humains et humanistes. 

Humainement parlant, ce geste est à saluer, à féliciter et mérite toute notre considération. Cependant, cette mansuétude est sélective et n’est donc pas appliquée ou accordée à tout le monde. C’est selon qu’on est ou pas de l’ethnie, de la tribu ou du clan au pouvoir et/ou du pouvoir. Car, il y a eu des précédents. 

Avant le général Dabira, il y a eu le général Mokoko qui avait également bénéficié de cette mansuétude ethno-tribalo-clanique suite au décès de sa mère. Sauf que le général Mokoko n’avait pas daigné accepter ce geste hypocrite de la part de l’Empereur d’Oyo, président parachuté du Congo. 

Avant le général Mokoko, il y a eu le cas de monsieur Modeste Boukadia, président du CDRC, arrêté et incarcéré un soir du 15 janvier 2016 pour délit d’opinion. Parce qu’au cours d’un meeting à Pointe-Noire et à Brazzaville, il avait « osé » réclamer, exiger la formation d’un gouvernement d’union nationale qui, aux yeux de l’Empereur d’Oyo, président parachuté du Congo, était un crime de lèse-majesté.

A lui, Modeste Boukadia, parce qu’il n’est pas membre de la coalition ethno-tribalo-clanique au pouvoir et du pouvoir, cette « mansuétude » de l’Empereur d’Oyo, président parachuté du Congo, lui fut refusée. Il ne lui avait donc pas été permis de se rendre auprès de sa mère et inhumer sa dépouille. Cela lui fut refusé purement et simplement. Modeste Boukadia n’est pas membre de la coalition ethnique, tribale et clanique au pouvoir et du pouvoir de Brazzaville. 

Deux poids et deux mesures. La mansuétude ethnico-tribalo-clanique de l’Empereur d’Oyo, président parachuté du Congo avec un pouvoir par procuration (mulele nsompa), quoique hypocrite, ne lui fut pas accordée. 

Nous rappelons ce fait juste pour montrer au monde, à l’opinion publique et à ceux qui l’y ont installé dans les conditions que l’on sait, le caractère ségrégationniste et discriminatoire de l’homme sur qui comptent les vampires qui se nourrissent de ses exploits macabres. 

Paris, le 29 avril 2021 

Fwanda MAZALA 

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