Vaccin:On est doublement prudent après une expérience malheureuse

Aujourd’hui plus de 80% des martiniquais ne sont pas vaccinés cela en dépit de la campagne de peur menée par le gouvernement avec son lot de menaces, de décisions coercitives, de désinformation de masse, des tentatives de séduction de certains de nos élus, c’est : AWA, NON, NENNI, NIET.

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Aujourd’hui plus de 80% des martiniquais ne sont pas vaccinés cela en dépit de la campagne de peur menée par le gouvernement avec son lot de menaces, de décisions coercitives, de désinformation de masse, des tentatives de séduction de certains de nos élus, c’est : AWA, NON, NENNI, NIET.

Il ne s’agit pas ici d’un plaidoyer supplémentaire pour ou contre le vaccin, chacun fait son choix, mais de porter une contribution à la compréhension du refus des martiniquais de cette vaccination.

On pourrait voir ici une nouvelle forme de défiance à l’égard des autorités car la confiance semble rompue. Beaucoup de martiniquais se sont rebellés pendant le carnaval contre la décision des autorités de l’état et un carnaval aux couleurs du « mawonaj » a bel et bien eu lieu. Les slogans et ritournelles étaient principalement dirigées contre les décisions de certains élus et du Préfet.

Ce manque de confiance dans le personnel politique se traduit aussi par le taux d’abstention record aux dernières élections.

Sang contaminé, DEPAKINE, MEDIATOR, la France à son lot son lot de scandales sanitaires qui concernait un public relativement restreint, et pour certains les démarches judiciaires de recherche de responsabilités et de dédommagements ont abouti.

En Martinique ce type de scandale a touché l’ensemble de la population parce que les autorités censées nous protéger ont failli et on se dirige vers un non-lieu pour l’essentiel de ces dommages causés.

- Nous n’avons pas oublié l’empoisonnement à la chlordécone de 90% des martiniquais, avec son lot de cancers de la prostate le plus élevé au monde. Ceux qui étaient censé nous protéger ont accordé des dérogations !

- Nous n’avons pas oublié non plus les essais nucléaires français en Polynésie avec les effets désastreux sur la santé à cause de la radio activité

- Nous n’avons pas oublié l’empoisonnement de nos rivières au BANOLE par épandage aérien dans le traitement de la cercosporiose noire, toujours sur l’autel des profits capitalistes. Les éleveurs d’abeilles s’en souviennent aussi. Là aussi des dérogations avaient été accordées. Il a fallu attendre septembre 2014 pour qu’un décret y mette fin.

- Nous n’avons pas oublié le massacre des ouvriers agricoles de février 1974 qui en plus d'une augmentation de salaire, réclamaient des mesures de protections sanitaires contre le MOCAP et le NEMACUR, deux produits hautement toxiques et cancérigènes qu'ils utilisaient à mains nues.

- Nous n’avons pas oublié, et nous le vivons au quotidien, les ravages du diabète à cause des produits plus sucrés en Martinique qu’ailleurs, tout cela sur l’autel de la rentabilité et du développement économique. Il a fallu attendre 2013 pour qu’une loi mette fin à cet empoisonnement.

- Nous n’avons pas oublié et les Guyanais non plus, le taux de mercure dans les eaux guyanaises et de ses conséquences désastreuses sur la santé des populations vivant sur les fleuves. La aussi les autorités sont sourdes aveugles malgré les protestations de nombreuse ONG.

Alors comme partout en France et dans le monde, il existe de la méfiance envers ce vaccin. Et si en Martinique elle est 10 fois plus importante et que la résistance se fait de plus en plus entendre, c’est certainement qu’il faut prendre en considération les souvenirs, les souffrances et les traces que ces scandales ont laissé dans les mémoires, pour tenter de redonner confiance aux martiniquais plutôt que de se poser exemple ou en donneur de leçon.

Les décideurs devront s’attacher dans leurs attitudes, leurs propos et dans leurs actes à persuader, reconstruire la confiance plutôt qu’à contraindre, imposer, assujettir.

jeff Lafontaine

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