Esclavage et crime contre l’humanité

Les débats sur les esclavages demandent parfois quelques clarifications. Cette contribution apporte des réponses à mes questionnement, je la partage avec vous avec l’autorisation de son auteur.

Je ne sais pas si c'est par malhonnêteté intellectuelle ou par pure ignorance, mais les historiens et intellectuels européens placent l'esclavage des peuples anciens sur le même plan que l'esclavage des noirs aux Antilles et en Amérique.
Je crois qu'il est urgent de rectifier les choses.
L'esclavage pratiqué par les anciens peuples, comme les Egyptiens, les Israélites, les Romains, etc. n'avait rien à voir avec l'esclavage pratiqué par les Européens, qui d'ailleurs a été la pire forme d' esclavage connue à ce jour. Quand, on sort un esclave un peu affaibli de la câle d'un bateau négrier et qu'on le jette par dessus bord, vous appelez ça esclavage ? Pour moi, c'est un crime. Quand un colon sort son flingue, et tire à bout portant sur un esclave un peu fatigué par la dureté du travail, vous appelez ça esclavage ? Pour moi, c'est un crime. Quand un maître fait fouetter à mort son esclave , vous appelez ça esclavage ? Pour moi, c'est un crime. Quand un colon place son esclave dans un baril, le transporte au sommet d'un morne et le laisse rouler jusqu'à 200, 300 ou 400 mètres plus bas, vous appelez ça esclavage ? Pour moi, c'est un crime.

Par conséquent les mots "esclave" et "esclavage", ainsi que le vocabulaire correspondant à ces mots "esclave" et "esclavage" dans les langues anciennes et modernes, ne peuvent pas et ne doivent pas être employés quand il s'agit de désigner ou de décrire ce qu'ont vécu nos ancêtres nègres sur les "habitations" aux Antilles et en Amérique. Ces mots "esclave" et "esclavage" son complètement INAPPROPRIÈS; Voilà pourquoi, il est important que ce soit NOUS, LES ANTILLAIS, qui écrivons notre histoire. Nous ne pouvons pas confier cette tâche aux historiens et intellectuels européens, car nous voyons bien que là, où il a fallu parler de "CRIME", ils ont parlé d'esclavage, ce qui fait que des générations de Français, et pire, d'Antillais, ont grandi avec cette fausse idée d'un esclavage aux Antilles et en Amérique, comme cela l'a été en Egypte, en Israël, dans l'empire romain, ou dans la Grèce antique.

La vérité, c'est que dans ces colonies, il n'existait pas "d'esclavage" au sens européen et colonial du terme, mais des CRIMES. D'ailleurs, ces crimes étaient si fréquents que Colbert, ministre de Louis XIV, a dû rédiger ce qu'on a appelé un "Code Noir" pour essayer d'atténuer un peu cette criminalité(alors, laissons Colbert battre sa misère dans son pays, là où il est. Il ne me gêne pas. Il est chez lui). CRIME ! Oui, j'ai dit "crime" car à ce jour, c'est le meilleur mot qui existe pour désigner ce que les intellectuels européens, appellent, à tort, "esclavage".
Il va falloir, à l'avenir trouver ou inventer un mot, propre au vocabulaire antillais, pour désigner la cruauté des Européens à l'égard de nos ancêtres. Dans l'attente de ce vocabulaire nouveau dans la langue antillaise, on peut parler, par exemple, "d'esclave-victime" ou d'esclavage-crime", mais d'une manière ou d'une autre, nous devons nous libérer de ce vocabulaire européen et colonial "d'esclave" et "d'esclavage" pour désigner ce qu'ont été et ce qu'ont subi nos ancêtres, pendant trois siècles.

M. Sainte-Claire, ce mardi 23 juin 2020

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