Kazakhgate : les experts de la Commission démissionnent un à un

Selon la presse belge, les experts de la Commission d’enquête parlementaire du Kazakhgate quittent le navire un à un : deux d’entre eux auraient posé leur démission, un troisième pourrait suivre. Plus grave encore, la Commission pourrait perdre un de ses membres éminents, en la personne d’un Commissaire, dans les jours à venir.

Cette débâcle pourrait être liée, selon la presse, à la fuite d’un rapport préliminaire repris dans la Libre Belgique la semaine dernière, selon lequel les experts n’auraient trouvé aucune preuve d’une influence externe ou étrangère dans la mise en place de la loi de transaction pénale élargie. Cette dernière a évolué principalement dans le sens du lobby des diamantaires d’Anvers d’une part, tout en étant légalement robuste, d’autre part.

Parallèlement, les bruits de couloir rapportent qu’une certaine fébrilité se serait emparée de la Commission d’enquête depuis la reprise de ses travaux, le 7 septembre, après la trêve estivale, peu après que son président, Dirk van der Maelen, aurait informé les commissaires qu’il avait trouvé deux témoins supplémentaires. Etienne des Rosaies, le diplomate français, et Mukhtar Ablyazov, un Kazakh prêt à tout pour obtenir la citoyenneté dans un pays européen – pourquoi pas la Belgique ? 

Mais pourquoi diable la nomination de ces deux témoins rendrait les membres de la Commission nerveux ? Principalement parce que la majorité de la Commission considère, tout comme le rapport paru dans la presse, que les autorités belges de l’époque étaient les seules coupables de cette affaire. En outre, quiconque connaît l’affaire sait à quel point Ablyazov est un témoin à la fois peu fiable et surtout peu pertinent dans le cadre de l’enquête en cours. Quant à des Rosaies, son témoignage a peu de chances de jeter un éclairage supplémentaire sur l’affaire, ce qui en ferait une perte de temps manifeste. 

Or, du temps, c’est ce qui manque justement au président de la Commission Van der Maelen. Il a besoin de davantage de jours pour monter, en accord avec les membres flamands de la Commission, un plan pour tempérer les accusations selon lesquelles le lobby des diamantaires aurait bel et bien influencé la loi de transaction pénale. C’est en tout cas ce que ses soutiens attendent de lui. 

Ses machinations ont finalement eu raison de la volonté des commissaires, engendrant dans la foulée frustration et démissions. Ces derniers jugent parfaitement anti-démocratique de faire partie d’une entité qui, bien trop souvent, a été utilisée par Van der Maelen à des fins de publicité personnelle ou comme un outil lui permettant, avec le truchement de membres de l’opposition comme Olivier Maingain (DEFI), de déstabiliser le parti MR au pouvoir.

Cela pourrait être le fin mot de l’histoire : depuis le début, le Kazakhgate n’a été qu’une guerre d’influence entre partis nationaux – ni plus, ni moins.

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