Goulard, un symptôme...

J'ai dans l'idée que, sur les gouvernements des pays de l'UE, quelques-uns, et non des moindres comme celui de l'Allemagne, par exemple, commencent à trouver que l'Union européenne commence à leur courir sur le haricot et qu'elle ne marche pas si bien qu'ils l'auraient espéré, et l'affaire Goulard pourrait être un symptôme de ce malaise.

En dirigeants responsables, ils n'excluent donc pas, un jour ou l'autre, même s'il ne faut surtout pas le dire, passer à autre chose. Malheureusement pour eux, le Brexit ne suffisant pas à faire exploser l'UE, il leur faut trouver une solution alternative. Or, c'est très compliqué parce que si on fait exploser le « machin » européen, il faudra sans doute en payer le prix politique, une bonne partie des opinions publiques européennes - la majorité ? Je n'en suis pas sûr - étant très attachée à tort ou à raison à l'appartenance à l'UE.

Donc, le truc, c'est de saborder sciemment l'Union européenne en faisant porter le chapeau à quelqu'un d'autre, si possible à un chef d'Etat qui soit un européen convaincu (c'est plus rigolo...), surtout si on souhaite lui rabattre un peu le caquet.

En filigrane du retocage de Sylvie Goulard (au poste de commissaire chargée du marché intérieur, de l’industrie, de la défense, de l’espace, du numérique et de la culture. Tout ça à la fois ! Pour une seule personne? Est-on vraiment sérieux à Bruxelles?), il y a donc peut-être l'idée qu'à force de renvoyer Macron dans les cordes (déclinaison polie de Berlin sur les propositions du président françaissur l' « Europe de transferts », désaccords sur les modalités du Brexit, retocage de Nathalie Loiseau puis de Goulard...), c'est lui qui devra aller à la rupture. Et l'assumer.

Parce que, franchement, à ce poste-là, Sylvie Goulard ou quelqu'un d'autre, ça changera quoi? Comment? Il faut que ce poste revienne à un Français (ou une Française en l'occurence). Et pourquoi donc? Je vous trouve bien nationaliste, pour une Européen...

Voilà, Monsieur le président. Vous vouliez une explication. Je vous propose celle-là.

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