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Billet de blog 14 nov. 2018

Chic ! Merkel est pour une Défense européenne

Le 13 novembre 2018, devant le Parlement européen de Strasbourg, Angela Merkel a défendu l'idée de "Défense européenne" dénoncée par Donald Trump, assurant qu'elle ne menacerait pas l'Otan.

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Du coup, en France, les thuriféraires du macronisme se rengorgent déjà de voir leur bonaparte d'opérette suivi par une chancelière allemande - pourtant en sursis - et qui cherche à faire accroire qu'il est désormais le "lider maximo" d'une Union européenne rayonnante de santé. C'est tragique, car non seulement, comme l'écrit justement Coralie Delaume, "le couple franco-allemand n'existe pas" (Michalon, 18,00 €, excellent bouquin que j'ai lu d'une traite et que je vous recommande), mais en plus, la chancelière ne s'est finalement engagée à rien dans ce domaine crucial.

A trop peser ses mots, Angela Merkel finit par dire un truc qui, finalement, ne mange pas de pain. Ce qu'il faut comprendre c'est qu'en l'occurence, la chancelière (pour combien de temps encore?) cherche à ménager la chèvre Trump et le chou Macron, ou l'inverse, comme vous voudrez.

Qui croira aujourd'hui vraiment que l'Allemagne veut ou peut investir les milliards nécessaires pour mettre sa défense ne serait-ce qu'au niveau de celles de la France ou de la Grande-Bretagne, en cassant pour le coup sa belle orthodoxie budgétaire et en mettant aussitôt en alerte, les Russes (toujours vigilants vis-à-vis de l'Allemagne, ne l'oublions pas), les Américains (et pas seulement à cause de Trump - Ils n'ont  d'ailleurs toujours que moyennement digéré le front commun Chirac-Schröder contre l'invasion de l'Irak) , les Britanniques (qui quittent l'UE mais qui s'opposeront toujours, l'Histoire le prouve, à toute hégémonie continentale sur l'Europe), bref, presque tout le monde sauf les dirigeants français (mais ça, ce n'est pas nouveau non plus)?

La stratégie gaulliste en la matière, dite "du faible au fort", consistait à un déploiement modeste, à la mesure du poids de la France face aux géants de la planète, mais réel, d'armes nucléaires braquées "tous azimuts" (des périls inconnus pouvant toujours survenir de n'importe où), ce dernier point chatouillant évidemment les Américains qui n'en sont pas morts, quand même.
Le général de Gaulle avait, en outre, fait sortir la France du commandement intégré de l'OTAN, ce qui lui donnait davantage de liberté, mais pas de l'Alliance atlantique, quand même. Merci à Nicolas Sarkozy d'avoir mis fin à ce beau gage d'indépendance, merci à François Hollande et Emmanuel Macron de s'être bien gardés de sortir de cet engagement absurde. Donc pour l'instant, le concept "tous azimuts" est passé à la trappe, et il faudrait, pour donner une quelconque crédibilité à toute idée de défense européenne, le remettre à jour de toute urgence.

Quant aux forces conventionnelles, il existe effectivement une brigade franco-allemande (6.000 hommes stationnés sur les deux rives du Rhin). C'est bien joli, mais la vraie force d'intervention européenne, pour le moment et pour les coups vraiment durs, c'est la France et la Grande-Bretagne, cette dernière quittant certes l'UE, mais restant en Europe, on ne le répétera jamais assez (Au fait, après le Brexit, la France prendra-t-telle le risque de sanctionner son meilleur allié sur le plan militaire?).
Au-delà le la France et de l'Allemagne, et de l'articulation de leurs systèmes de défense avec le Royaume-Uni et l'OTAN, il faudra aussi convaincre pas mal des 26 autres membres de l'UE de s'intégrer à la dite défense européenne, ce qui n'est pas, si je puis me permettre, de la tarte. Beaucoup d'entre eux sont habitués à la neutralité, voire - surtout à l'Est - s'accommodent fort bien du parapluie américain.

En outre, je ris d'avance de l'application des principes de l'UE sur  la "concurrence libre et non-faussée" et la non-intervention des Etats dans l'économie lorsqu'il faudra choisir tel ou tel avion (les Belges viennent d'acheter des F-35 américains), tel ou tel hélicoptère, tel ou tel char, tel ou tel fusil, telle ou telle paire de godasses...
Et puis, dans quelle langue on se parlera, dans cette défense européenne? Je propose le maltais pour mettre tout le monde d'accord.

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