Cosmos-sur-Avron - Chapitre 7

Une nouvelle policière et fantastique qui se déroule sur une autoroute. A lire et à déguster à l'ombre, avec une boisson glacée. Chapitre 7

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Chapitre 7

Afrique du Sud

 

« Tu vois, finalement, j’aime bien Florence, déclare Aphrodite alors que je m’engage sur l’autoroute du Nord. Elle est intelligente, plutôt bien faite : c’est rassurant sur tes goûts.

Prudemment, je réponds : « Ma chérie, le bon goût, je ne sais pas ce que c’est. (Je passe la troisième vitesse en accélérant. La Porsche fait un bond en avant et nous doublons un semi-remorque. Bientôt 9h du matin ; j’entends gagner Rotterdam avant midi et échapper ainsi à la police. Il faut quitter le pays, l’Europe ; ce port est un des plus proches points de passage vers l’Olympie. Devant nous à quelques kilomètres, un de mes chauffeurs, au volant d’une des deux Mercedes réservées au sultan, nous ouvre la voie en contact par CB — je crains qu’on puisse me situer à cause d’une conversation sur mon téléphone portable.) En tout cas, je suis sûr d’une chose : c’est que je t’aime comme tu es.

— Tu préfèrerais que je conserve cette apparence ? m’interroge-t-elle d’une voix où pointe l’inquiétude. Les mortels sont tellement attachés à leur physique et à celui des autres ; on dirait que c’est une obsession.

— Mais non, voyons, choisis celui que tu veux, je saurai toujours te reconnaître.

— Je n’ai pas encore décidé.

— De quoi ? De la robe pour le mariage ?

— Non : de mon corps. Tu m’aideras ?

— Si tu y tiens… Jusqu’où peux-tu aller ?

— Il n’y a pas de limite. Je serai exactement celle que tu choisiras. De la tête aux pieds. Je peux même faire incruster des diamants ou des rubis, où tu voudras.

— Oui, on verra en temps utile. (Le ciel ensoleillé est bleu mat, sans nuage. Je commence à me détendre ; la confrontation avec Florence a été une vraie épreuve.) Je n’ai pas de désirs spéciaux.

— Ça a été si soudain pour nous deux. Il y a trois jours, je ne te connaissais pas vraiment. Tu as une explication ?

— Aucune. C’est important ?

— Hier, j’aurais répondu que oui. Aujourd’hui, je n’en sais rien… (Elle se tourne vers moi.) Non, peu importe. On est ensemble ; pour moi, c’est ce qui compte, avant tout le reste. »

Autour de nous, les bosquets d’arbres, les champs de céréales et de betteraves, les toitures au loin avec le clocher des églises, défilent comme les éléments séparés d’un décor fixe, étranger à notre route. J’attribue cette sensation à la fatigue et au sevrage. Il me devient pénible de réfléchir.

Je revois Florence dans la cuisine ; j’admire son courage autant que son habileté : elle a su déjouer les pièges qu’Aphrodite lui tendait, phrase après phrase, question après question. Je suis persuadé que la déesse ment quand elle dit apprécier Florence. Elle cherche seulement à me mettre en défaut. Là-bas, toute cette comédie prendra fin. Elle remerciera Zeus ; je resterai avec eux le temps qu’il faudra pour me faire oublier ici et réapparaître dans un région du monde où personne ne m’attendra, comme en Polynésie, — à la condition que mon deuxième bunker n’y ait pas été découvert. Les dieux ne pourront pas me refuser ça ; j’en profiterai pour préparer avec eux leurs listes de courses. Avoir Aphrodite comme amante ne présente pas que des inconvénients. Et je la connais : elle se lassera de moi ; elle aussi, elle aime trop la nouveauté.

 

Une heure s’écoule. Nous avons beaucoup bavardé de la cérémonie — Aphrodite préfère employer le mot sacre —, du choix et de la disposition à notre table de nos centaines d’invités prestigieux, du menu long comme le bras, mélangeant toutes les cuisines de l’univers — les dieux sont réputés pour leur appétit —, des musiciens — deux ou trois orchestres symphoniques jouant du Lully et du Mozart sous un ciel flamboyant — et d’un décor somptueux, au moins autant que la galerie des Glaces de Versailles, avec mille lustres imposants, dorures après dorures, interminables miroirs, ornements minutieux, immenses fresques peintes au plafond et sculptures monumentales en marbre de Carrare à notre effigie. J’y ai ajouté un spectacle extérieur avec feux d’artifices extraordinaires et multitude de rayons laser jaillissant comme autant de fleurs multicolores agitées de brise et de bourrasques. Quand j’ai soumis l’idée de rivières aux eaux colorées et phosphorescentes dévalant du mont Olympe, elle a fait la moue et préféré l’idée de geysers éclatants, montant vers les ténèbres du cosmos. Peut-être n’est-ce là que chimères, mais il devient plaisant de les partager avec elle.

Son visage angélique calé sur l’appuie-tête, elle s’est assoupie. Comment diable peut-elle disposer d’un corps aussi harmonieux ? Est-ce une création ou un emprunt ? Dans ce cas, à qui l’a-t-elle dérobé ?

Je bifurque sur la voie menant à une station-service. Ma passagère ouvre un œil et me demande de lui rapporter une canette bien fraîche.

Avant de sortir de la boutique où je viens de payer, je sors mon portable de ma poche. Dix minutes plus tôt, l’appareil a vibré, signalant un message. SMS de Florence : « qui c 7 gosse je croyais que tavais fini avec tout ca olympie les dieux les ds ce modi jeu dangeureu tes foli ne son que d reves apel moi  il nest jms tro tar pour se sauver »

En lisant, la colère monte. Me sauver ? De quoi ? Du bonheur qui m’est promis ? Je manque de lancer mon téléphone contre la vitre. Oui, Florence, je pars en Olympie ; oui, je vais me marier avec une déesse ; non : avec la déesse. Et je ne suis pas fou, Florence ; c’est toi qui ne comprends rien, qui n’a jamais rien compris à l’Olympie et aux dieux. En tout cas, elle ne sait rien pour le Cosmos ; sinon elle en aurait parlé.

« Tiens, je t’ai pris en plus du chocolat noir, dis-je en remontant dans la Porsche. (Elle prend la tablette en souriant, l’ouvre et croque quelques carrés.)

— Merci, Zak, t’es un amour.

— Pas de quoi, princesse. (Encore énervé par le SMS, je mets le contact. Le grondement du moteur m’est devenu désagréable.)

— Comment as-tu dit ?

— Pas de quoi, répété-je en rejoignant la voie qui ramène sur l’autoroute.

— Pas de quoi, princesse, reprend-t-elle. (Je hoche la tête.) J’adore ce mot-là : princesse, et aussi comment tu le dis. Quand nous serons seuls, tous les deux, je voudrais que tu m’appelles comme ça… Tu voudras bien ? Non, tu trouves ça ridicule ? Dis-le-moi.

— Ridicule ? Qu’est-ce qu’il y a de ridicule ? Tu es ma princesse, c’est comme ça.»

Elle se met à rire. « Nous allons être si bien là-bas. Tu sais, le soir, après l’amour, je te ferai la lecture, le théâtre antique, les tragédies, Antigone de Sophocle, Prométhée enchaîné d’Eschyle. Tu verras, je les connais déjà presque par cœur. Ils nous mettent en scène, nous les Dieux, avec un tel talent. »

Je monte dans les tours et rejoins la file de gauche. Le mal est fait : les mots de Florence reviennent en boucle, par saccades, culbutant, pilonnant ma foi en l’avenir. Ma difficulté à me concentrer me contraint à ralentir ; je me décale sur la file de droite, de plus en plus tendu.

« Que se passe-t-il ? demande Aphrodite alors qu’un poids lourd nous dépasse en klaxonnant. Ça ne va pas ? (Je me rends compte que notre vitesse ne dépasse plus 80 km/h.) Arrêtons-nous… Là, il y a une aire de repos… (Je ne réponds pas.) Arrête-toi, Zakarias, s’il te plaît. »

 

Une fois près du terre-plein aménagé, j’arrête le moteur. Mes mains se remettent à trembler, comme quand je suis en crise. Je croise aussitôt les bras pour le dissimuler. J’ai la bouche et la gorge asséchées par mon mal. « Tu es fatigué, me dit-elle doucement. Tout va tellement vite, je comprends. »

De l’autre côté, derrière les quelques tables en bois ombragées, un couple avec des enfants, qui s’apprête à partir. Ils me paraissent surajoutés sur un trompe-l’œil en carton-pâte, comme à une fête foraine, une illusion à laquelle il vaut mieux adhérer, sinon à perdre ses derniers repères. Pourquoi notre histoire devient-elle brutalement aussi difficile ? Je commençais à m’y sentir bien.

« Parle-moi, fait Aphrodite. On dirait que tu oublies que je suis là. »

J’hésite, avant de lâcher, presque contre ma volonté : « Nous ne devons plus nous mentir.

— Bien sûr, c’est inutile.

— Non, et tu le sais bien, mais tu fais semblant.

— Semblant de quoi ?

— Restons-en là. (Je ferme un instant les yeux pour m’extraire du décor qui m’oppresse.)

— Nous partons, Zak. Il y aura un sacre grandiose. (Même sa voix, pourtant si caressante, devient une agression contre laquelle je dois me défendre, mot à mot.)

— Non.

— Quoi ?

— Il n’y aura aucune fête.

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Parce que c’est la vérité.

— Je ne comprends rien.

— Bien. (Parvenant maintenant à maîtriser leur tremblement, je pose mes mains sur le tableau de bord. Le soleil les illumine.) Alors dis-moi comment tu t’appelles.

— Mais Aphro….

— Non, la coupé-je, ton nom, le vrai, celui de l’état-civil.

— C’est le seul que je donne. Ça t’a suffi jusqu’à maintenant.

— Dis-moi d’où tu viens, avant le Cosmos, avant le flamenco et les deux types que tu as saignés.

— C’est ça qui te rend si sombre ? Pourquoi en reparler ? Ils allaient nous séparer. Ils ne m’ont pas laissé d’autre choix.

— De quoi avais-tu si peur ? Qu’ils te ramènent d’où tu viens ?

— Non. Personne ne peut porter la main sur moi, tu le sais.

— D’où sors-tu ? Qui es-tu ? (Autour de moi, le trompe-l’œil ondule lentement, maintenant pigmenté de couleurs qui virent toutes au gris ; à tâtons, je cherche à quoi me raccrocher pour ne pas être biffé d’une croix, comme une date sur le calendrier de Deauville.)

— Je viens de le dire. (Mes mains s’agrippent au volant comme elles serreraient une bouée de sauvetage.)

— Non ! Tu mens, ou alors tu es folle ! »

Son visage devient livide. « Tu… tu me traites de folle ? Moi, ta future épouse, celle que tu aimes… Mais je suis Aphrodite. Je suis réellement une déesse et je veux réellement t’emmener avec moi.

— Alors prouve-le-moi. (J’attrape la clé de contact pour jouer avec. Je voudrais être loin, ou nulle part, au soleil levant, étendu sur l’herbe rase d’un parc, près d’une pièce d’eau, écoutant les trilles savants d’un rossignol virtuose, n’espérant rien d’autre que le prochain instant.)

— Qu’est-ce que tu veux ? Que je me mette à changer de peau, là, que je passe au noir africain ? Que des ailes blanches me poussent dans le dos et que des milliers de petites étoiles scintillent autour de moi ?

— Un truc dans le genre, oui, précisément.

— Qu’est-ce qui t’arrive ? Depuis la station-service, tu n’es pas bien ; tu as changé. J’ai remarqué que tu consultais ton téléphone. On t’a écrit ? (Je fais oui de la tête. Comment le sait-elle ? Elle était dans la Porsche, à plus de cent mètres, et les rayonnages l’empêchaient de distinguer quoi que ce soit.) Pour te dire quoi ?

— Il faut revenir sur terre. Y rester serait plus exact. (Non. C’était du bluff. Elle n’a rien vu. Elle a juste tenté sa chance et j’ai mordu à l’hameçon.)

— Quelques mots te font douter de moi ? (Elle paraît atterrée.)

— Donne-moi la preuve que je ne rêve pas. Une preuve ! m’écrié-je en m’agitant sur mon siège.

— Je ne veux pas », répond-t-elle avec un calme qui m’effraie.

Elle ne réalise donc pas que nous sommes deux mauvais acteurs en fin de représentation, devant des rangées de sièges vides. Le dernier acte se joue à huis clos ; après, il ne restera qu’à rejoindre le monde réel, celui des mortels.

J’ouvre brusquement la portière et sors, cherchant de l’air frais. Il n’y en a pas. La carrosserie laquée noire étincelle sous le soleil. Un vertige me fait trébucher contre le rebord en ciment. Je dois m’appuyer de la main sur le capot brûlant. Putain de traitement, putain de maladie qui me rendent incapable de réagir comme il le faudrait, sereinement, avec maîtrise. Dans l’habitacle, la CB se met en marche, mal réglée ; mon chauffeur devant nous parle d’une voix nerveuse, hachée, incompréhensible, puis plus rien. Je crois entendre un hélicoptère qui nous survole. Le paysage danse autour de moi, le soleil et le sol, les arbres et les quelques nuages.

Elle me rejoint. Son regard a changé ; son corps même semble avoir changé : on dirait à présent une gosse de douze ans, une belle poupée fragile, avec des habits d’adulte deux fois trop grands. La vérité commence à se faire jour.

« Tu as peur. Ce n’est pas étonnant. Qui pourrait accepter de tels changements en aussi peu de temps ? Il te faut du temps.

— Non, je n’y crois plus. Aphrodite n’existe pas, parce que c’est moi qui ai tout inventé. Je délire, mais je vais reprendre pied, crois-moi.

— Quel délire ? Je suis ici. Ce n’est pas une preuve ça ? Je suis vivante. Regarde-moi : nous avons fait l’amour, et ce n’était pas une illusion : c’était une merveille.

— Non, je sais, c’est Ibrahim qui t’a tout raconté. (Je garde les yeux rivés sur le capot. Une sueur acide coule sur mes paupières, mais je dois garder les mains sur la carrosserie pour ne pas chanceler.) Il t’a mise au courant et tu es devenue Aphrodite, tu as endossé son rôle. C’était facile pour toi, pour une comédienne, car c’est ce que tu es : une enfoirée de comédienne sur les planches, mais ton partenaire te fait faux bond : il ne marche plus dans la combine, aussi attirante soit-elle… (Je reprends mon souffle avant de poursuivre.) Aphrodite : c’est le nom d’une femme… en Afrique du Sud… Oui, eh bien, elle vit à Pretoria. Elle est riche, très riche même. Avec elle, je fais du bon trafic, des armes, des voitures, d’autres trucs encore.

— Qu’est-ce que tu es en train d’inventer ? (Elle me fait face, une sale gosse qui joue avec elle comme avec moi.)

— Non ! (Je serre les poings et assène un coup sur le toit de la Porsche.) Dis-moi comment tu t’appelles ! Ma tête va exploser ! La seule vérité qui se tienne, c’est que tu t’es tirée d’un hôpital : tu es… tu es une folle et une meurtrière.

— Les mortels ne doivent pas chercher à me nuire. Il en va ainsi de...

— Je supporte plus ces conneries ! C’est une fable de débile ! L’Olympie, c’est seulement un nom de code. C’est en Afrique que je vais : pas dans le pays des dieux !

— Mon amour, ta mémoire se brouille, et je découvre que tu n’es pas celui que je croyais assez fort pour se libérer.

— Se libérer ? De quoi ? D’un cauchemar ?

— De toi-même.

— Il n’existe pas de là-bas ! Il n’y a que des containers d’armes pour l’Afrique du Sud.

— Où est le mensonge ? Est-ce que c’est mon Olympie ou bien ton Afrique du Sud ? »

Ma respiration se bloque. « Ne t’amuse pas comme ça avec nous ! Qui es-tu ? Qui ? »

 « Viens contre moi. Tu as peur. (Son calme ne fait que m’affoler davantage.)

— Oh oui, merde ! j’ai peur ! J’ai peur de toi, de moi, des autres ! Je ne sais pas ce que tu es. Je ne sais pas qui je suis. Je ne veux plus exister de cette façon atroce !

— Je regrette », fait-elle en s’asseyant à une table. Elle sourit, mais c’est de tristesse et de dépit.

« Tu regrettes quoi ? demandé-je en venant à côté d’elle, m’efforçant de tenir debout.

— Notre amour est une erreur. Je ne devais pas m’attacher à toi… Oui, évidemment, j’aurais dû le prévoir. Même s’il s’appelle Zakarias, un mortel n’est qu’un mortel ; au lieu de profiter du temps qui lui est imparti, il veut raisonner, il essaye de comprendre, de savoir.

— Combien de temps il me reste, belle petite Aphrodite ? Tu es censée le savoir, non ?

— Oui, si je le voulais, je le demanderais.

— À qui ?

— Hadès le dira.

— C’est évident ! Questionne-le alors !

— Il est en Olympie.

— Bien entendu. Tu as réponse à tout. Pourquoi tu ne lui téléphones pas ? m’exclamé-je en lui tendant mon portable.

— Qui t’a écrit ? C’est Florence, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

— Qu’avec toi, il n’y a que des mensonges.

— Bien sûr : elle veut que tu reviennes ; avec moi, elle te voit heureux. Comme toutes les mortelles, elle me jalouse.

— Mais elle ne m’aime pas ! Tu l’as bien vu ce matin ! Elle n’a rien dit.

— Elle avait peur. Sur l’instant, sa frayeur a pris le pas sur ses sentiments. Maintenant, elle est malade de jalousie : elle veut que tu restes ici, avec elle.

— C’est faux ! je la connais bien !

— Tu la connais, oui, mais bien mal. Si tu me suis, elle ne te reverra jamais ; cette idée lui est insupportable. »

Les arbres se mettent à tanguer, déréglés par une focale trop longue ; je m’assieds à moitié sur le banc, de l’autre côté de la table. Une voiture roule près de nous, puis s’arrête un peu plus loin. Je n’y prête pas attention. Nous nous regardons longuement, sans rien dire. J’entends maintenant un autre véhicule qui s’approche au ralenti, dans mon dos.

« Zak, je vais devoir repartir, sans toi. (Ses yeux se mettent à briller.) Nous ne nous reverrons plus. C’est trop douloureux.»

Derrière moi, j’entends un grondement, puis deux mains s’abattent sur mes épaules et me renversent à terre ; mon mollet est pris dans l’étau des crocs d’un chien ; un pied plaqué sur ma nuque me maintient au sol, la tête appuyée contre la terre sèche et l’herbe grillée par le soleil. « Bouge pas ! »

 

A suivre...

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