Cosmos-sur-Avron - Chapitre 8 (et dernier)

Une nouvelle policière et fantastique qui fait intervenir Mediapart. A lire et à déguster au soleil, avec une casquette blanche et noire, de préférence à petites rayures. Chapitre 8 (et dernier)

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Chapitre  8

Esquirol

 

Aphrodite, cassée comme un pantin, a la joue écrasée sur la table par deux hommes en civil, brassard de police au bras. L’un d’eux enfonce le canon d’une arme à la commissure de ses lèvres. Du sang couvre son front et macule ses longs cheveux blonds. Elle ne résiste pas, comme absente. Le chien grondant, tirant sur sa laisse, ne la quitte pas des yeux.

« C’est bon, fait un homme. On les tient.

— Relevez-le, dit quelqu’un. » On me menotte dans le dos, avant de me pousser vers le chef de l’opération. La profonde morsure à ma jambe me contraint à boiter. L’homme porte une vareuse ocre sur un polo blanc et un pantalon de toile beige ; il est le seul à ne pas porter de brassard. Ses chaussures de ville en cuir brun, soigneusement cirées, sont de qualité ; elles tranchent avec les chaussures souples de ses troupes. Pour sa stature, il a le visage trop large, un peu gras, avec l’expression suffisante d’un homme qui juge être au-dessus de la mêlée et qui se croit investi du pouvoir d’y fixer toutes les règles. La chaleur ne semble pas avoir prise sur lui ; aucune trace de sueur sur sa peau.

« Commissaire Guidicci, BRB Paris. Tu t’imaginais nous échapper ? Avec cette conne ? Pauvre brêle. On était prêt à vous cueillir au prochain péage. Le grand jeu, avec le préfet et quelques huiles parisiennes qui voulaient du direct. Ce sera en léger différé, tant pis. En vous arrêtant ici, vous nous avez facilité le boulot, et puis, on sera un peu plus tranquille. Ça restera entre nous. On a voulu me mettre dans les pattes le GIPN ou le GIGN. Pas besoin de ces têtes d’affiche encagoulées pour les médias, avec des boucliers plus grands qu’eux et des béliers de deux tonnes pour défoncer des portes en petit bois. Ils font dans le rodéo de banlieue pour impressionner les masses populaires. Pourquoi se cachent-ils la gueule comme ça? Ils ont peur qu’on les reconnaisse dans la rue ou quoi ? On n’est pas dans les comics, Spider-Man, Batman et ces autres conneries. D’ailleurs, tu vois des portes ici ?... Non, je préfère travailler à la régulière, avec mes troupes. (Il sourit.) Toi, tu vas t’en prendre plein la tronche, pour longtemps. Ton bunker d’antinucléaire a été utile, et une Porsche comme celle-là, ça se repère vite, surtout sur autoroute. Tu comptais aller jusqu’où comme ça ?... Tu préfères te taire ? C’est à peu près le seul droit qui te reste. C’est dommage de ne pas en profiter. De toute façon, grâce un CD retrouvé sous une dalle de ton bunker, on sait déjà pas mal de choses te concernant… »

Son sourire s’élargit. La douleur à ma jambe est insupportable ; je manque de m’affaisser ; dans mon dos, on me contraint aussitôt à me relever en me tordant le bras. La chaleur est écrasante, ma respiration haletante.

« Ta vie cachée est particulièrement intéressante. Pour certaines personnalités — et c’est probablement ce qui sera bientôt le plus palpitant —, les révélations sur tes activités vont vite se transformer en épines dans le pied. Quand je parle d’épines, je pense à de grandes épines, de la taille d’un gros clou, enfoncé au maximum. Avec ça, plus moyen de marcher droit. Pour plusieurs, ça deviendra même comme un couronne d’épines sur le crâne, tu sais, comme le Christ, mais toujours avec des clous. »

Une femme maigre au teint mat, portant un gilet pare-balles sur son tee-shirt, s’approche de nous. Ses cheveux bruns sont tirés vers l’arrière. Me regardant avec mépris, elle brandit son téléphone portable comme une croix devant un vampire. Un instant, j’imagine qu’elle veut me passer un correspondant, avant de me rappeler de ma situation. Qui pourrait bien savoir où je suis et qui connaîtrait son numéro de portable ? C’est son chef qui m’éclaire. « Merde, Akila, arrête avec tes photos ! Un jour, on les retrouvera sur le web. Tu ne te souviens pas des problèmes des américains en Irak ? »

— Mais patron, allez, on est en France, c’est juste pour les collègues à Paris. Je leur ai promis. Et puis ça pourra toujours servir…

— À quoi ? »

Il la regarde sans ciller. Elle ne trouve rien à répondre et se résout à nous laisser. Ma douleur à la jambe irradie dans tout le corps. Je baisse les yeux : une de mes tennis vire au rouge brun ; en dessous, une flaque rouge, comme si j’avais atteint dans le mille la cible au sol d’un parachutiste en démonstration.

« Déjà une célébrité. Ça te fait plaisir ?... Même pas ? Tu m’inquiètes… (Il émet une sorte de gloussement, ce qui doit être sa manière de rire. Mais j’ai du mal à entendre, encore plus à écouter. Il aurait dû enregistrer au préalable ses histoires sur un magnétophone numérique et se tirer en me laissant l’appareil. J’aurais pu décider d’écouter, en plusieurs fois, à mon rythme, allongé sous le couvert des arbres.) En tout cas, bravo pour le Cosmos : c’est un endroit où, effectivement, il aurait vraiment fallu être vicieux pour aller te dénicher. Malheureusement pour toi, et pour nos deux collègues, il y a eu cet incident au cutter. Je n’arrive pas à me faire à l’idée que tu aies pu te laisser embarquer là-dedans. Logiquement, t’aurais dû te barrer tout de suite, disparaître. Non, là, il a fallu que tu restes, et même que tu interviennes, en te présentant. Je ne pige pas. Pour un trafiquant, non, pour un marchand d’armes de ton calibre, c’est surprenant. Mais pas autant que certaines zones d’ombre. Toute une part — importante — de tes tractations ne semble être que des opérations fantômes, destinées à brouiller les cartes. La piste ne mène nulle part. Chaque fois où figure le code Olympie, les armes et les voitures se volatilisent, comme si elles n’avaient jamais existé. Il faudrait que tu m’expliques.

— Laissez tomber, vous ne comprendriez pas.

— Tu crois ? On en a vu pour…»

Un cri de souffrance l’interrompt. C’est Aphrodite.

« Oui, me dit l’homme, on va lui faire la leçon de choses, on va lui apprendre qu’on n’encule pas la police française. Malgré tout ce qu’on peut entendre ici ou là, quand on lui en donne les moyens — et c’est le cas aujourd’hui — c’est la police française qui encule les autres. »

Je vois qu’ils la traînent vers la Porsche, lentement, prenant leurs aises, la poussant d’un côté puis de l’autre, l’obligeant à tomber, puis à tenter de se relever sur le goudron. Ils lâchent sur elle le berger allemand qui attrape ce qu’il peut durant quelques secondes, avant de devoir renoncer, la bave en sang, rappelé par son maître. Une femme inspecteur est la plus virulente ; elle lance des coups de pieds dans le ventre. À leurs côtés, les encourageant, la photographe amateur prend cliché sur cliché. Trois gendarmes en uniforme, avec gilets pare-balles, mitraillette en bandoulière, restent à distance, comme étrangers à ce qui se prépare devant eux.

« Dans ta caisse de nabab déchu, on se fout de ce qu’on y retrouvera, du sang, du sperme ou des larmes : tout le monde s’en branle, et moi le premier. »

Un policier monte avec elle en la hissant par les cheveux, tandis qu’un autre se poste à côté, cachant ou surveillant la scène, pistolet Sig-Sauer règlementaire passé dans la ceinture.

« Cette môme, c’est un volcan : ça se remarque tout de suite. Ça te filait la trique d’être à la colle avec une tueuse de flics ?... Non, ne réponds pas, ton sort est scellé. À présent, c’est entre les mains de la justice des hommes. Tu sais au moins comment elle s’appelle ? Tu t’en fous ?... Bon, je vais quand même te l’apprendre, parce que quelque chose me dit que tu ne le sais pas : Christine Meunier, 20 ans la semaine dernière. Évadée de l’asile Esquirol, Val-de-Marne. Schizo, parano, délirante et ultra violente, avec les autres comme avec elle-même. Elle a salement amoché deux infirmiers, deux infirmières et une cadre hospitalière. En deux ans d’internement, huit tentatives de suicide ; la dernière remonte à trois mois. (Il écarte de la main un insecte qui vient de se poser sur la manche de sa vareuse.) Du classique. Enfin, si on veut : sous la douche, elle s’est mordue les veines du poignet. Pas de famille, plus d’amis, depuis longtemps. Normalement, elle aurait dû finir sa putain de vie de cinglée là-bas, sous psychotropes et neuroleptiques… (Il s’interrompt et jette un coup d’œil vers la Porsche. Les vitres surteintées cachent ce qui s’y déroule.) On m’a dit que la seule chose qui la calmait — mis à part danser dans le silence —, c’était de lui donner le texte d’une pièce de théâtre, n’importe laquelle, du Racine comme du Feydeau. Elle l’apprenait par cœur, à toute allure, en deux ou trois jours, puis elle la jouait dans sa cellule, seule, mais en interprétant tous les personnages. Bien sûr, avec son traitement, elle se plantait souvent, mais l’ensemble tenait le coup. Un psy l’a filmée, il a écrit un long article là-dessus. Il lui donne un Q.I. de 160 minimum. (Il se gratte la joue. Sa montre en acier accroche le soleil ; elle étincelle fugitivement.) On ne sait toujours pas comment elle a fait pour s’échapper, tellement il la gavait de médocs pour ne plus jamais en entendre parler. C’était une belle fleur fanée, vénéneuse, isolée, enterrée à moitié dans une cellule capitonnée. Avec son putain de Q.I. de 160 minimum, elle s’est fait la malle avant d’atterrir au Cosmos. La suite, tu connais. Un parcours d’anthologie. »

Alors j’avais raison. Il n’y a pas plus de déesse que d’Olympie : il n’y a que des convois, des containers de voitures de luxe et d’armes de guerre sur des cargos voguant pour l’Afrique du Sud et d’autres pays de la région. Le commissaire sort un paquet de cigarettes ; il en allume une, affichant l’air profondément satisfait de celui qui a mené à bien sa tâche principale et qui va donc en retirer prestige dans la presse et parmi les siens, peut-être même un poste plus élevé. À présent, hormis la Porsche, il y a six voitures autour de nous, quatre banalisées et deux de la gendarmerie, dont une Subaru. Je compte dix-huit policiers et gendarmes armés, dont deux femmes, des trentenaires pour la plupart, le visage déterminé, sachant pouvoir agir ici en toute impunité. Plus loin, un dernier véhicule blanc, gyrophare tournoyant, bloque l’accès à l’aire de repos.

« Qu’est-ce qu’on en fait, patron ? demande un jeune agité aux lunettes noires.

— Rien pour l’instant. Je veux d’abord qu’il entende couiner le cul de sa petite pute en chaleur. Va voir et fais baisser une vitre, qu’on puisse profiter.»

J’écoute, imaginant sans mal ce qui se déroule dans la Porsche. Maintenant, je tiens la vérité, et maintenant, je la plains. Christine, Aphrodite. Aphrodite, Christine. L’équation de la réalité.

« Laissez-la, dis-je. Elle n’est pas responsable. » Aussitôt, on resserre les menottes qui cisaillent mes poignets. Je crie de colère et de douleur.

« Zakarias, tu parles quand je t’y autorise, dit-il après une bouffée de cigarette. À moins que tu sois maso. Alors raconte-moi : quel effet ça fait de se troncher une gamine qui a presque trente ans de moins ? C’est top, hein ? C’est pas comme avec Lydie Boutereau, ta vieille copine des Yvelines. »

À ce moment claquent trois détonations, distinctes, séparées par un intervalle de deux ou trois secondes. La troisième est suivie d’un aboiement déchirant. Mon interlocuteur se retourne, oubliant sa cigarette qui tombe sur une de ses chaussures cirées. Celui qui montait la garde est étendu sur le dos, sa tête épousant la jante de la roue avant de la Porsche. Il ne bouge pas. De la portière sortent deux jambes rectilignes, comme suspendues, baskets à angle droit dont le haut est recouvert du bas d’un pantalon baissé. Le chien a l’arrière-train à moitié engagé sous la Porsche, le crâne explosé.

Les autres, passée la stupéfaction, se dirigent vers la voiture, accroupis, armes pointées, à l’affût du moindre mouvement. À moins qu’elle ne soit déjà abattue, la peau de Christine ne vaut plus rien. Le premier à atteindre le capot avant se relève rapidement et baisse son arme. « Putain ! gueule-t-il. Elle s’est déjà barrée ! »

Incrédules, les collègues s’approchent pour constater. On n’entend plus que le bruit de fond des véhicules sur l’autoroute. Plusieurs mines ébahies contemplent la rase campagne déserte.

« Pierre, s’écrie l’un d’eux. Pierre ! Tu m’entends ?

Il se penche à l’intérieur de la Porsche, en ressort furieusement et se dirige vers moi, presque en courant, comme s’il voulait me heurter de tout son poids avant de cogner. Du sang tache la main qui tient son revolver. À un mètre, il s’arrête et me décoche un coup de crosse au visage. Si l’autre derrière ne me soutenait pas, je me serais écroulé. Du sang coule dans ma bouche où je sens des fragments de dents.

« Y a un message pour toi, enculé, écrit au sang sur le pare-brise : “J’ai volé le corps de Christine pour venir te voir.” (Le visage défait, il s’adresse à son supérieur :) Elle lui a bouffé la moitié des couilles. C’est horrible. Il va y passer. »

« Et Laurent ? » questionne le chef d’une voix sourde. De la tête, l’autre lui fait signe que non. Visage soudain écarlate, le gradé se met à hurler : « Rappelez l’hélicoptère ! Cherchez-la, tous ! Et trouvez-la ! Tir sans sommation !... Toi aussi ! » commande-t-il à mon gardien. Avant de me lâcher, celui-ci m’assène une manchette sur la nuque ; je m’affaisse sur le bitume, front en avant. L’Afrique du Sud et ses cargos s’éloignent ; ce n’est plus qu’une solution qui se retire d’elle-même pour laisser l’Olympie revenir au premier plan. Pendant le ralenti de ma chute, je les discerne dans le cercle d’un reflet déformant, leurs voix lointaines, amorties par un épais filtre ; je les aperçois qui se démènent, se dépêchent, s’apostrophent ; ils s’invectivent, se dispersent, enragés, leur force, leurs armes, leur nombre soudain inutiles, confrontés à quelque chose qui les dépasse, à l’impossible. La divine Aphrodite est bien trop puissante et intelligente pour eux — et pour tous ceux qui voudraient se saisir d’elle. À nouveau déçue par les mortels, elle retourne en Olympie. À présent, ma tête molle heurte le sol ; j’ai la sensation qu’elle rebondit, puis qu’elle éclate, comme un fruit gâté qu’on presse entre les doigts. Dans ma conscience qui se désagrège, je crois bien que je me mets à sourire ; la vérité, maintenant, je l’ai retrouvée.

 

 

Flashs et dépêches AFP

 

Flash AFP 01  16 août 2011 11h32

FRA0127 1 C 0023 FRA/AFP-KZ23

La tueuse du Cosmos serait interpellée par la BRB (Brigade de Répression du Banditisme)  sur une aire de l’autoroute A1 près d’Arras (Nord).

fs

AFP 161132 AOU 11

 

 

Flash AFP 02  16 août 2011 15h03

FRA0278 1 C 0025 FRA/AFP-JG12

Au cours de son interpellation par la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) de Paris, la tueuse du Cosmos aurait fait deux nouvelles victimes policières.

fs

AFP 161503 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 01  16 août 2011 16h33

FRA0302 2 C 0184 FRA/AFP-JG41

Selon le Ministère de l’Intérieur, la tueuse du Cosmos a fait deux nouvelles victimes policières durant son interpellation par la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) sur une aire de l’autoroute A1, près d’Arras (Nord).

La femme a tué un premier inspecteur avec un pistolet. Elle s’est enfuie avec un second inspecteur de la BRB de Paris pris en otage. Son complice a facilité sa fuite en maintenant les policiers à distance avec une Kalachnikov.

La jeune femme a tué son otage retrouvé trois heures plus tard. Elle a disparu dans la campagne. Un important dispositif policier est mis en place dans la région et dans les pays limitrophes.

 Le Ministre de l’Intérieur a déclaré que « cette ennemie acharnée de la République paiera d’une manière exemplaire ses crimes inqualifiables envers celles et ceux qui ont pour mission périlleuse de protéger les Français. ».

 Le nom de la jeune femme n’a toujours pas été révélé. Une source autorisée indique que la jeune femme se serait échappée la semaine dernière d’un asile psychiatrique de la région parisienne. Elle y aurait été internée depuis deux ans.

 fs

 AFP 161633 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 02  16 août 2011 18h10

FRA0412 2 D 0112 FRA/AFP-JR44

Le complice de la tueuse du Cosmos est placé en réanimation à l’hôpital Saint-Antoine (Paris).

Selon une source proche de l’enquête, lors de l’interpellation sur une aire de l’autoroute A1 du couple en cavale, son complice, surnommé « Zakarias », est tombé sur le rebord d’un trottoir en essayant de s’échapper. Il a été victime d’une commotion cérébrale.

Son pronostic vital est engagé selon le porte-parole de l’Hôpital Saint-Antoine où il a été transporté par hélicoptère.

Celui qui se fait appeler « Zakarias » est un homme d’affaires de 51 ans mêlé à un vaste trafic de voitures de luxe avec le Moyen-Orient et à d’importantes ventes d’armes à travers le monde.

 jf

 AFP 161810 AOU 11

 

 

Flash AFP 03  18 août 2011 12h07

 FRA0412 1 B 0010 FRA/AFP-CS30

 La tueuse du Cosmos retrouvée morte à Villeneuve d’Ascq (Nord).

 hd

 AFP 181207 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 03  18 août 2011 12h55

FRA0503 2 B 0095 FRA/AFP-CX33

Selon une source policière non confirmée, le corps de la tueuse du Cosmos a été retrouvé ce matin sur le toit d’un immeuble à Villeneuve d’Ascq (Nord).

La jeune femme, recherchée par toutes les polices depuis deux jours, aurait succombé à une overdose. Les résultats de l’autopsie pourraient être donnés demain dans la matinée.

Un dealer connu des services de police aurait été retrouvé au même endroit, les deux jambes brisées. Ce serait ses cris qui auraient alerté le voisinage.

Le Ministère de l’Intérieur a indiqué qu’une communication sur ce sujet interviendrait dans la soirée.

 ml

AFP 181255 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 04  19 août 2011 11h18

FRA0201 2 B 0085 FRA/AFP-CE53

Le Président de la République va participer demain à 18h00 GMT aux Invalides (Paris) à une cérémonie en l’honneur des quatre policiers victimes de la tueuse du Cosmos.

L’Élysée a indiqué « sa grande satisfaction de voir cette criminelle mise hors d’état de nuire » et « félicite l’ensemble des forces policières et de gendarmerie qui ont concouru aux succès des recherches. »

Il a rappelé « le courage et le dévouement exemplaires de quatre inspecteurs tombés au champ d’honneur de la France. »

lz

AFP 191118 AOU 11

 

 

Flash AFP 04  21 août 2011 11h12

FRA0287 1 E 0080 FRA/AFP-GD41

Le site d’informations MEDIAPART a mis en ligne ce matin à 8h00 GMT des clichés de violences policières durant l’interpellation de la tueuse du Cosmos le 16/08/2011 sur l’autoroute A1.

Les autorités françaises ont violemment condamné cette diffusion à 10h15 par la voix du Ministre de la Défense lors de son interview sur RTL.

Un communiqué du Ministère de l’Intérieur rapporte que ce sont « des images grossièrement falsifiées et construites de toutes pièces destinées à salir la Police Nationale »

je

AFP 211112 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 05  21 août 2011 16h27

FRA0490 2 B 0179 FRA/AFP-GC44

Les clichés sur le site MEDIAPART de l’interpellation policière du 16/08 sur l’autoroute A1 montrent les policiers de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) battant la tueuse du Cosmos.

Un chien de combat apparaît sur les photos en train de mordre la jeune femme au visage et aux mains.

Toujours selon les clichés, celle-ci est ensuite jetée et enfermée avec un policier dans un véhicule de type Porsche.

Ces images contredisent partiellement la version officielle de l’interpellation. Les autorités recherchent activement la source ayant permis la diffusion de ces photos sur le site d’informations MEDIAPART.

La BRB de Paris qui a fait l’interpellation conteste formellement la véracité des clichés. Elle affirme que « ce sont de fausses images qui veulent porter le discrédit sur une institution dont  le professionnalisme et l’efficacité sont connus de tous. »

Des experts indépendants ont analysé les photos pour MEDIAPART. Selon eux, les photos n’ont pas fait l’objet de retouches ou de manipulations informatiques.

Selon toute vraisemblance, elles proviendraient d’un téléphone portable de milieu de gamme, ce qui expliquerait leur médiocre qualité visuelle.

hv

AFP 211627 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 06  22 août 2011 09h33

FRA0116 2 H 0203 FRA/AFP-PH21

MEDIAPART a mis en ligne sur son site à 7h00 GMT une vidéo qui correspondrait à l’interpellation de la tueuse du Cosmos le 16 août dernier.

Le film est composé de deux séquences d’une trentaine se secondes chacune. On y voit une femme et six hommes portant des brassards de police battre une jeune femme sur un espace goudronné. À deux reprises, un chien se jette sur le visage de la jeune femme.

Cette diffusion fait suite aux photos de violences policières visibles depuis hier matin sur le site d’informations MEDIAPART. Les photos concerneraient la même interpellation de la BRB de Paris.

Un communiqué du Ministère de l’Intérieur indique que « cette vidéo a été fabriquée de toutes pièces, probablement par les mêmes personnes ayant contrefait les photos diffusées par MEDIAPART. Encore une fois, la Police Nationale est la victime d’agissements scandaleux destinés à ternir l’image de femmes et d’hommes au service du citoyen. »

Interrogé sur Europe 1 ce matin à 8h30 GMT, le Ministre de l’Intérieur a sommé MEDIAPARTde « retirer immédiatement de son site de grossières et outrageuses falsifications qui attaquent l’honneur des forces de police. » Il a indiqué que celles-ci étaient « offensées dans leur dignité. »

hv

AFP 220933 AOU 11

 

 

Flash AFP 05  23 août 2011 22h41

FRA0789 1 S 0085 FRA/AFP-XC43

Selon une source anonyme autorisée, le commissaire Guidicci de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) de Paris serait prochainement muté dans la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

Ce transfert ferait suite à la diffusion cette semaine sur le site d’informations MEDIAPART de photos et d’une vidéo de violences policières à l’encontre de la tueuse du Cosmos depuis décédée.

Le commissaire était le responsable de l’interpellation de la jeune femme le 16/08 dernier sur l’autoroute A1, opération au cours de laquelle ces clichés auraient été pris.

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AFP 232241 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 07  24 août 2011 09h33

FRA0098 2 G 0166 FRA/AFP-HG76

Selon une source autorisée, depuis ce matin 6h00 GMT, un membre du conseil d’administration de Thor Industries serait en garde à vue à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans le cadre d’une information judiciaire conduite par un juge parisien.

On lui reprocherait une grave compromission dans des ventes d’armes menées avec celui qui se fait appeler « Zakarias », le complice de la tueuse du Cosmos décédée d’une overdose le 18/08/2011.

Toujours selon la même source, d’autres personnalités de premier plan pourraient être rapidement inquiétées au sein de la classe politique française.

Ce serait le prélude à la mise au jour d’une organisation souterraine de grande envergure avec des ramifications dans le monde entier, et notamment en Afrique subsaharienne dans les pays de la France-Afrique.

Depuis le 16/08/2011, le dénommé « Zakarias » est placé en réanimation à l’hôpital Saint-Antoine (Paris) dans un état préoccupant.

L’équipe médicale a indiqué qu’il y avait de fortes chances pour que l’homme ne sorte jamais de son coma dû à sa chute lors de son interpellation.

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AFP 240933 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 08  29 août 2011 08h02

FRA0053 2 G 0329 FRA/AFP-PK70

Selon une source autorisée, les révélations sur les activités du marchand d’armes « Zakarias » compromettraient directement plusieurs ministres en exercice, ainsi que l’entourage proche du Président de la République.

Le trafiquant Zakarias aurait mené des transactions secrètes pour plusieurs centaines de millions d’euros dans la vente de matériel militaire du groupe Thor Industries à des pays du Proche-Orient et d’Afrique de l’Ouest.

Ces ventes auraient été approuvées par la Présidence de la République et orchestrées par le Ministère de la Défense.

La même source rapporte que des commissions de plusieurs millions d’euros auraient bénéficié à des partis politiques de la majorité présidentielle, en premier lieu l’UMP.

Cet argent aurait pu servir lors des présidentielles de 2007. Ce qui pourrait s’avérer être un accord secret avec le groupe Thor Industries pourrait permettre au Président de la République de disposer d’importants subsides pour sa campagne des présidentielles de 2012.

L’opposition, par la voix du président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, réclame la création immédiate d’une commission d’enquête parlementaire.

Sur France-Inter, lors du flash de 07h00 GMT, le candidat socialiste à la Présidentielle s’est dit « très troublé par cette affaire et par le séisme qu’elle pourrait provoquer dans la classe politique française. »

Il estime « indispensable une clarification du rôle des uns et des autres dans une branche de l’industrie française où les enjeux politiques de certains peuvent malheureusement se mêler aux intérêts financiers de grandes entreprises. »

 Il se « refuse à croire que la Présidence de la République ait pu être impliquée dans une telle affaire, mais si c’était le cas, il faudrait que toute la classe politique française prenne ses responsabilités.

Il doit y avoir un souci de véracité et de transparence absolue entre les ventes d’armement du Groupe Thor Industries et les financements des partis politiques » a conclu le candidat socialiste.

Zakarias, toujours dans le coma, a été transporté cette nuit à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce (Paris), officiellement pour des raisons de sécurité.

 Jf

 AFP 290802 AOU 11

 

 

Flash AFP 06  31 août 2011 01h53

FRA0989 1 K 0146 FRA/AFP-TC59

L’hôpital militaire du Val de Grâce (Paris) a annoncé à 00h12 GMT que le marchand d’armes « Zakarias » a été placé sous coma artificiel depuis 20h30 GMT.

Les chances que celui-ci reprenne connaissance sont désormais quasi nulles.

Cette situation compromet l’avancement de l’enquête sur le groupe Thor Industries à propos de commissions qui seraient reversées à la classe politique française, notamment au parti présidentiel.

« Zakarias », complice de cavale de la « tueuse du Cosmos », est au centre d’un vaste trafic d’armes qui impliquerait des responsables politiques de l’actuelle majorité et la société française Thor Industries, champion français de l’armement, qui commercialise des matériels de guerre de très haute technologie.

L’entourage du Président de la République serait également mis en cause pour des commissions versées au parti présidentiel et destinées au financement de la campagne des présidentielles 2007, ainsi qu’à celle de 2012.

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AFP 310153 AOU 11

 

 

Bulletin AFP 08  02 septembre 2011 07h03

FRA0103 2 K 0283 FRA/AFP-HW51

Une source anonyme aurait communiqué à 05h54 GMT aux organes de presse  MEDIAPART, Le Monde et Libération des extraits du disque dur retrouvé le 16 août dans la cache du marchand d’armes « Zakarias », à proximité de Meaux (Seine-et-Marne).

Ces extraits impliqueraient  de nombreux hommes politiques de premier plan et révèleraient le montant des sommes qui leur auraient été reversées via des sociétés écrans situées dans les paradis fiscaux.

Il s’agirait de plusieurs dizaines de millions d’euros, répartis entre cinquante et soixante comptes dans le monde entier, notamment à Hongkong, Gibraltar (Royaume-Uni), Chypre et Panama.

Un communiqué de l’Élysée rapporte que « le soi-disant disque dur du marchand d’armes « Zakarias » ne peut en rien concerner la parti présidentiel et encore moins la Présidence de la République ».

Il rappelle que « les différents lois votées depuis le 11 mars 1988  sur le financement des partis politiques obligent, dans un souci d’équité et d’information du citoyen, chaque acteur politique à être totalement transparent sur l’origine des fonds liés à son activité politique, ainsi que sur sa fortune personnelle. »

Le communiqué indique « qu’il est ainsi impossible que ces allégations mensongères et insultantes sur le versement de commissions du groupe Thor Industries à l’actuelle majorité comportent une part de vérité ».

Il s’agit « uniquement d’une invention relayée par certains médias complaisants. »

Ceux-ci se laisseraient « grossièrement abuser et manipuler par des personnages dont l’unique but est de discréditer le parti présidentiel et le Président de la République à l’approche des élections de 2012. »

Il ajoute que « dans une démocratie responsable, les hommes et les femmes politiques ne peuvent être salis d’une aussi honteuse manière. »

 hd

 AFP 020703 SEP 11

 

FIN

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