Dites-moi... C’est une bonne situation ça, journaliste jeune ?

Un jour, certain.e.s jeunes décident de prendre leur plus belle plume, micro ou caméra pour lancer un média. Créer un média alors que l’on est collégien.ne, lycéen.ne ou étudiant.e n’est pas une décision banale. Pourtant le journalisme jeune attire de nombreux parents ne serait-ce qu’aux portes ouvertes lorsque les membres du club journal expliquent leur démarche et pourquoi c’est une superbe expérience.

Qu'est-ce que ça m'apporte ?

Le journalisme jeune est un moyen pour bon nombre de s’amuser, souvent entre ami.e.s. En créant un média ensemble on se rapproche, on invente et on se découvre. Chaque histoire est différente : certain.es ont commencé.e parce qu'iels s’ennuyaient, parce que des ami.e.s ont commencé, parce qu'iels voulaient s'engager. Devenir journaliste jeune c’est avant tout savoir se donner la parole, puis la donner aux autres.

« Ce n’est pas fait que pour les futurs journalistes, bien au contraire. N’importe qui peut participer à un média jeune, et c’est d’ailleurs cette multiplicité qui lui apporte de l’intérêt. »

L’expérience que l’on a en tant que journaliste jeune et ce que ça nous apporte dépend aussi du temps et de l’énergie que l’on met dans notre projet. Il y a tout de même certains éléments que l’on peut mettre en commun. Le journalisme jeune c’est apprendre à se battre pour ses droits, par exemple celui d’être directeur.rice de publication de son média. Depuis 1991 pour les lycéens et depuis 2016 pour les plus de 16 ans hors structure scolaire, les journalistes jeunes ont le droit de décider eux-mêmes de ce qu’ils veulent publier, tant qu’iels ne commettent pas de délits de presse. Pourtant, beaucoup de jeunes doivent encore se battre pour obtenir ce droit et arriver à un accord avec leurs chefs d’établissement.

Le journalisme jeune c’est aussi aller sur le terrain, découvrir le monde. La carte de presse jeune délivrée par Jets d’encre permet de faciliter l’obtention d’accréditation. Ça apporte aussi une confiance en soi et une légitimité. C’est un bon moyen de comprendre que ce que l’on dit a de la valeur.

Comment lancer son média ?

Lancer son média n’est pas aussi facile que ça peut en avoir l’air et pour vous aider j’ai fait appel à plusieurs journalistes jeunes qui ont créés des journaux au collège, au lycée, pendant leurs études et en dehors d’un cadre scolaire.

A travers les discutions que j’ai pu avoir avec eux, ce qui apparaît c’est qu’il faut avoir une équipe solide et stable prête à vous aider parce que lancer un journal seul c’est impossible. Il est primordial d’avoir une bonne ambiance pour organiser des moments entre vous et discuter en dehors des réunions. Si vos interactions ne sont basées que sur ça, au moindre désaccord le journal peut s’arrêter. Comme me disait Lucie, journaliste lycéenne au Mot Passant : « Si tu travailles avec des gens avec qui tu t’entends bien tu as bien plus de chance de pérenniser ton journal ! ».

Justement, pour les médias produits dans un cadre scolaire, l’idée de pérenniser son projet est primordiale pour assurer la relève : si vous voulez que le journal continue après vous il faut toujours être prêt à y accueillir des nouvelles personnes. Gwenaëlle et Youenn, deux journalistes jeunes aux parcours différents ont été touché par des problèmes similaires : journal arrêté une fois l’établissement quitté faute de personne motivée pour le reprendre, nécessité de chercher une nouvelle équipe de rédaction après le départ en erasmus de la quasi-totalité de celle de base… Ce sont malheureusement des choses à prévoir dans tout média scolaire.

Enfin un des derniers conseils à avoir en tête, c’est celui d’avoir une ligne éditoriale claire. Selon les mots d’Elouen, rédacteur en chef de Noctambule, journal de quartier indépendant basé à Rennes : « Ce que l’on écrit ne peut pas être neutre ». Voilà pourquoi il faut savoir se mettre d’accord en équipe sur ce que l’on veut dire et faire dans notre média.

Même si vous rencontrez des obstacles, le fait de lancer un média en étant jeune est presque invariablement une expérience très enrichissante, alors à vos stylos, micros et caméras ! 

Si vous n’êtes pas sûrs d’où vous allez, de ce que valent vos productions, de ce que vous pourrez améliorer ou si vous êtes au contraire plutôt confiants, gardez à l’esprit que vous avez un moyen de jauger la qualité de votre média : le concours Kaléïdo’scoop ! Les inscriptions à la 6e édition de ce concours national de la presse jeune, ouvert aux journaux papier, en ligne et aux web radios, ferment le dimanche 21 avril. Chaque participant, gagnant ou non, reçoit une fiche conseil avec un retour sur les points positifs et à améliorer de son média.

Aziliz Peaudecerf

 

Aziliz anime le podcast A la découverte de

Les inscriptions à l'édition 2019 du concours Kaléïdo'scoop sont ouvertes jusqu'au dimanche 21 avril pour les journaux papier, en ligne et pour les web radios

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