Bonne année aux 99 %

Depuis 2016 une bonne partie des 99% entrent dans la danse. Le mouvement des gilets jaunes comme la signature de la pétition climat par 1,5 million personnes en témoignent. La nostalgie des classes d’antan peut être paralysante pour le rassemblement. Il en est de même avec la recherche de leaders. Puisse 2019 nous aider à chausser les lunettes des nouveautés de notre temps.

Bonne année aux 99 %

 

La fin de 2018 n’a fait que confirmer les formes nouvelles de la lutte des classes et le potentiel de mobilisation des 99 % de victimes du néolibéralisme.

Jouant sur la nostalgie d’antan certains voient se reconstruire des classes ouvrière, populaire ou moyenne sur les ronds-points aidant ainsi le pouvoir à orchestrer sa politique permanente de division du monde du travail et de la population.

70 % de la population soutient les gilets jaunes, 1 500 000 personnes signent une pétition numérique pour intervenir sur le changement climatique. Les différents contenus affichés –pouvoir d’achat, formes nouvelles de démocratie, écologie – non seulement ne s’opposent pas mais participent d’une même prise de conscience d’appartenir à ces 99 %.

Ceux-ci sont structurés autour d’un salariat élargi regroupant la diversité des composantes, catégories ou milieux sociaux subordonnés hiérarchiquement ou économiquement. Leur rassemblement qui croise aussi les aspects genrés, ethniques comme de l’ensemble des diversités, est la clé des perspectives sociales, sociétales et politiques à ouvrir.

À la conjugaison terrain / numérique et à la transversalité des échanges et des informations s’ajoute la volonté d’intervention des intéressés sur des contenus sociaux, sociétaux et politiques à partir de leur propre vécu qu’ils veulent voir évoluer.

Ces nouvelles formes de mobilisations déjà fortement présentes depuis celles contre la loi travail en 2016 ne peuvent que s’amplifier et continuer à désarçonner les organisations ou institutions adeptes du fonctionnement en silo et de la verticalité hiérarchique. Les travailleurs et citoyens d’aujourd’hui attendent qu’on les aide à s’organiser et s’informer et non qu’on décide à leur place.

Idem avec le déclin de la délégation de son sort à un leader. La volonté de créer artificiellement un leader des gilets jaunes avec Éric Drouet qu’elle vienne du gouvernement d’Emmanuel Macron ou de Jean-Luc Mélenchon témoigne du désarroi à admettre ou à penser un processus de réponses diversifiées transformant la société de bas en haut de façon transversale.

Nous sommes les 99 %. Puisse 2019 nous aider à chausser les lunettes des nouveautés de notre temps et à enclencher des mobilisations progressistes gagnantes qui déjouent les pièges et récupérations orchestrées par les diviseurs de l’extrême-droite.

 

Billet 4 – Jean-François BOLZINGER -04 janvier 2019

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