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Billet de blog 3 mai 2022

La neurodiversité, kezako ?

Lorsque l’on milite pour les droits des personnes qu’on dit « avec particularités » on est rapidement surpris de constater à quel point les concepts et les termes sont totalement inconnus du grand public. Lorsque l’on mentionne le terme de neurodiversité c’est encore pire.

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Lorsque l’on milite pour les droits des personnes qu’on dit « avec particularités » on est rapidement surpris de constater à quel point les concepts et les termes sont totalement inconnus du grand public.

Si nous ne sommes pas surpris du fait que cette méconnaissance existe, car les causes sont facilement identifiables, nous sommes surpris par l’ampleur du travail de diffusion et d’explication qui s’impose à nous.

Lorsque l’on mentionne le terme de neurodiversité c’est encore pire.

Déjà, parce que le terme paraît complexe, il suscite de fait une méfiance, il est identifié comme un charabia de plus.

Ensuite, le développement personnel a fait beaucoup de mal en se présentant comme le chantre (imposteur) de la vulgarisation scientifique, ce qui a pour conséquence désagréable que tout concept qui a une approche scientifique (humaines ou plus dures) est toisé avec une distance certaine.

Plus globalement, les questions qui sont de manière simplistes liées au handicap sont souvent rejetées, par peur, par incompréhension, par une absence de volonté de s’enquérir du sujet. C’est saisissant, quel que soit le secteur d’activité de la société.

Du coup la neurodiversité, qu’est-ce que c’est ?

C’est affirmer, et ce de manière scientifiquement avérée, la diversité neurologique, cérébrale, intellectuelle et cognitive. C’est affirmer la variation infinie du fonctionnement neuro cognitif de l’espèce humaine.

Cela semble évident n’est-ce pas ? Dire que chacun est unique dans son fonctionnement neurologique et intellectuel. De la même façon que nous sommes chacun uniques physiquement, avec des capacités différentes, des propriétés différentes.

Finalement c’est simple la neurodiversité.

Ce qui est plus complexe c’est d’accepter les conséquences de cette affirmation.

Si l’on accepte cette diversité, alors la norme actuelle consistant à établir qu’il y a des personnes valides et des personnes invalides ne tient plus.

Poussons plus loin, par extension logique, il n’y a pas de personnes normales d’un côté et de personnes handicapées de l’autre.

S’il n’y a pas de personnes handicapées cependant, il y a des personnes en situation de handicap.

La différence entre ces deux propositions est que le handicap n’est pas inhérent en la personne qualifiée ainsi, mais en l’environnement qui n’est pas adapté à ses propres spécificités.

De fait, la neurodiversité est également la pensée qui permet de résoudre le modèle social du handicap.

S’il n’y a pas de handicap, mais un modèle social du handicap c’est-à-dire que la société est inadaptée à toute personne qui ne se conforme pas à la norme binaire de la validité chacun, neurotypique, ou avec une spécificité, chacun faisant partie de la neurodiversité, possède un seuil de vulnérabilité, c’est-à-dire, une ou des limites qui le mettent dans un inconfort, une souffrance et nécessite une adaptation de la société. Cela peut être psychologique, physique, social, culturel et le seuil de vulnérabilité ne se limite donc pas à la neurodiversité mais à toutes les compétences et capacités de chacun. Actons malheureusement que si la diversité physique est reconnue, la société demeure peu accessible à toutes et tous sans discrimination.

En conclusion, la neurodiversité permet de mieux comprendre les spécificités de chacun et ce qui fait que nous sommes uniques. Mais elle est aussi un paradigme permettant de questionner profondément les modèles qui structurent nos sociétés et qui se révèlent finalement obsolètes et injustes.

Affirmer la neurodiversité, c’est revoir notre modèle scolaire, notre monde du travail, notre urbanisme, notre modèle de santé ainsi que la psychiatrie et le médico-social, c’est également se saisir de problématiques du quotidien sur le logement, l’accès à la culture, les transports. Lorsque l’on analyse tout cela, l’on se rend rapidement compte de l’inadaptabilité et de l’inhospitalité de nos sociétés. Cette société qui par sa structuration marginalise et exclut par le caractère normatif dont elle est constituée.

C’est également affirmer la diversité des potentiels et donc enrichir cette société de tous ces potentiels pour peu qu’elle mette en place les conditions pour leur permettre de se développer. Le combat est sociétal, culturel, social et politique.

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