Nous accusons les banques de traîtrise envers les États

Nous accusons les banques de traîtrise envers les États.mp4 © Denis Masot
Nous accusons les banques de traîtrise envers les États.mp4 © Denis Masot
Nous accusons les banques de traîtrise envers les États.mp4 © Denis Masot

C’était mercredi 2 novembre 2011, au Frigo des Abattoirs de Nice. Salle comble à plusieurs centaines de personnes.

Sous la direction de Fabienne Brugel.

Le juge est joué par Jean-Paul Ramat.

Dans le rôle du Procureur de la République : Clara Guenoun. Remontée. Impossible à faire taire !...

Une co-production ATTAC- NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l'Espoir), compagnie de théâtre de l'Opprimé.

Avec le soutien d'ATTAC, de toutes les grandes organisations altermondialistes et... – ne pas (s’)oublier : ABC’éditions – Ah, Bienvenus Clandestins !

Jean-Jacques M’µ

Le texte :

L’acte d’accusation

JUGE : Monsieur le Procureur pourriez avoir l’obligeance de nous lire l’acte d’accusation ?

PROCUREUR : Bien sûr (il ouvre une valise et commence à sortir des dossiers énormes)

JUGE : C’est quoi tout ça ?

PROCUREUR : L’acte d’accusation.

JUGE : On n’a pas 8 jours, on a deux heures, là. Vous n’auriez pas un abrégé ?

(Pendant toute l’accusation qui suit, les banquiers vont essayer des stratégies pour faire taire le procureur : un va lui faire chut, un autre tousse, un autre va tenter de l’acheter, un autre le visera au pistolet mais sera empêché par l’avocat attac, tous essaient de lui barrer le passage, de la cacher, de la baillonner, ils font des grimaces, des bruits, des commentaires…)

 

PROCUREUR : Bon bon, d’accord ! mais c’est dommage. Nous accusons les banques :

De traîtrise envers les États par la création dissimulée et illégale de monnaie.

De spoliation des biens privés ou publics.

De spéculation sur les matières premières, le pétrole mais aussi le blé, le riz… (en se tournant vers les banquiers) vous êtres des accapareurs et des affameurs.

De financements de projets dangereux, injustifiés, mal étudiés ou franchement mensongers comme Illisu en Turquie, Sakalin en Russie…

De complicité de mise en danger de la vie d’autrui.

De complicité de spoliation de la terre.

De complicité de déplacements massifs de populations.

De complicité de destruction de la biosphère, de la biodiversité et d’actions provoquant le réchauffement climatique.

De complicité de morts de personnes par le financement de structures industrielles dangereuses.

De complicité de pollution radioactive, pétrolière, chimique ou biologique.

De complicité de dégradation des conditions de travail entraînant des maladies professionnelles, des accidents invalidants ou mortels et des suicides.

D’atteintes directes aux économies d’État par l’utilisation massive de paradis fiscaux et par l’usage du secret bancaire.

D’attaques économiques violentes et délibérées contre les États par le moyen de la dette publique pour obtenir la privatisation de pans entiers des économies nationales.

D’attaques contre la souveraineté des États par l’exigence de soi-disant « bonne gouvernance économique » qui transforme les gouvernements en collecteurs de fonds pour les banques. Voilà, c’est tout.

JUGE : Heureusement que c’est le résumé.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.