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Billet de blog 8 févr. 2011

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Le théâtre-image : technique de l’opprimé, pratique consciente et conscience politique

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’image !... Une des approches les plus fameuses du théâtre de l’Opprimé initié par Augusto Boal permet de comprendre la complexité de situations particulièrement sensibles en dépassant l’excès ou le manque de paroles.

De l’image au mot

Le théâtre-image est le jeu à partir duquel s’expose d’abord une vision, la plus synthétique possible, d’un événement ou d’une situation. En suite de quoi, grâce à des interventions et des exercices appropriés, les modifications apportées vont parvenir à considérer plusieurs champs de réflexion qui peuvent (utilement, mais pas nécessairement) passer par les discours en prise directe avec les réalités considérées.

Le théâtre-image concerne deux types de démarches :

- L’ANALYSE DES PRATIQUES auprès de groupes qui se connaissent et veulent résoudre une question sociale qui les préoccupe (les relations dans le travail ou dans la cité, avec le voisinage, une décision à prendre, le droit et la place de chacun, l’équilibre à trouver ensemble entre “respect” et “tolérance”...) ;

- L’INVESTIGATION auprès de groupes qui ne se connaissent pas et ont besoin de faire des points d'ordre individuel (difficultés personnelles à s’insérer ou à faire valoir ses compétences, finalisation d’un projet qui tient à coeur, évaluation des risques d’une entreprise dans laquelle on se lance...).

Quelques préalables

Ce qui importe, avant de se lancer dans le théâtre-image, c’est la problématique de départ, la question initiale qui permet de confronter au moins deux données antagoniques. Ainsi, la communauté scolaire d’un collège pourra-t-elle trouver intérêt à poser quelques questions essentielles en termes de repères entre plusieurs cas d’adolescents et plusieurs types d’adultes aux fonctions différentes (administration, enseignants, surveillants, personnel de service, social ou soignant, parents...). Les relations garçons/filles ne se pensent pas (et ne se représentent pas) de la même manière selon les quartiers et selon les personnes, leurs âges, leurs responsabilités, leurs expériences...

De nombreuses troupes de l’Opprimé utilisent ces pratiques, pour conduire aux scènes constitutives de leur théâtre, ou construire des personnages, approfondir un aspect jusqu'alors négligé...

Elles y forment également.

À Lille, le T’Op. À Strasbourg, le théâtre du Potimarron. À Paris, la compagnie Kokoya. L’un des plus actifs, sans doute, à notre connaissance, est celui dont les partenaires et formateurs sont issus de la compagnie théâtrale NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir).

Bon à savoir :

ABC’Éditions envisage d’accompagner des initiatives où, à partir de l’image, se découvrent des modes de vie jusqu’alors peu ou mal considérés.

Dès ce premier semestre, une équipe de volontaires va se former en s’efforçant de saisir les invisibles autour de nous. Parce que le théâtre-image permet un nouveau regard, une approche sensible, l’expérience doit pouvoir encourager les échanges au sein de nos sociétés. Depuis les banals lieux de nos existences jusqu’aux plus festifs qui puissent être, l’expression des différences se dit, avec, en point d'orgue pour certains, la transposition photo et écrite de ces récits de vie partagés.

Les Invisibles d’Avignon.

ABC’Éditions se propose de les publier sous forme d’un beau livre à la fin de cette année en se concentrant sur l’aspect social de ces expériences (« Ici on apprend l’art de la rencontre » souhaitait Albert Jacquart pour l’enseignement). Le côté artistique de ce beau livre devra beaucoup au regard vigilant du reporter-photographe international Reza et à l’équipe de son ONG AinaWorld.

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