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Édition de livres, poésie engagée, littérature, éducation populaire, enseignement, formation, stages, ateliers d'écritures, théâtre de l’opprimé
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Billet de blog 11 févr. 2011

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Certains créent des blogs pour dire ce qu’ils font. J’en suis. Comment peut-on en effet – tout en évitant, bien entendu, l’épineux écueil de l’auto-complaisance – signaler les dysfonctionnements sociaux et culturels ou éducatifs du monde dans lequel nous vivons... si nous ne donnons pas, nous-mêmes, nos propres tentatives en guise de réponses existentielles et politiques ?...

Je suis de ceux qui cuisinent ce qu’ils aiment manger et préparent les services qui leur conviennent le mieux. Quand on n’aime pas certaines conditions, on se fabrique les livres qu’on aimerait lire, le théâtre qu’on aimerait voir. Sans plainte ni reproche à qui que ce soit : ni avant ni pendant ni après. Au nom de quoi, d’ailleurs ?... Car, à y bien penser, ce n’est que notre seule affaire au milieu des autres (ce que pourrait illustrer assez clairement le fameux Holding Head de Yue Minjun, que j’ai placé en exergue de ce blog pour y exprimer que nous avons tous à porter ce que nous avons en tête ; il ne s'agit pas d’autarcie, mais d’autonomie ; il s'agit d’indépendance).

De l’entre-soi au hors-de-soi

C’est, bien évidemment, une solitude non souhaitée, un isolement, mais c’est aussi le lieu d’où je me place pour me débattre en proposant ma propre “cuisine”. À la fin du Dîner de Babeth, l’autrice, Karen Blixen, fait dire à son personnage éponyme :

Laissez-moi me surpasser.

Comme chacun, comme chacune de nous, je fais et je dis ce que je crois avoir à dire et à faire... En espérant le dépassement que permet toute rencontre. Mon entreprise est alors, plus que jamais, de favoriser le dialogue entre populations qui s’ignorent. Le moyen n’est pas d’ordre économique ou financier ; il est d’ordre philosophique et politique : accepter l’échange avec ceux dont nous ne soupçonnions même pas les conditions d'existence. La seule (bonne) volonté suffit pour atteindre de pareils objectifs : ne pas parler à la place des autres. Parler avec. Et faire qu'ils parlent, en contrepartie, d’eux, de leurs envies et de leurs colères, de leurs intérêts profonds, véritables, comme nous parlons des nôtres.

Manu Bodinier, Franck Lepage, Xavier Renou, Adrien Roux sont de ceux-là qui, humblement, favorisent et amplifient la parole des autres. Et l’équipe de la compagnie théâtrale NAJE (Nous n'Abandonnerons Jamais l’Espoir).

Soi et les autres

Quand on ne demande ni prêts aux banques ni subventions aux collectivités publiques, la seule ressource reste l’échange (ré-)actif (inter-)actif. Le partage des énergies. La seule ressource, quand on n’a que sa parole, c’est d’élargir son audience à ceux qui pourraient, avec nous, agir sur les choix de société. Je vise ainsi, à travers ce blog, à inscrire quelques idées dans le débat, en fournissant mes propres questionnements et les quelques doutes qui en découlent. Je crois que s’interdire de demander, c’est s’autoriser en contrepartie à proposer quelques pistes de réponses possibles, en même temps qu’on réfléchit aux autres possibles proposés par ailleurs.

Bref, pour qui pourrait s’imaginer que je ferais dans l’auto-proclamation, mes précisions au fil de mes billets ne sont rien d’autre que le cours de l’actualité. Mais sans doute le lecteur sera-t-il tenté, comme toujours dans les relations humaines, à se laisser aller à apprécier jusqu'aux défauts de ceux qui nous plaisent, et à ne reconnaître qu’à peine les qualités de ceux qui nous déplaisent (c’est une logique a priori assez sage, celle qui prétend...

inutile de discuter : car ceux qui vous aiment vous comprennent sans parler ; et ceux qui vous détestent ne vous entendent pas quoi que vous puissiez dire jamais

... mais c’est une logique que je préfère contrer, car elle conforte trop le “quant-à-soi” et ne court pas suffisamment le risque du chemin vers l’autre, du “hors-de-soi”, car, entre les mécanismes endogamiques et les exogamiques, je préfère les seconds, en dépit des désillusions toujours possibles ; rien ne se tente sans risque, et il y a même un sacré (satané ?) goût de revenez-y dans le plaisir de nouvelles rencontres, nouvelles découvertes, nouvelles propositions...).

Sortir de soi est le mode que je décide d’adopter avec vous au long de ces pages inter-actives. Merci à ceux qui prennent la peine d’y réagir.

Le même et l’autre

Et là, si je me suis bien exprimé, reproches ou conseils compatissants seraient alors en total décalage avec mes efforts ici. Ce ne sont pas des nounous que je recherche en créant ce blog ; c’est une relation politique. Une pensée vraie, en cours de cheminement.

Vrai ?... Je veux participer d’un dialogue où les cultures ne sont pas réduites aux vernis stéréotypés qui font des autres des bombes ou des boucliers potentiels. J’en sais qui refusent le dialogue avec Untel parce qu’il a telle casserole, telle pratique ou tel parti-pris : nous avons tous le droit à l’erreur, à nos sensibilités et à nos opinions. Mon principe n’est pas l’exclusion ou la relégation, mais au contraire l’expression argumentée et l’information. Et j’ai autant le droit d’informer de mes propres actions que de celles des autres, j’ai autant le droit d’annoncer les propos que j’énonce que de répercuter ceux des autres sans pour cela passer pour malhonnête intellectuellement : encore une fois, mon seul recours est le dialogue, c'est un recours politique, pas économique.

Nous sommes plus de six milliards d’êtres humains sur terre à supporter nos isolements...

... et à chercher à résoudre ce paradoxe par le rassemblement des énergies. Le pouvoir d’initiative à la base : encore un concept sans doute très tendance ?... Je me pique d’y croire, cependant. Non sans arguments. La certitude est pour moi que le dialogue des cultures s’inscrit bel et bien, dans un processus. Je crois aux phénomènes, pas aux lois. Le dialogue n’est pas qu’un simple moyen, c’est aussi un moyen simple. Simple, mais très physique et nécessairement inter-personnel, car fait de mots écrits pour se comprendre, mutuellement, et, par conséquent, pouvoir évaluer nos expériences concrètes, directes, nos quelques savoirs et nos intenables ignorances. Et décider de la manière la mieux éclairée possible.

Ce blog est en quelque sorte une parole errante autant qu’une fabrique de mouvements ; la matrice en est dynamique, en continuelle transformation, en élaboration, une sorte d’élan non bridé, non contenu, d’authenticité, un élan adressé à chacun pour pouvoir s’aider à avancer dans nos existences : quand on pose des actes en rapport avec sa pensée du monde, c’est un modèle relationnel actif (inter-actif, j'y reviens, décidément) qu’on propose, et ce sont des interlocuteurs vigilants qu’on s’attend à rencontrer.

Jean-Jacques M’µ

www.abceditions.net

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