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Billet de blog 14 déc. 2014

Sur la situation au Mexique

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AUX PEUPLES DU MONDE SUR LA SITUATION QUI SE VIT AU MEXIQUE

Nous, les médias libres, alternatifs, indépendants, autonomes ou quel que soit leur nom, nous consacrons à diffuser des informations depuis les luttes et avec elles depuis bien longtemps. Nous le faisons en nous organisant et en prenant nous-même en main nos besoins en termes de communication, en remettant en question la manipulation des faits et des informations de la part des médias commerciaux, en démythifiant l’idée selon laquelle les journalistes sont objectifs.  

Nous n’avons pas le sentiment de détenir « la vérité absolue », mais nous communiquons de manière honnête à partir de nos subjectivités assumées et de nos idéaux de liberté. Le meilleur reste à venir, et nous devons lutter pour l’obtenir. C’est pour cette raison que nous nous positionnons aux côtés de celles et ceux qui résistent et construisent au quotidien de nouvelles formes de vivre ensemble, qui s’opposent aux logiques de mort et de destruction.  

Nous brisons la censure médiatique

Nous défendons la liberté d’expression en donnant vie à des médias et processus de communication qui n’appartiennent ni ne servent les intérêts de ceux qui nous soumettent.  

Actuellement, notre pays est plongé dans une des plus graves crises politiques qu’il ait connu ces dernières années. Les terribles événements des 26 et 27 septembre à Iguala, Guerrero, ont dévoilé l’énorme complicité qu’il existe entre le crime organisé et l’État mexicain. Il n’y a aucune distinction entre mafia et gouvernement, ni entre police, narcotrafiquants et paramilitaires. Tous, main dans la main avec la grande majorité des médias de masse, agissent dans le même camp et protègent les intérêts qui leur sont propres.

À peine une heure après que la police ait assassiné 6 personnes et enlevé 43 étudiants – sans que l’on ne sache encore avec certitude où ils se trouvent aujourd’hui – des médias de « communication » ont commencé à diffuser « l’information » selon laquelle un affrontement avait eu lieu entre les élèves de l’école normale et la police. Depuis lors, le traitement médiatique de cette crise n’a fait que rechercher des profits pour ces médias et pour l’État, tout en dispersant les responsabilités et en octroyant des pardons.  

Leur but n’a pas été d’informer la population de ce qu’il se passe, et encore moins d’analyser les faits en profondeur pour lever le voile sur les réseaux de corruption de « ceux d’en haut » – sachant que les grands groupes de presse sont parties intégrantes de cette toile – mais bien de faire en sorte que leurs médias gagnent en popularité et d’aider le gouvernement à gérer l’information, sans respecter ni la douleur des victimes, ni l’intelligence de la population.

Il y a pourtant quelques personnes, principalement des journaliste et travailleurs-euses du monde de la presse, des membres des réseaux sociaux ou de simples membres de la société, qui ne se sont pas contentés de suivre ce chemin. C’est à elles et eux que nous nous adressons.  

La dignité des étudiants d’Ayotzinapa, tout comme la force et l’intégrité de leurs camarades, familles et ami-e-s, grandit jour après jour et réveille chaque fois plus de colères, issues des innombrables injustices dont souffre le pays depuis de nombreuses années.

Au Mexique et dans beaucoup d’autres endroits du monde, des milliers de personnes sont sorties dans les rues pour exiger que justice soit faite pour les 43 étudiants disparus. La liste des plaintes est si longue que les mobilisations mettent également sur le tapis la violence quotidienne qui se vit dans le pays, les milliers de disparitions et assassinats, les milliers de féminicides qui ont lieu dans cet État policier et militarisé.  

C’est bien cette violence que nombre de médias tentent de rendre invisibiles 

Comme si la mémoire et la dignité avaient une date de péremption, comme si la douleur et la souffrance pouvaient être condamnées à l’oubli.  

Nous vous invitons à vous joindre à nous, à nos voix et nos regards, pour la construction d’un présent meilleur, à tisser ensemble une communication depuis le bas, à consulter et faire partie des médias  libres, alternatifs, indépendants, autonomes ou quel que soit leur nom. 

http://tejemedios.espora.org/wp-content/uploads/2014/12/MEDIOSLIBRES.jpg

Note : Géopolitique de l'État de Guerrero (gouvernement fédéral du Mexique) : http://jovenesemergencia.org/mapas/geopolitica-ayotzinapa-tlatlaya/index.php

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