L’esprit (bien ) français, ou la bonne façon de détruire les populations et les solidarités sans frontières entre les peuples

 

BleuBlancRouge, Marseillaise en chœur, Ex-votos, concerts communiants, drapeaux nationaux arborés, bougies, messages attendris... il y a un état de choc qui sidère et laisse pleins pouvoirs aux pouvoirs en place pour encore plus de répressions, de lois liberticides, d'encadrement des opposants, de sales affaires militaro-diplomatiques avec les pires pays de la planète, dont la direction de notre pays ne manque pas d'être complice... en notre nom !

Voilà, le président et son équipe remettent les pleins pouvoirs à l’armée, fement les frontières, musellent les contestations, laissent les commerces avec leurs affaires florissantes, et nous prient de faire la fête pendant qu'ils continuent leurs sales affaires militaro-diplomatiques bis. La même chose en pire.

Bon...


EXCEPTION, VOTRE HONNEUR !

Le président a parlé... Euh ?... Bon, je ne me sentais pas en sécurité avec un gouverment d'incapables de la moindre protection des civils, des manifestants et des journalistes, là me sens vraiment en territoire étranger avec ce discours pompier pyromane. Et devant l'énormité de ceux qui benoitement l'approuvent et laissent faire et laissent dire.
Voilà qu'on en revient aux perfidies de la pseudo identité nationale, alors que si l'identité existe bien, au plan personnel, incontestablement, l'identité nationale, elle, est une construction arbitraire, un mythe, une monstrueuse supercherie strictement basée sur des intérêts mercantiles supérieurs aux intérêts des populations elles-mêmes, autour de frontières qui ne sont que des arrangements politico-commerciaux et linguistiques par l'intermédiaire de nos systèmes administratifs.

Pays principalement belligérant à tradition belliciste profondément ancrée dans ses manuels, ses principes mythiques, ses mensonges par omission, ses propagandes au progrès, à la croissance et à la technologie

Rien ne nous permet de placer nos valeurs dans la droite lignée d'un pays qui a fait toutes ses guerres sur des propagandes héroïco-tragiques rapportant de juteux profits pour un peu de douceurs et de conforts dans la métropole : nos fondements, c'est le trafic d'esclaves, les colonisations, l'impérialisme, les guerres, les invasions les trafic d'armes et d'influences...
C'est ce pays qui a torturé en Algérie (au moins !),

  • c'est ce pays dont les dirigeants permettent que nos entreprises pillent les terres africaines pour leur pétrole et leur uranium, leur gaz de schiste,
  • c'est ce pays qui a laissé le nucléaire et les pesticides bétonner nos campagnes et nos rivières,
  • c'est ce pays qui a une moyenne d'âge de 50 ans et se ferme aux jeunesses perdues qui frappent et meurent à nos portes, sur nos rives ou dans nos murs,
  • c'est ce pays qui ne forme plus les enfants et les jeunes que pour les entreprises, sinon c'est la déchéance,
  • c'est ce pays où des personnes cultivées à vocation artistique et intellectuelle trouvent plus à redire à quelques éléments perdus de notre monde qu'à une police complètement incompétente, assassine, répressive contre les plus démunis et les défavorisés de nos sociétés,
  • c'est ce pays qui voudrait que nous fassions la fête pendant que nos avions jettent leurs bombes,
  • c'est ce pays qui a laissé faire, de tout temps les marchands d'armes.

Pas de quoi pavoiser. Vraiment.

Voilà la déclaration du syndicat de la magistrature : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/11/16/attentats-le-communique-du-syndicat-de-la-magistrature-923776.html

 

Et, vous ne me le demandez pas, mais je vous l'offre en prime quand même, ma réaction à ce consensus mou qui veut nous faire oublier l'essentiel : la liberté de circulation des personnes et des idées (articles 9 à 21 de la Déclaration universelle des Droits humains de 1948)

RÉPONSE D'AVANCE AUX CONSENSUS MOUS QUI VEULENT FAIRE LA FÊTE PENDANT QU’AUTOUR PLEUVENT LES BOMBES

De fierté, nous pouvons en avoir pour ce que nous avons fait ou dit, oui, pas pour ce que nous sommes. Nous sommes les fruits d'une naissance que nous n'avons pas demandée, dans un milieu, un moment et une éducation que nous n'avons pas discutée. La suite de notre vie, selon ce que nous réussissons à en faire, peut effectivement donner lieu, éventuellement, à fierté, selon comment et avec qui nous avons su et pu dépasser les adversités et les obstacles. Point barre

Jamais avoir une carte d'identité ou aller boire un coup ou aller danser ne sera un critère pertinent pour la fierté, pas plus que de tuer, pas plus que de se préparer à tuer, pas plus que de laisser tuer.

Qu’avons-nous fait pour la paix dans ce monde ?...

Nous avons laissé nos dirigeants vendre des armes et bombarder des peuples au nom du peuple même avec lequel je partage ma carte d'identité, qui n'est qu'un instrument administratif qu'aucune fausse philosophie ne me fera penser « nationale » (sic).

Qu'avons-nous fait pour aider les peuples du monde ?...

Nous avons laissé nos polices dresser des barbelés aux frontières, nos administrations ériger des camps d'enfermement et de rétention, nos chiens chasser les populations fuyant les bombes fabriquées par nos pays, nous avons laissé nos avions bombarder et les expulser.

Non, il n'y a pas de quoi être fiers de nous, il n'y a pas de quoi faire la fête, il n'y a pas à se réjouir des morts. D'aucune mort.

Non nous n'avons pas à applaudir une police qui a tué un jeune opposant qui manifestait, nous n'avons pas à applaudir une police qui a cessé de protéger des journalistes menacés de fatwa, nous n'avons pas à applaudir à une police qui persécute les plus pauvres, expulse les roms et les migrants, qui n'est efficace que pour détruire des zones à défendre, et jamais pour protéger les populations civiles, nous n'avons pas à approuver une justice qui n'applique le droit que pour dédouaner des dirigeants politiques violeurs, prévaricateurs, et menteurs à leurs promesses de campagne.

Non, il n'y a pas de quoi pavoiser. Je ne signerai pas avec ceux qui ne contestent pas avant toute chose la politique belliqueuse de nos dirigeants, et leur presse de propagande dirigée par les marchands d'armes Dassault et Lagardère, je ne confondrais pas ma peine et ma colère, le deuil des victimes, toutes, où qu'elles soient, avec l'assassinat de masse pratiqué par tous nos gouvernements dans chacun des pays que nous avons tour à tour envahis, conquis, colonisés et abandonnés à la corruption des élites dirigeantes.

Jean-Jacques M’µ

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