Un conseiller du ministre me demande pourquoi je lui envoie cet i-mail :
Urgentissime (Blanc Mesnil) : faxez mailez pour la libération de M. BORGES NUNES SANCHES, papa de Brihanna !!!
Merci de faxer/mailer sans relâche pour demander la libération immédiate de M. BORGES SANCHES père de famille du 93 ! Modèle de lettre ci-dessous.
Pour sa libération :
Préfète du 77 : Nicole KLEIN
Mail : nicole.klein@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Fax du secrétariat du préfet : 0164717503
Directeur de cabinet du préfet : Christian MICHALAK
christian.michalak@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Fax : 0164717525
Secrétaire général : Serge GOUTEYRON
serge.gouteyron@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Ministère de l’Intérieur : tél.01 49 27 49 27 télécopie :01 40 07 60 60 manuel.valls@interieur.gouv.fr (mais ne fonctionne pas !) Directeur de cabinet adjoint : Thomas Andrieu thomas.andrieu@interieur.gouv.fr Conseiller auprès du Ministre de l’Intérieur : Yves Colmou : sec.colmou@interieur.gouv.fr Conseillère à l’Immigration : Eléonore Lacroix eleonore.lacroix@interieur.gouv.fr
Matignon : premier-ministre@cab.pm.gouv.fr
Élysée : secrétaire général : pierre-rene.lemas@elysee.fr 01 42 92 81 00 directeur de cabinet adjoint : alain.zabulon@elysee.fr
Madame la Préfète,
Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de M. Manuel Antonio BORGESNUNES SANCHES, né le 01/05/1976 à Tarrafal (Cap-Vert), de nationalité capverdienne, n° étranger : 9303299183. Il a été arrêté suite à un contrôle d’identité puis placé le 16 juillet 2012 sur décision du préfet de Seine-et-Marne à la prison pour étrangers du Mesnil Amelot (77), seulement 8 jours après sa libération par le Juge des Libertés et de la Détention de Meaux, statuant sur l'irrégularité de la procédure.
M. BORGES NUNES SANCHES est entré en France en 2001 (soit 11 années) et vit depuis 2007 (5 ans de vie commune) avec une jeune femme, Dina Flore Brunella, ressortissante gabonaise en France depuis l’âge de 7 ans et en situation parfaitement régulière. De cet amour est née le 22/12/2008 la petite Brihanna scolarisée à l'école maternelle Anne Franck au Blanc Mesnil.
M. BORGES NUNES mène une vie sans problème avec sa compagne actuelle et sa fille Brihanna qui vivent depuis l’arrestation dans l’angoisse d’être séparées du principal soutien psychologique et financier, jusque-là le seul par son travail à subvenir aux besoins de la famille. Le couple est locataire en titre de leur maison au Blanc Mesnil.
Cette mesure d'éloignement viole donc l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme compte tenu de ses attaches personnelles et familiales en France. Le centre de ses attaches familiales est en France auprès de sa compagne, ses enfants et ses sept frères et sœurs résidents réguliers dont 3 sont Français.
Monsieur a entrepris moult démarches auprès des services préfectoraux pour faire régulariser sa situation au regard du séjour mais n'a essuyé que des refus. Brisé et lassé par des contrôles d'identité et placement en rétention à répétition, mettant chaque fois à mal son activité dans le bâtiment, ce père de famille décide alors d'utiliser de faux documents d'identité pour faire cesser cet acharnement aveugle et pouvoir faire vivre dignement sa famille sans la peur incessante d'une éventuelle expulsion. Le 02 juillet 2012 alors qu'il se rend en voiture sur un chantier, il est contrôlé, placé en garde à vue puis déféré au parquet de Meaux pour usage de faux. Il écope d'une Interdiction du Territoire Français d'un an à titre de peine principale et est placé au centre de rétention du Mesnil Amelot d'où il sortira le 8 juillet sur décision du juge des libertés et de la détention de Meaux.
Une semaine jour pour jour, passager d'un véhicule, alors qu'il se rend sur un chantier, il fait de nouveau l'objet d'un contrôle routier au même endroit et par le même agent de police qui le reconnait et connait sa situation administrative. Monsieur BORGES est actuellement enfermé à la prison pour étrangers du Mesnil Amelot dans un état de détresse inquiétant. L'acharnement contre ce père de famille qui est loin d'être un délinquant doit cesser immédiatement ! Son avocat était sur le point de déposer auprès du Ministère de l'Intérieur une demande d'assignation à résidence, condition préalable à une requête en relèvement d'Interdiction du Territoire Français.
Enfin, vous n'êtes pas censé ignorer que pour toutes les décisions administratives ou autres, c’est “l’intérêt supérieur de l’enfant qui doit être une considération primordiale”.
En décidant d'expulser ce père de famille, ce n'est pas seulement la vie de cet homme que vous brisez mais celle d'une famille toute entière. D'autant plus qu'il s'agit d'un couple mixte dont la cellule familiale ne pourra se reconstituer hors de France.
Par conséquent, je vous demande instamment de renoncer à l’expulsion de Monsieur BORGES NUNES vers un pays qu’il ne connaît plus et où personne ne l’attend.
Recevez, Madame la Préfète, l’expression de mes sentiments citoyens les plus déterminés.
Pour le Réseau Éducation Sans Frontières.
SIGNATURE
Je lui ai répondu ceci :
Objet : RE: pour la libération de M. BORGES NUNES SANCHES, papa de Brihanna !!!
Pourquoi donc est-ce que j'envoie au cabinet du ministère de l'Intérieur ce message pour la libération d'un homme qui, comme tant d'autres, n'a commis aucun crime, aucun préjudice, aucun méfait ?... Faut-il vraiment que vous ne compreniez pas ?...
Alors, rappelons les faits :
1. Parce que le ministère ne répond pas, et
2. qu'il faut bien que son propre cabinet lui transmette ce message qu'avec de plus en plus de citoyens nous partageons, en France, de la nécessité d'accorder la libre circulation des personnes et des idées, conformément à la déclaration des Droits de l'homme que notre pays a signée et ignorée depuis les accords de Schengen des 1985 et 1990 qui prétendaient ouvrir nos frontières entre pays européens, mais qui, en réalité, les fermaient au reste du monde, un monde que nos industries d'armement persécutent, que nos industries agro-alimentaires affament, que nos industries énergétiques pillent, appauvrissent, poussent au désespoir, à la violence et à la fuite, et dont les élites au pouvoir sont corrompues par nos propres hypocrisies diplomatiques.
3. Rappel : la succession d'événements mettant en relation une simple travailleuse immigrée, appauvrie et isolée face à l'un de nos possibles présidents, éminent responsable des plus grandes institutions du pays et du monde, agissant au-dessus des lois grâce à son immunité diplomatique, ça donne un peu la mesure de ce que les pouvoirs feraient bien d'entendre, en matière de justice, et d'ordre dans la cité.
J'espère sincèrement que ce légitime appel sera enfin entendu.
Signé : Jean-Jacques Masot-Urpi, un citoyen qui rend sa réponse publique.