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Billet de blog 21 oct. 2010

2. Chronique du chaos – Et si on traduisait en plan social les 650 000 € annuels de participation individuelle aux CA de luxe ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En vrac, quelques nouvelles du front, à l’usage d'une concentration des luttes pour briser les blocages gouvernementaux et débloquer les revendications de la population aspirant à des mesures réellement sociales.

Photo et provo

Ce témoignage inquiétant de Chambéry ce 20 octobre : la photo n’est pas référencée, mais, si elle correspond à sa légende, nous y voyons clairement une caricature de casseurs (ou du moins leurs “managers” cagoulés sur le terrain) qui campent en brassards orange en bonne compagnie (républicaine de très haute sécurité, prêts à l’action). Flics provocateurs déguisés en jeunes révoltés, attendant l’assaut ?... de quoi nourrir, selon le tempo décidé par l’Elysée, la chronique sarkozyste des médias aux ordres et la chronique du chaos.
Des individus au look "casseur" en bonne compagnie - républicaine de sécurité © inconnu

Photo d’origine inconnue :

à Chambéry, ce 20 octobre, des hommes aux allures de “casseurs” en bonne compagnie (républicaine de sécurité)

Une pièce de plus à verser au débat... démocratique il va sans dire.

Et pendant ce temps... entre gens du (joli) monde

Libération nous apprend, par le numéro daté d’hier, quelques nominations en douce en marge des blocages des retraites :

Avec l’auteur de son billet, nous voilà enfin rassurés, la grève a porté ses fruits...

Au moment de la réforme des retraites, certains n’ont pas à se faire de soucis !
Le groupe LVMH dirigé par Bernard Arnaud, grand ami de notre président, accueille deux petites nouvelles au sein de son conseil d'administration :

- Mme Bernadette Chirac, jeune espoir de la finance française, grande spécialiste du luxe à travers le monde (!), est nommée au conseil d'administration de LVMH.
- Mme Florence Woerth, femme du ministre du budget est nommée au conseil de surveillance de la société Hermès, filiale de LVMH.

Gageons que ces nominations assureront à leurs maris une partie de leur retraite et ne les obligeront pas à travailler jusqu'à 63 ans.

Mme Woerth avait déjà beaucoup de charge de travail comme on sait !
Petit détail : la participation au conseil d'administration d'une entreprise donne droit à des “jetons de présence” venant rémunérer ce pénible travail !!! Ainsi, Mme Chirac recevra 650 000 euros par an en juste retour de son dévouement à la cause du luxe français, et Mme Woerth 400 000 euros !

Tout est en règle, c’est légal. C'est simplement la vie normale de gens qui “se lèvent tôt” et qui “travaillent plus pour gagner plus”. L’emploi des seniors est ainsi préservé.
On pourra faire suivre la bonne nouvelle.

Sources : Libération

http://www.liberation.fr/economie/0101640031-florence-woerth-entre-au-conseil-de-surveillance-d-hermes >

http://www.liberation.fr/economie/0101630425-bernadette-chirac-rejoint-lvmh

(quand donc nos lois vont-elles enfin permettre le transfert de la moitié de pareils fonds à destination des cotisations de solidarité généralisée – car, pour ces deux seules dames, 650 + 400 = 1 050 000 euros, cette somme suffirait à une année de centaines de revenus de solidarité active)

Revenons à nos moutons (enragés) :

Rubrique “gendarmisée, la police se militarise au pas cadencé”.

Outre une actualité sarkozienne fournie, on trouve dans le numéro de ce mercredi 20 octobre du Canard Enchaîné deux articles exclusifs :

- La chronique hebdomadaire “Plouf !” de Jean-Luc Porquet, intitulée cette semaine “Flash-Ball tragique”, page 5

- Un article sur le même sujet avec photo éloquente sur la même page 5 : “Porcs de l'angoisse”

Quand la police expérimente son flash-ball sur des cochons et des veaux vivants (mais garde secrètes les conclusions)

Redisons-le :

Les balles de plastique du flash-ball possèdent une puissance d'impact qui peut définitivement détruire l'organisation interne d'un œil humain, ceci même sans l'avoir touché directement.

Or, le “Lanceur de balle de défense de 40”, dénomination du nouveau flash-ball de la police française possède la particularité d'être doté désormais d'une visée électronique à laser qui donne la possibilité technique au tireur de pouvoir viser un visage au loin, avec la garantie de ne pas le rater. Un détail important !

Nous sommes donc ici devant un risque d'exécution extra-judiciaire particulièrement cynique et un traitement inhumain et dégradant, au sens des traités et conventions internationales que la France s'est engagée à respecter et en violation de son droit interne.

Rappelons que cette pratique policière pour l’instant impunie, a valu pour des faits comparables à un jeune homme qui avait tiré une balle en plastique dans l'œil d'une conductrice de bus à Saint-Nazaire d'être traduit prochainement devant une Cour d'assises pour crime : “tentative d'homicide avec arme” ! - audience prévue en janvier 2011 - et d’avoir déjà accompli deux années d’incarcération préventive. Que fait la police ? Que fait la justice ? Le policier tireur de Nantes est toujours en liberté et n’a pas été privé à titre conservatoire de son droit de port d'arme.

Il faut juger les policiers tireurs et exécuteurs des basses œuvres, mais également leur hiérarchie proche et lointaine, qui les a armés, sous-formés, incités, dressés contre la jeunesse, cautionnés, dans le but de détruire le droit constitutionnel de manifester paisiblement sans être mutilé à vie...

Enfin,

Délits d’initiés et presse d’investigation... on attend la suite

Le Nouvel Obs répercute les informations de Mediapart concernant les sociétés de fonds de pension qui profitent des réformes actuelles de la retraite instaurant progressivement la capitalisation au détriment du système solidaire des répartitions hérité de la Libération.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101014.OBS1278/guillaume-sarkozy-futur-beneficiaire-de-la-reforme-des-retraites.html

Et à qui donc profite le crime ?... On s'étonnera à peine du fait que la société Malakof Méléric bénéficiaire des fonds de pension soit dirigée par Guillaume, frère de Nicolas, actuel président de la république française.

Une pièce de plus à verser au débat.Décidément.

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