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Billet de blog 21 novembre 2010

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(in)justice des nations dominantes : du maintien en position d’asservissement des populations prolétarisées (billet n° 23)

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« Victoire du prolétariat » ?...

– 1. Le “prolétariat” (l’humain enchainé, asservi à son travail par les conditions économiques et politiques) aurait-il donc enfin pris conscience de sa condition de prolétaire ?

=> l’asservissement est-il la condition du prolétariat ?... ce qui voudrait alors dire que, sans asservissement, il n'y aurait donc plus de prolétaire, et, partant, en multipliant ce postulat aux interminables luttes socio-économiques qui secouent notre planète, enfin, il n'y aurait donc plus de prolétariat ?... autant dire que l’ancien prolétaire serait un homme devenu libre... ( « Suis-je encore prolétaire puisque encore et toujours asservi ?...» a-t-on à se demander, ou, en termes résolument contraires, mais conduisant toutefois aux mêmes obsédantes conclusions : « Serais-je donc enfin déjà libre, enfin déjà libéré de tout asservissement ? »).

– 2. Le capital, dans ses contradictions, permet deux types d’émancipation résolument antagoniques, l’une par l'esprit, et l’autre par les moyens matériels.

Première contradiction : le capital permet l’intelligence collective

le capital, ayant besoin d’employés plus éclairés et de consommateurs plus raffinés, lâche en effet quelques moyens (notamment en termes d’instruction, de droits d’opposition, de possibilités de consommation critique, etc.), ce qui permet que s’émancipent, au moins en partie, quelques groupes, par l’esprit et par le savoir, par la critique et par les forces de regroupement, de concertation et de proposition (on le voit avec les syndicats et les partis qui se trouvent alors, de par leurs responsabilités, obligés de prendre des décisions au nom de l’intérêt collectif dont les données et les valeurs divergent d’un groupe à l’autre, les opposant les uns aux autres plus que contre l’ordre dominant établi).

Deuxième contradiction : le capital permet le profit matériel individuel

par la prise de conscience matérielle des fonctionnements techniques ou économiques ou politiques du monde environnant, l’organisme vivant qu’est chaque individu va pouvoir cultiver un jardin indifférent à tout ce qui n'est pas son profit financier immédiat et direct (les règles des actions en bourses sur les places internationales le démontrent tous les jours).

Résultat : des groupes conscients, mais incapables de profiter, d’un côté, et, en face, des individus affranchis, mais si inconscients du monde, qu’ils le tuent à la tâche

Le paradoxe de ces deux contradictions du capitalisme (pardon : du libéralisme !...), c’est que, d’une part, ceux qui possèderaient à la rigueur les moyens intellectuels de compréhension et d’affranchissement des peuples se trouvent de fait réduits à des moyens correspondant à des moyens individuels, c’est-à-dire au fond, dans les faits, parfaitement dérisoires, et négligeables, non opérationnels, non-opérants, et, qu’en revanche, ceux qui possèdent au contraire les moyens structurels et financiers d’une véritable émancipation, continuent, eux, de perpétuer les fonctionnements d’asservissement et d’exploitation des mains d’œuvres, asservissement qui puise sa raison d’être dans une sorte de perversion de la domination.

– 3. C'est l’être humain qu’on assassine, à Rangoon, à Taïwan, à El Ayoun comme au Kosovo ou au Chiapas, contre les Berbères ou contre les Mapouches du Pérou ou les Inuits au Canada, et pas seulement dans les régions qui paraissent si éloignées de notre si petite planète, en Géorgie, en Palestine ou au Sahara occidental, mais encore chez nous, dans les capitales de pays occidentaux qui cherchent à maintenir leur hégémonie issue de politiques coloniales ancestrales et dont on n’est pas entièrement sortis dans les grandes lignes logiques.

« On peut parler une humanisation par culture de l’humus, être humain plus qu'humain : une affaire de conscience. Je le vois comme une philosophie, et non pas un manuel de guerilla urbaine. (Quoique : la dialectique casse toujours des briques).» écrit Pierre Féron.

Jean-Jacques M'µ

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