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Billet de blog 24 janvier 2012

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Lavoir Moderne Parisien : rencontre ce soir

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Mardi 24 janvier 2012 à 19h     
AG extraordinaire au Lavoir Moderne parisien
35 rue léon 75018 Paris
M° Château rouge
Nous vous invitons à participer à l’Assemblée générale extraordinaire
de l'Association Procréart
Ordre du jour : 
- Démission du directeur et nominations.
- Renouvellement du Conseil d'administration.
- Élection du Bureau.
- Perspectives d'avenir.
Un petit pot vous sera offert par l'équipe du LMP à l'issue de la réunion.
Les personnes désirant faire partie du conseil d'administration sont priés de se faire connaitre via procreart@wanadoo.fr
Anne, Pour l'Association Procreart.
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LE LAVOIR MODERNE PARISIEN.
Au cœur de « la goutte d’or » à Paris, cet espace jadis aquatique et féminin -un lavoir donc- s’est mué en antre, grotte, refuge, asile de la pulsion créatrice. 
Lieu chamanique, chapelle ardente à la gloire du verbe et du corps, de la poésie et de la polémique, du silence et du cri, tel est le LAVOIR MODERNE PARISIEN
Nous sommes des milliers à y avoir déposé nos mots, nos notes et nos gestes. Ils sont des milliers de milliers à les avoir partagés, ressentis.
Nous y avons vécu galères et joies. Nous y avons trimé, nous y avons rêvé.
Nous formons une communauté informelle, intergénérationnelle, multi genre, internationale (avec une prédilection pour l’Afrique originelle) d’artistes et d’écrivains rebelles.
Depuis quelques années, les pouvoirs publics réduisent ou retirent leurs subventions aux structures indépendantes (compagnies, lieux, associations…). 
Ils réorientent leur politique culturelle dans le sens de la maitrise comptable, ouvrent des lieux dont ils contrôlent économiquement l’activité, bref ils reprennent en mains un secteur aussi vif intellectuellement et socialement que fragile financièrement.
Pour se faire ils nomment à la direction de leurs établissement labélisés celles et ceux (surtout ceux) qui acceptent de postuler à leurs conditions. Sur le terrain de la création artistique, ils lancent des appels d’offre dont ils financent les lauréats qu’ils couronnent.
Sans la ténacité de ses initiateurs, les espaces de liberté artistique auraient fermé depuis longtemps au profit de « marchands de sommeil » qui ne sont pas que des promoteurs immobiliers.
Qui eut cru au début des années 60 que la volonté politique de décentralisation culturelle en arriverait à la contradiction que ceux la même qui la réalisent se voient privé des financements adéquats ?
Il y a un siècle, les pionniers de la décentralisation lançaient sur les routes de France leurs roulottes et leurs théâtres ambulants. Ils avaient nom Firmin Gémier et le Théâtre National Ambulant, Léon Chancerel et les Comédiens Routiniers.
Les guerres, les crises politiques, industrielles, éducatives, n’eurent pas raison de leur détermination. Bien au contraire ! D’autres fous furieux levèrent des troupes de volontaires pour combattre sur le terrain symbolique le « théâtre bourgeois ». 
Don Quichotte modernes, ils arpentaient le territoire de village en village, de ville en ville s’appropriant le temps d’une représentation salles de patronage, Maisons du Peuple, cinémas, places publiques, bistrots, délivrant leur leçon de liberté, de joie, d’ardeur, de courage, de culture.
Pensons avec émotion, respect et connivence à Jacques Copeau, Charles Dullin, Maurice Pottecher, au Groupe Octobre, André Clavé, Jean Vilar.
Ils étaient des dizaines et nous sommes des milliers.
Leur influence et leur vitalité furent telles que le Conseil National de la Résistance dans sa Déclaration du 15 mars 1944 revendiqua la démocratisation de la culture comme aussi essentiel  que la Sécurité Sociale.
Au sortir de la guerre, Jeanne Laurent  nommée « sous directrice des spectacles et de la musique à la direction générale des Arts et des Lettres au ministère de l’éducation nationale » va s’appliquer durant six ans à la décentralisation du théâtre (par rapport à Paris) en s’appuyant sur le réseau des associations d’éducation populaire et sur les metteurs en scène qui voyaient là l’occasion de concrétiser leur aspiration à créer des lieux nouveaux de création théâtrale et de diffusion (Centres dramatiques nationaux) et à accomplir l’idéal de démocratisation culturelle.
André Malraux devenu en janvier 1959 Ministre d’ État chargé des affaires culturelles va souffler l’air(e) de la grandeur de la culture « à la française », la rencontre intime de l’œuvre artistique avec l’homme, la démocratisation de l’accès aux œuvres.
L’État comme garant de cet idéal démocratique marquera durablement la décentralisation culturelle avec pour ambition d’ouvrir une Maison de la culture par département. Il y en aura 7 !
Ce ratage marquera durablement l’allégeance de l’artistique au politique, de la politique culturelle à la « raison d’Ètat » et ce à tous les niveaux de la représentation démocratique.
De l’ambition originelle reste un réseau de Scènes dites Nationales.
On imagine mal Hervé Breuil dirigeant une Scène nationale.
On imagine mal un dirigeant de Scène nationale (ou de CDN) faire une grève de la faim.
Pourquoi ?
Malraux ne pouvait pas « visionner »  le coté « ordinaire » de la chose artistique.
La démocratisation de l’accès à la culture eut comme effet la démocratisation des pratiques artistiques.
En 1968, l’occupation du théâtre de l’Odéon désacralisa durablement les lieux de théâtres comme Temple de la culture et des arts.
Dés lors, la politique étatique dite de décentralisation fut en permanence doublée par un développement artistique et culturel multiforme, libertaire, hédoniste, populaire, individualiste, émancipé.
En revendiquant la loi d’association 1901 comme fondement historique a leur structuration comme « entreprise », des milliers d’entrepreneurs/artistes concilièrent le collectif et le privé, l’artistique et le politique, le droit et la ruse.
Durant les années 70, des milliers d’entre nous rompirent avec les déterminismes sociaux quittant facs, usines, commerces, familles pour épouser la cause des Copeau, Chancerel, Dullin et autre Vilar. 
Une autre décentralisation prenait vigoureusement racine dans le corps social, s’immisçant dans les MJC, les quartiers, les associations d’éducation populaire, les comités d’entreprises, les syndicats, les fêtes populaires, les « comités des fêtes ».
Dés les années 80 des comédiens, danseurs, musiciens, circaciens pénétrèrent les ruines fumantes des désastres industriels occupèrent les friches urbaines et en creux les vides existentiels que sont les prisons et les hôpitaux, résistant à la destruction en règle du secteur socioculturel.
 Si l’enjeu est toujours artistique, il se décline, de son expression la plus populaire (commedia dell’arte, clown…) à sa pointe la plus contemporaine avec toujours le soucis de « toucher » l’autre -en particulier ce « public qui n’existe pas »- là où il est.
Tel un croquis de Ferdinand Deligny suivant le parcours d’un enfant autiste, la carte de cette « seconde décentralisation » s’est lentement dessinée, constituée de milliers de nœuds, points, bifurcation, hésitations, ratures, raptures. 
La « seconde décentralisation » ne s’effacera pas devant la première.
Elle est légitime car elle est marquée du sceau de l’invention, de la recherche permanente du possible « lien social », de la résistance à l’autoritarisme. Elle « s’autorise d’elle même » (selon la belle formule émancipatrice de Jacques Lacan) et se fonde sur l’idéal démocratique.
Hervé Breuil et Le LAVOIR MODERNE PARISIEN sont là, quelque part noués, inscrits.
Il n’a jamais été « nommé », n’a jamais répondu à aucun « appel d’offre ».
Il est libre et engagé.
Et nous le soutenons ici et maintenant.
BRUNO BOUSSAGOL
15 DÉCEMBRE 2011

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