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Billet de blog 27 sept. 2014

FEMME POÈTE INSURGÉE : (1) prémices à un salon de lectures aimées

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 « De Moi-même – me bannir –

Si j’en avais l’Art »

(Emily Dickinson)

Sous les auspices d'une poétesse du XIXe siècle américain ayant vécu sa vie entière (1830-1886) en recluse volontaire, l'éditeur de poésie s'interroge de prime abord sur les thèmes et les styles portés par les auteurs. En effet, la culture littéraire conduit traditionnellement à sublimer une intimité supposée tendre et délicate par opposition radicale à un monde extérieur qui ne serait pour sa part au contraire que violence et barbarie.

Rien ne serait donc à même de renverser les poncifs, les stéréotypes et les clichés attendus par les habitudes poétiques ?..

Bref survol historique, évidemment imparfait. Dans la tradition médiévale des Villon, Rutebeuf, Charles d'Orléans, et leurs épigones de la Renaissance, Marot, Ronsard, Du Bellay, il va jusqu'aux "modernes" (sic) Baudelaire ou Rimbaud, et Lautréamont, Mallarmé ou Valéry, si différents soient-ils les uns des autres, pour laisser à penser que toute l'histoire de la poésie ne serait vouée qu'à expérimenter le seul rapport entre les mots et les choses de la vie. En tout cas, le XXe s. accentue cette tendance. Apollinaire, Aragon, Éluard... toute la poésie telle qu'en parle Yves Bonnefoy, après René Char ou Francis Ponge, ou Henri Michaux, reste toujours une aventure qui explore tous les univers, du particulier à l'infini, c'est un langage à reconnaître, à retrouver des tréfonds des temps où l'on ne savait pas parler, c'est une série d'images sorties comme au cinéma, de l'écran blanc des pages écrites, récupéré de la perte et de l'oubli.

Qu'apporte donc de nouveau l'écriture des femmes dans ces habitudes de lectures établies de fait par l'édition poétique essentiellement constituée d'hommes ?

Sylvia Plath, l'auteur de Ariel, et de le Colosse, est née dans les années 1930 dans une maison où trônait sur la table de chevet de la maman, un recueil de poèmes d'Émily Dickinson, pourtant à peine connue dans les circuits littéraires. Cette anecdote laisse entendre la familiarité de fait et de pensée entre les générations qui écrivent.

          Papa

          Tu ne me vas pas, tu ne me vas plus,

          Soulier noir dans quoi j’ai vécu

         Comme un pied depuis trente ans,

         Blanche et démunie, dans la crainte

         De respirer et d’éternuer

                 (Sylvia Plath, Ariel, édition posthume, traduit par Laure Vernière aux Éditions Des Femmes, 1978)

Il y avait eu dans les années précédentes la tragique histoire de la Chilienne Teresa Wilms Montt qui écrivait des vers licencieux en relation directe avec ses désirs sexuels et ses élans amoureux, ce qui avait scandalisé sa famille, de grande noblesse européenne, avec les conséquences douleureuses qui s'en suivent : internement, persécutions, mise au ban de la société. Une existence de fuite et de caches qui la séparent de ses filles et provoqueront une mélancolie telle qu'elle finira par se suicider pour échapper à ses tourments.

Il n'existe pas à ma connaissance de traduction française de la poésie de Teresa, morte d'overdose de médicaments calmants le jour de Noël 1921.

Du coup, ce genre de révolte contre le patriarcat, le machisme et le paternalisme va imprégner toute la littérature occidentale portée par les femmes

Et les auteurs issues de peuples non reconnus ?... Les autochtones d'Asie ou d'Afrique, ou des Amériques, les Indigènes traitant les spécificités de leurs luttes contre les réserves, la marginalisation, la délinquance, la prostitution, l'alcoolisme et la drogue, en Guyane, dans les Caraïbes ?...

Ce début de siècle commençant promet quelques pistes nouvelles.

FEMME POÈTE INSURGÉE © ABC’éditions Ah Bienvenus Clandestins !

C'est ce dont nous avons parlé et dont nous vous parlerons dans un tout prochain billet.

Jean-Jacques M’µ

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